Archive for the ‘Français’ Category

La crisse de pub de St-Hubert avec des Chinois

Saturday, June 7th, 2014

Je n’ai pas souvent l’habitude de me défiler quand vient de dénoncer les trucs racistes qui propagent les traits stéréotypes qui passent sur les médias québécois.

Récemment, les restos St-Hubert ont créé une publicité pour leur dernière promotion, en mettant en scène deux propriétaires de restaurant chinois (un couple) qui se plaint de la concurrence que leur fait St-Hubert.

D’abord, je ne crois pas que la pub soit raciste, ou même qu’elle propage quoi que ce soit de stéréotypique. Moi, cette fois-ci, je trouve ça drôle et bon enfant. Le cantonais parlé par les acteurs sonne même authentique (avec un accent du sud-est asiatique, peut⁻être même ?).

Peut-être c’est que je vis maintenant à l’étranger, de surcroît un endroit où je fais maintenant partie de la majorité visible, mais je ne la trouve pas si pire que ça. C’est drôle, peut-on en rire ?

Ce qui n’est toujours pas très drôle par contre, c’est le manque flagrant de représentativité, que ce soit des Chinois d’origine, ou même juste Asiatique en général, dans la sphère publique au Québec. C’est ce qui depuis tant d’années me choque, et c’est pour ça que même de l’autre bout du monde j’étais très content de voir qu’un film comme Être Chinois au Québec ait été fait et ait reçu une diffusion en salle (mais pourquoi pas en ligne, bon sang?).

Y’a des luttes, mais celle du St-Hubert n’en est pas une à mon humble avis. Pour moi, l’affirmation de tous les jours, comme celle qu’on fait lorsqu’on choisit une carrière avec un rôle principal dans les médias ou en politique, c’est ce que je souhaite voir. Pis quand même, tant mieux si l’histoire du St-Hubert peut mobiliser.

Du caca pigeon avec ça ?

Monday, October 14th, 2013

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En général, Toronto est synonyme de bouffe chinoise. Du chinois de Hong Kong, du chinois de Shanghai, du chinois de Chaozhou. Du chinois.

Pour faire changement, je suis allé bouffer ce midi chez Samosa King Embassy Restaurant, qui est également un comptoir à emporter. Scarborough, sur Finch, c’est près d’où mes grandparents maternels vivent, et c’est aussi à la confluence des communautés chinoises et indiennes (ou sud-asiatique).

» C’est du caca pigeon «, dit le paternel. Le caca pigeon, ce n’est pas exactement ce qu’on voit sur la photo avoue mon père, mais c’est comment ils appelaient le mélange de machins frits et d’herbes et de légumineuses séchées, un genre de party mix qu’ils vendaient au magasin de mes grandparents paternels à Madagascar. Mon père aidait ma grand-mère à préparer ce mélange, que je présume était d’origine sud-asiatique.

Mada, c’est aussi un haut lieu de mélange culturel. Une grande île sur la côte sud-est de l’Afrique, elle est au carrefour des cultures africaine, arabe, indienne, chinoise, et française.

Un des plats de prédilection qu’on a adopté dans la famille avait sans doute des saveurs de cette région : un ragoût de boeuf au gai choy (feuilles de moutarde), avec des tomates et une pincée de mini crevettes séchées. Lorsque j’étais enfant, je dormais l’été dans des draps venus de Madagascar aux couleurs indiennes.

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Prendre sa place

Monday, May 27th, 2013

Hier soir a eu lieu la 3e édition annuelle du Bal de l’orchidée, organisé par l’AJPC (Association des jeunes professionnels chinois) dans l’atrium de la gare Windsor.

Mes amis Parker Mah et Bethany Or, ainsi que le réalisateur du film Être chinois au Québec, Malcolm Guy, étaient sur place pour recevoir le prix «Coup d’éclat» 2013 de la part de l’AJCP. Il y a sans doute plusieurs communautés chinoises, mais je pense qu’en bout de ligne, on a tous vécu des expériences similaires d’être une minorité visible au Québec. Il y a le pouvoir de l’argent, le pouvoir des relations et le pouvoir des mots, et c’est d’une certaine manière coordonnée ou non que ces communautés chinoises au Québec avanceront et prendront leur place au Québec.

J’appuie avec fermeté ce que Parker a dit, vers les 4:12 de la vidéo, au nom des gens impliqués de proche ou de loin dans le film : prenez votre place dans la sphère publique. «Pourquoi n’y a-t-il pas plus de Chinois impliqués au niveau social et engagés au niveau politique ?», demande Parker aux convives, qui comptaient parmi eux le candidat à la mairie Denis Coderre et la Ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Diane de Courcy.

Prix «Coup d'éclat» et discours pour «Être Chinois au Québec» au Bal de l'orchidée 2013

Parker Mah, Bethany Or et Malcolm Guy reçoivent le prix «Coup d’éclat» 2013 de l’AJPC sous les yeux de Winston Chan, un leader de la communauté chinoise au Québec.

C’était particulier de voir autant de faces asiatiques, plusieurs vieux amis d’époques passées, des gens qu’on a peut-être déjà vu à la tévé.

Les invités au bal sont évidemment ceux et celles qui font partie d’une certaine élite professionnelle de Chinois et d’Asiatiques au Québec. Je ne crois pas en les révolutions, mais le film «Être Chinois au Québec» est un moment marquant, où même les critiques négatives dans un média mainstream, sont des opportunités au dialogue. Je pense que c’est par des petits gestes quotidiens qu’on peut arriver à prendre sa place dans cette société. La prochaine fois que vous pourrez vous impliquer, faites-le.

Le film sera à l’affiche jusqu’au 30 mai au Cinéma du Parc. D’ailleurs, après toutes les séances, des leaders francophones de la communauté chinoise tels que Pascal Robidas, Cathy Wong, May Chiu, Xi Sophie Zhang et Rosalind Wong seront au Cinéma du Parc pour répondre aux questions après le film.

« Être chinois au Québec », ou être entre plusieurs mondes

Friday, February 15th, 2013

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C’est avec beaucoup de bruit que sera lancé Être chinois au Québec demain soir. J’ai hâte que ça sorte (même si je n’y serai pas physiquement), parce que ça marque une étape très importante pour la communauté chinois (ou les communautés, au pluriel) dans la sphère publique au Québec.

Je crois que William Dere, celui qui a lutté pour la génération des « Chinois du chemin de fer » sera le plus heureux du lancement de ce film co-réalisé avec Malcolm Guy, collaborateur de longue date et réalisateur et producteur de films à connotation sociale au Québec. Il y a beaucoup de gens qui ont travaillé sur ce film, ou qui apparaissent devant la caméra, qui ont des opinions passionnées sur le fait chinois au Québec.

J’apparais une fois dans le film, lors de la table ronde, et je dis essentiellement ce que je répète sur ce blogue depuis plus de cinq ans : si vous voulez intégrer les sino-québécois, il faut embaucher des sino-québécois dans nos institutions et il faut leur donner de la visibilité dans les médias et la sphère publique. À la télé et dans la culture populaire, on ne veut pas des rôles stéréotypes conçus pour la majorité, style la petite fille chinoise adoptée ou le tenancier de dépanneur. On veut des rôles personnes normales et entières.

Comme je suis dans le domaine des médias (comme journaliste de données / créateur d’applications interactives), je peux vous dire immédiatement que ça ne parait pas que Montréal est une ville multiculturelle si je restais entre quatre murs de mon lieu de travail. Parce que j’ai travaillé à Radio-Canada et à La Presse, et les salles de nouvelles sont blanches, canadiennes-françaises (c’est déjà un peu mieux derrière la caméra ou le panneau d’admin des sites Web). Les collègues sont gentils (et que j’adore réciproquement), accueillants et ne vous traitent pas différemment, mais c’est juste aberrant quand tu portes attention aux bylines ou que lis le générique du TJ. Ceux avec qui j’ai travaillé qui me connaissent en ont probablement déjà discuté avec moi de ça.

Je partage les références culturelles québécoises (je pourrais rire des jokes d’un Bye Bye), et je ne pense pas être le seul qui soit qualifié, par ma connaissance implicite de la culture locale, pour pouvoir travailler dans un média francophone sans avoir à bénéficier de politique de discrimination positive. Pourquoi ne faites-vous pas un effort pour mettre des gens de couleur devant la caméra, le micro ou le clavier à des postes de pointe ? Avez-vous regardé ou écouté CBC dernièrement ?

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Celà dit, je vis à Hong Kong depuis trois ans et demie, et la réalité québécoise, je la vis maintenant à distance, à travers ce que je lis sur LaPresse.ca ou ce que j’écoute sur Bandeapart.fm. Je continue de suivre les choses, mais ma vie de tous les jours c’est Hong Kong, dans la rue et au travail.

C’est une expérience bizarre que d’être dans la majorité visible. Je ne parle pas assez cantonnais pour fonctionner comme un adulte, mais je suis de la « bonne couleur ». On ne me regarde pas croche, comme on regarde croche les Mainlanders ou les gens plus foncés… Ça te met dans la peau de ceux, dans ton pays d’origine (le Québec, dans cet usage), qui sont la majorité. T’as des attitudes différentes, pour ne pas dire ethnocentriques, et tu perçois l’autre différemment. Les questions que j’avais sur mon identité culturelle (comme « C’est où chez toi ? ») ont maintenant plusieurs notes de bas de page supplémentaires (sans qu’il n’y ait réponse).

L’autre bizzareté, que j’avais vécu à plus petite échelle lors de voyages en Chine, c’est la valorisation que je mets sur mon identité purement québécoise, dans le sens « canadienne-française » du terme. Avec une autre Sino-montréalaise rencontrée récemment, on s’identifiait « Canadiens-français », avec un LOL à la fin de la phrase. Mais en fait, je regarde tout ce que je consomme comme culture, et y’a vraiment quelque chose de « canadien-français » : le dernier film vu au cinéma fût le Dolan crû 2012, et pis mon band favori ces jours-ci c’est Avec pas d’casque. C’est vrai qu’il y a quelque chose comme de la fierté nationale et identitaire lorsque je porte mon chandail bleu-blanc-rouge au milieu d’un bar rempli de fan des Canucks.

C’est vrai que des amis m’ont déjà traité de nationaliste pur et dur (je paraphrase) lorsque je me pointe la bine sur Facebook avec un drapeau du Québec bien déplié. C’est peut-être un peu beaucoup. Comme la fois que mon prof d’histoire de secondaire souverainiste ne croyait à ce que je disais lors d’un débat sur les élections référendaires. Je crois que je peux comprendre le fait francophone en Amérique du Nord et que je peux l’expliquer à des Canadiens-anglais d’origine chinoise qui parsèment Hong Kong comme la neige sur une pelouse québécoise en février. Ça me touche, et je ne peux pas l’ignorer même si je suis à l’autre bout du monde.

Cédric avec son petit drapeau fleurdelisé

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Celà dit, même mes parents ne sont pas nés en Chine. C’est mes grands-parents qui le sont. Et eux aussi, ils apprécient leur pays de transition, soit le Madagascar (pour le côté à mon père) et le Viet-Nam (pour le côté à ma mère). Mais le point commun de leur rencontre, c’est la Chine, ou bedon le Québec, ou encore Hong Kong (selon ce qu’ils regardent ces jours-ci, je dirais Hong Kong, mais selon le genre de pain que ma mère achète, je te dirais le Québec et la bonne chère à la française).

Ça ne finira pas et je pourrais en parler longtemps. J’en parle à des amis de partout ici à Hong Kong, et parfois ils comprennent, et parfois non. Tu peux pas non plus le coller sur la chemise tout le temps, parce que ça hurle nationalisme, et Hong Kong a assez de problèmes identitaires comme ça.

Ce problème identitaire à Hong Kong se réglera par inter-mariage. En 2005, une publication du bureau du recensement et de la statistique de Hong Kong indiquait que 16 800 futures mariées de Chine continentale traversaient la frontière pour marier un homme Hongkongais. C’est sans compter ceux qui immigrent déjà par d’autres voies que le mariage et qui finissent par se marier localement (Hong Kong a connu des vagues plus ou moins grandes d’immigration continentale lors de son histoire). Mon père le disait, pis mon petit doigt aussi, que les liens du sang font et défont l’identité.

Je n’ai pas de réponse, mais Être Chinois au Québec, c’est ce que t’en fais finalement. La sagesse commune dit que c’est une richesse. Pour moi, c’est comme de la salade au buffet.

Lancement du documentaire « Être chinois au Québec » le 15 février 2013

Tuesday, January 29th, 2013

Être chinois au Québec

« Être chinois au Québec », ce road movie mettant en vedette mes amis Parker Mah et Bethany Or sortira finalement au tournant du nouvel an chinois ! Après une longue et parfois difficile gestation, le documentaire sera projeté vendredi le 15 février au Centre communautaire et culturel chinois du Quartier chinois de Montréal. Le film les envoie aux quatre coins du Québec afin de découvrir ce qu’est l’identité chinoise sur cette terre francophone.

Les Chinois ont une présence marquée au Québec depuis le temps du chemin de fer à la fin du siècle. Les vagues d’immigration toutes aussi particulières les unes des autres seront évoquées dans le documentaire.

Voici ce que le co-réalisateur Malcolm Guy a envoyé hier par voie de courriel.

Chers amis et amies,

Le film auquel vous avez si aimablement participé, « Être chinois au Québec » réalisé par Malcolm Guy et William Ging Wee Dere et produit par Productions Multi-Monde est enfin prêt à être présenté au public!

Le lancement du film aura lieu le vendredi 15 février 2013, de 19h à 22h, au Centre communautaire et culturel chinois de Montréal. Les portes ouvriront à 19h et la présentation du film (version bilingue) débutera à 19h30.

La projection sera suivie d’une séance de questions-réponses avec les réalisateurs et les participants au film.

La présentation du film se fera au coût de 5$, contribution volontaire à la porte suggérée, ce qui nous aidera à défrayer les frais de la salle. Des amuses-gueules et des rafraîchissements seront servis avant et après la projection du film et une exposition de photos réalisées par Parker Mah sera présentée durant la soirée.

Plus d’infos sur le blogue officiel du film: http://etrechinoisauquebec.net/

Voici la bande-annonce qui date déjà d’un peu plus d’un an:

Malcolm Guy et William Dere sont des collaborateurs de longue date, ayant ensemble travaillé ensemble dans les années 90 sur les films Gens du pays: Chinese in Quebec et La montagne d’or, avant de renouer pour realiser Être chinois au Québec.

Ce film, par son niveau de production, marque une étape importante pour la communauté chinoise au Québec. J’ai très hâte de voir comment il sera reçu par le grand public.

Également faisant partie de l’équipe du film, la Hongkongaise d’origine, Wai-yin Kwok, collabore présentement avec l’équipe de Radio-Canada.ca Rive-Sud pour produire une expérience Web qui sera diffusé d’ici le nouvel an chinois dans deux semaines.

Fête des neiges : retour des yeux bridés !

Wednesday, January 16th, 2013

Fête des neiges

Ah bin ! C’est le retour des yeux bridés dans le matériel publicitaire de la Fête des neiges 2013 (de surcroît, le 30e anniversaire), affiché à la grandeur de Montréal.

Au cas où vous ne le sauriez pas, les yeux bridés (sans compter les deux dents en avant), c’est une représentation raciste des Asiatiques en 2013, comme ça l’était en 2009 (au moins, ils ont lâché le teint maladif). Tant qu’à faire, mettez-y dont un chapeau pointu en-dessous de sa tuque au ti-gars !

Dites-donc, y’a pas un Asiatique qui travaille dans votre organisation pour vous le dire ? Et les gens responsables de vos pubs, le savent-ils même ?

Étonnantes photos du Chinatown de Montréal en 1966

Tuesday, August 21st, 2012

Vie quotidienne dans le quartier chinois de Montréal, 1966
Photo : Archives de la Ville de Montréal

Jean-Mathieu Nichols, qui travaille aux Archives de la Ville de Montréal, m’a fait parvenir cette impressionnante collection de photos du Chinatown des années 60. On y reconnaît les enseignes des vieilles associations du Quartier chinois, qu’on peut encore apercevoir aujourd’hui sur de la Gauchetière en levant les yeux un peu, ou encore des coins de rue disparus, remplacés aujourd’hui par d’horribles commerces.

Les junkies de photos historiques se réjouiront que mon père ait lui-même passé avec sa caméra presque 20 ans après ces photos, en 1984.

Après presque trois années d’absence (et de retours sporadiques à Montréal), et maintenant que je travaille juste à côté, je dois dire que l’impression du changement dramatique opère. Il y a le Swatow, mais surtout une trâlée de nouveaux restaurants et de commerces. Ça sera intéressant d’essayer tout ça dans les prochaines semaines pour lesquelles je serai là.

Être chinois au Québec…un trailer

Sunday, November 20th, 2011

Eh oui, une bande-annonce (préliminaire, on imagine) est sortie pour le film Être chinois au Québec (titre temporaire), road-trip de Bethany Or et Parker Mah.

67e édition du tournoi de volleyball invitation chinois d’Amérique du Nord à Montréal

Thursday, August 25th, 2011

Mon frère participera avec son équipe à un grand tournoi de volleyball qui réunira à Montréal plus de 1500 joueurs d’origine chinoise de partout en Amérique du Nord, lors de la fin de semaine de la fête du travail.

L’histoire de cet événement est très intéressante. Le tournoi avait d’abord été fondé par des travailleurs d’origine chinoise de Boston et de Providence en 1935. Des équipes de partout aux États-Unis et au Canada ont joint la compétition au fil des années. En 1986, Montréal a accueilli son premier tournoi, marquant le début d’une rotation entre six villes.

Le fait qui frappe le plus? Pour être admise au tournoi, deux-tiers des joueurs d’une équipe doivent être “100% chinois”.

J’étais déjà assez fasciné lorsque mon frère m’a dit que le tournoi avait réquisitionné le Palais des congrès de Montréal. Ce n’est pas quelque chose qui m’attire d’emblée (étant tellement un grand sportif), mais je ressens une certaine fierté de savoir que Montréal a une communauté chinoise jeune (que je ne connais pas vraiment), et qui a les reins assez solides pour organiser un événement d’une telle ampleur.

Être Chinois au Québec

Sunday, August 7th, 2011

Avec @bethany_or @thought_cast @malguy @multimonde pour un doc sur les Chinois du Québec #chinoisqc)

Some of my old friends in Montreal have been working on a documentary about Chinese people in Quebec. They interviewed people ranging from new immigrants to people with up to four generations in Quebec/Canada. (Read their blog Être Chinois au Québec)

Depuis plusieurs semaines, quelques-uns de mes vieux amis à Montréal s’affairaient sur un projet de film documentaire sur les Chinois au Québec. (Voir leur blogue Être Chinois au Québec)

Dans le temps, Parker et Bethany (premier et troisième à partir de la droite sur la photo) et moi faisions partie d’une sorte de club social chinois, qui se réunissait parfois pour des soirées mah jong (plus Settlers of Catan, et des quantités variables d’alcool et de bouffe) ou des aventures culinaires dans le second Chinatown de Montréal.

Je suis vraiment content de les avoir retrouvés sur ce projet (une amie de l’époque a aussi fait la recherche). L’idée de faire un tel film vient de William Dere et Malcolm Guy, connus pour avoir travaillé ensemble sur La Montagne d’Or (Moving the Mountain) il y a presque vingt ans, un docu qui parlait entre autres de la taxe d’entrée qui toucha les immigrants d’origine chinoise au Canada jusqu’en 1947.


Le film précédent de William Dere et Malcolm Guy, La Montagne d’Or

Samedi, l’équipe de William et Malcolm nous a filmés et interviewé ensemble, notre ancien “club social chinois”, avec quelques additions. Nous étions au Mon Nan, un restaurant chinois, style cantonais (dont la spécialité est un canard de pékin, trois cuissons). Dimanche, ça a été un peu plus intime, lorsque l’équipe et moi sommes rencontrés à Côte-des-Neiges, un quartier où j’ai grandi — non pas comme résident, mais comme étudiant du Cégep.

Tout au long des entrevues, j’ai mis de l’avant cette idée que la télévision et le cinéma québécois francophone n’était pas représentatif de la minorité chinoise et/ou asiatique. C’est une constatation que j’ai eu pour plusieurs années déjà, et c’est qu’en général, les visages asiatiques à la télé faisaient abstraction des gens comme moi, nés et grandis au Québec, quelque peu fier du (précieux) bagage accumulé au fil des années. Je constate par exemple que les seuls asiatiques des grandes séries télévisées récentes au Québec sont largement des petites Chinoises adoptées par des familles québécoises (Annie et ses hommes, Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Les Bougon, 30 vies) ou des gangsters (Casino). Bon, je n’ai pas tout ratissé, mais je suis quand même persuadé que pas tous les Asiatiques ou Chinois au Québec sont adoptés, quand même!

L’autre, c’était dans les médias d’information. En particulier, dans ceux que je regarde (ou regardais, lorsque je vivais à Montréal), manquent énormément d’Asiatiques à des postes névralgiques. Pendant que les Anglais ont des Asiats comme anchor (Andrew Chang à CBC Montréal) ou comme journaliste couvrant les Canadiens (John Lu à TSN), je ne peux imaginer du tout la même chose se produire dans le Canada français. (La presse écrite n’y échappe pas, si on fait le tour dans les grands quotidiens montréalais, par exemple.)

Je pensais aussi qu’en général, je n’ai pas vécu de racisme, étant donné que je parlais français aussi bien que tout le monde, et que je prends les choses généralement relax. Je pense que le vrai problème est plus dans l’inclusion de nos minorités dans la sphère publique, ce qui veut dire en politique, dans les médias, et dans nos institutions publiques. Bon, c’est dit. Et j’espère qu’on en verra un peu de ça bien découpé dans le film.

L’importance du scandale Guo Meimei + Croix-Rouge chinoise

Friday, July 8th, 2011

Au départ, l’histoire de Guo Meimei (郭美美) peut paraître anodine. Une belle fille, d’à peine vingt ans, prend des photos d’elle bien accôtée sur de belles voitures. Elle parle sans retenue de son style de vie flamboyant.

La shit a pogné la fan lorsqu’elle a weiboyé il y a déjà plus de deux semaines qu’elle est une des dirigeantes de la portion commerciale de la Croix-Rouge de Chine (qui n’a rien à voir avec la Croix-Rouge internationale, contrairement à celles de la plupart des pays). Quoi? Qu’est-ce qu’une jeune femme qui devrait encore être à l’université fait-elle à se vanter d’être en haut dans la hiérarchie d’une des plus grandes sociétés charitables de la République populaire de Chine? Était-ce la maîtresse d’un (vrai) dirigeant de la Croix-Rouge?

Elle a depuis effacé tous les messages compromettants de son compte Weibo et nié tout lien avec l’organisme. Pourtant, la tempête médiatique continue de faire rage et sa vie d’adolescente passée la vingtaine reste bien étalée au vu et sû de ses 460 000 suiveux.

Cette histoire est importante parce qu’elle constitue l’exemple parfait de la crise de crédibilité que vivent les organisations en Chine, qu’elles soient commerciales ou caritatives. Si les gens de plus en plus riches en Chine veulent donner de l’argent pour une bonne cause, à qui le donneront-ils, si même la Croix-Rouge peut être corrompue? Celle-ci gère des sommes astronomiques, elle qui a donné 2,8 milliards $US en 2011 à la province du Sichuan.

Les gens ordinaires, la classe moyenne, veulent connaître la vérité. Peut-être qu’à l’étranger, on s’inquiète pour les droits de l’homme ceci, et la démocratie cela. Mais ce qui est encore plus important à mes yeux, c’est la confiance. La confiance qu’on a pour ses institutions, la confiance qu’on a pour ses voisins. Dans la vie ordinaire des gens, de pouvoir truster que ce qu’on achète au supermarché est vraiment ce qui est indiqué sur la boîte, c’est ce qui importe vraiment. Faut commencer au niveau micro.

Alors ils se branchent sur leur Weibo via leur téléphone mobile et consultent les médias en ligne pour savoir s’ils ont été crossés par la Croix-Rouge (qui devrait peut-être apprendre de son synonyme international). Le portail QQ a même consacré une page spéciale pour la jolie demoiselle.

(Voici un bon récapitulatif de toute l’histoire, via ChinaSmack.)

Comment est-ce que j’écoute la série Canadiens-Bruins à Hong Kong ?

Sunday, April 17th, 2011

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Je me lève à 7h du mat, j’allume NHL Gamecenter Live sur mon téléphone, et je regarde le Twitter en même temps.

Comme NHL.com n’offre que des feeds américains, j’y vais all-in avec l’offre de NESN. :) C’est beau de les entendre rager.

Je me fais des toasts et me prends un thé.

Sina Weibo, juste un clone chinois de Twitter ? Pas si vite…

Monday, December 6th, 2010

Screenshot-李开复的微博 新浪微博-隨時隨地分享身邊的新鮮事 - Google Chrome

Sina Weibo, en avez-vous déjà entendu parler ? Ce réseau de micro-blogues du style Twitter compte déjà 40 million d’utilisateurs en à peu près 18 mois d’existence, surtout répartis en Chine continentale. Jeudi dernier, j’ai publié un billet sur mon blogue The Rice Cooker qui comparait Twitter et son émule chinois.

En termes de contenu, la langue chinoise écrite est beaucoup plus compacte que les langues basées sur l’alphabet romain : un ou deux caractères chinois représentent à peu près un mot dans une langue européenne. C’est évident qu’à cause de ça, Weibo ressemble étrangement à un service de blogue sur le speed.

L’interface de Weibo est elle-même beaucoup mieux pensée que celle de Twitter, reprenant justement des idées du blogue en format long (avec des commentaires attachés aux articles) et puis un système de « retweet » qui permet beaucoup facilement de remonter la discussion sur un sujet en particulier.

Le fait de faire elle-même le hosting des photos fait également une grosse différence dans la circulation d’information. Le contenu de Weibo est très peu politique et très très orientée sur les personnes riches et célèbres (évidemment), mais a tout de même vu émerger des histoires intéressantes comme l’incident de Yihuang. Qian Gang, directeur du China Media Project à HKU, a près de 1.8 million de lecteurs abonnés à son micro-blog sur QQ.com.

Sina, la compagnie derrière Weibo (qui signifie « micro-blog » en chinois), est un géant de l’Internet en Chine (et dans la sinosphère), offrant aussi des services de blogues et de portail. Plutôt méconnues en Occident, ces compagnies (comme Tencent, avec son produit de messagerie instantanée QQ) copient au départ ce qui sort de Silicon Valley, mais finissent inévitablement par innover et améliorer. Leur incroyable volume d’utilisateurs font également de leurs produits des véhicules publicitaires hors-pair. Sina Weibo embauche d’ailleurs des célébrités pour que ceux-ci aient leurs micro-blogues sur leur réseau, plutôt que celui de QQ.

La montée de Sina et Tencent dans le domaine des micro-blogues n’est pas une coïncidence : ils ont tous deux été lancées l’année dernière, dans les mois qui ont suivi le bloquage de Twitter et de son clone chinois le plus populaire, Fanfou.com. Ce dernier est justement revenu du royaumme des sites perdus la semaine dernière.

Un pain moelleux et dense à Hong Kong, est-ce possible ?

Sunday, October 31st, 2010

Donq boulangerie, Hong Kong
Boulangerie Donq à Causeway Bay, Hong Kong

On dira ce qu’on voudra, mais le pain à Hong Kong… est fait au goût des Hongkongais. Ainsi, plus souvent qu’autrement, le pain que je mange à Hong Kong, c’est le pain tranché, marque Garden, communément appelé Garden Bread. Les miches sont hautes et font de grandes tranches.

Ceci est un exemple de pain tranché fait dans une petite boulangerie locale, Electric Road à Tin Hau:

Bread
Pain style « Garden Bread », dans North Point

C’est du pain tranché, alors bon, pour à peu près 10$HK (1,30$CA) la miche (qui nous dure 5 jours pour une personne), on ne s’attend pas à trop… Il a un goût doux et quelque peu pâteux. Peut-être même qu’on y met un peu de poudre de lait.

Little Mermaid: le plus facile à se procurer

Alors dans les pains un peu plus sophistiqués, qu’avons-nous à mettre sous la dent ? Il y a d’abord la boulangerie Little Mermaid, qui est la plus facile d’accès en général. C’est une boulangerie japonaise (voir site du Japon), mais qui a quatre petits magasins dans des supermarchés city’super. Le pain est malheureusement beaucoup trop léger à mon goût et se conserve très mal si vous vouliez vous faire un lunch pour le lendemain. La baguette se vend 20$HK. Les petites pâtisseries sont bien bonnes par contre et soulagent souvent des fringales de fin de semaine lorsque je débarque de mon ferry, juste à l’extérieur du city’super du IFC Mall.

Facile à se procurer, parce que les city’super sont dans des grands centres commerciaux mainstream (pas des centres commerciaux super haut de gamme, comme les autres ci-dessous), et parce qu’on en fait en plutôt grandes quantités pour qu’il en reste à l’heure de la fermeture.

Robuchon: le meilleur à Hong Kong

Récemment, je suis allé chez Robuchon à The Landmark. Mon collègue me l’avait recommandé il y a quelques mois de celà, mais Robuchon est probablement l’un des endroits les plus inaccessibles pour de la bonne bouffe étrangère dans Central (idem pour Oliver’s Deli). L’atelier de Joël Robuchon est l’un des restaurants les plus reconnus de Hong Kong. La boulangerie était dans le restaurant au 3e étage dans le fond du Landmark. C’était à la fin de ma journée de travail, vers 19h30, alors il n’y avait plus grand chose au comptoir: juste un pain de campagne et une baguette courte au blé entier.

Baguette de chez Robuchon à Hong Kong
Baguette de chez Robuchon à Hong Kong

Robuchon : un pain dense et moelleux, comme il n'y en a pas assez à Hong Kong
Une baguette dense et moelleuse!

Le pain que j’ai acheté 14$HK était juste suffisant pour me faire un sandwich au saucisson et camembert, et il était certainement le meilleur que j’ai acheté jusqu’à ce jour à Hong Kong (Celui de Première Moisson à Montréal est probablement un peu mieux). La baguette ordinaire était toute vendue, mais habituellement à 20$HK. Celle que j’ai acheté, qu’on m’a dit être de blé entier, aurait en fait pu être un pain au levain, au goût quelque peu acidulé et à la réconfortante odeur de levure.

J’y retournerai et prendrai de meilleures photos.

Donq: excellente et accessible

The best French bread in HK comes from... Japan
Donq

En attendant, il y a deux autres boulangeries auxquelles je suis allé dans les derniers mois. L’une d’elles est la boulangerie Donq (voir la première photo). Elle était, avant Robuchon, la meilleure que j’ai mangée à Hong Kong. Le pain était croustillant (plus qu’à Little Mermaid) et se conservait relativement bien la journée suivante.

Comme Little Mermaid, Donq est une boulangerie d’origine japonaise et a deux succursales à Hong Kong. L’une est au sous-sol du grand magasin japonais Sogo à Causeway Bay, tandis que l’autre se trouve à North Point, près de la station de MTR Fortress Hill. Le pain est généralement bon (croustillant et moelleux), et on peut avoir du pain chaud à deux ou trois reprises dans une journée. Il arrive que les baguettes soit trop cuites et prenne une amertume marquée. Pour 17$HK (et plus longue et dense que chez Little Mermaid), c’est moins cher que tous les pains sophistiqués de Hong Kong! À chaque fois que je vais à Causeway Bay, je m’arrête toujours chez Donq pour m’acheter une baguette.

Simplylife: Pour faire changement

Baguette from Simplylife, Hong Kong
Simplylife

L’autre pain à essayer est chez Simplylife dans IFC Mall. Simplylife est un bistro style occidental et a également un comptoir à pain. La baguette est bonne, mais est plus chère que les autres mentionnées ci-haut, à 22$HK, en plus de n’être pas plus dense que celle de Donq et d’être souvent, sinon toujours, brûlée (à toutes les 4-5 fois que j’y suis allé). Peut-être qu’il y a une logique pour le pain trop cuit, pour une croûte qui reste dûre toute la journée (c’est ouvert jusqu’à ce que le resto ferme, vers minuit on présume), mais ça ne fait pas des baguettes trop appétissantes. Mais c’est aussi une des baguettes qu’on peut aller acheter facilement, car c’est direct dans le IFC Mall, en route vers les quais de Central.

Le Prix Nobel de la paix dans la presse hongkongaise

Sunday, October 10th, 2010

Vendredi dernier, Liu Xiaobo gagnait le Prix Nobel de la paix 2010. Samedi matin, voici ce qu’avait de l’air certaines unes de journaux à Hong Kong:

SCMP, 2010-10-09 #liuxiaobo
South China Morning Post – Liu Xiaobo remporte le Prix Nobel de la paix

Apple Daily, 2010-10-09 #liuxiaobo
Apple Daily – Monument aux droits de l’Homme, Liu Xiaobo reçoit le Prix Nobel de la paix

Ming Pao, 2010-10-09 #liuxiaobo
Ming Pao – Pub de Billionnaire Royale. (Billionnaire avec deux n, comme si c’était en français. Ils aiment beaucoup ça en Asie, y compris à Hong Kong.)

Faut dire que ce sont ici les trois journaux qu’on peut acheter au quai de Yung Shue Wan sur l’île de Lamma, une île de 6000 habitants, aux tendances plus libérales à mon avis (beaucoup d’expatriés et gens de la communauté créative). Bravo à Ming Pao pour sa couverture hors-contexte. Lors de la prise d’otages de Manille en août dernier, quelques journaux étaient eux aussi pris entre un événement surprise (quoique certains diront qu’on le savait depuis un bon boutte pour Liu Xiaobo) et leurs engagements avec leurs commanditaires (voir article). Journal centriste, le Ming Pao avait quand même sous sa pub, une page frontispice consacrée à Liu Xiaobo.

Roland Soong de l’excellent blogue EastSouthWestNorth blog basé à Hong Kong a les autres, incluant les très très pro-Beijing (et marginalement lu) Wen Wei Po et Ta Kung Pao, qui n’ont pas raconté un mot sur Liu Xiaobo. Au lieu, ils titraient avec la nomination du nouvel homme de Beijing à Hong Kong et Macau, Wang Guangya, semble-t-il un politicien plutôt libéral, me disait un journaliste posté à Hong Kong.

Selon le niveau de « pro-Beijing-alité », les journaux donneront une couverture plus ou moins grande (parfois inexistante) à ces événements de politique intérieure, comme la commémoration de 6/4 (événements de la Place Tian’anmen). C’est d’ailleurs un exercise assez intéressant pour les chercheurs de médias (comme Monsieur Soong). En général, tous les journaux réellement lu auront au moins un encadré, comme le Oriental Daily (qui est dans la catégorie des pro-Beijing).

À l’aide d’un outil que nous avons nouvellement créé au JMSC pour notre projet de médias sociaux, mon collègue du CMP a parcouru la twittersphère chinoise et a noté plusieurs réactions de micro-blogueurs d’influence qui résident en Chine continentale.

Bon, il y a de la censure, mais c’est pas comme si tout ce qui est touchy sur Internet disparait du jour au lendemain, comme sur ce blogue de QQ.com (un des grands portails chinois, basé à Shenzhen).

Mise à jour (2010-10-12): Et pendant que la grande partie de la presse étrangère donnait carte blanche à Liu Xiaobo, Roland Soong fait un survol de ce que Liu Xiaobo a vraiment dit.