Karine Giboulo: des cochons et des hommes

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All you can eat - Karine Giboulo

Comme à chaque année depuis trois ans, j’ai fait la Nuit blanche à Montréal, et comme beaucoup de gens, je me suis arrêté devant l’installation All you can eat de Karine Giboulo au Hall des Pas perdus de la Place des Arts. Giboulo effectuait un retour à la Nuit blanche, avec ses immanquables scènes bédéesques créées à travers figurines et objets en taille miniature enfermés dans une boîte-bâtiment avec des fenêtres invitant les visiteurs à épier.

Cette fois-ci, l’artiste montréalaise s’est inspirée de son dernier voyage en décembre 2007 en Chine, et plus précisément dans cette usine du monde qu’est la région du delta de la Rivière des Perles, dans la province du Guangdong. « 3/4 de nos choses ici viennent de Chine et la plupart des gens ne savent pas comment les travailleurs qui les ont fabriquées vivent en fait », relate-t-elle.

La structure exposée est faite de grandes boîtes interconnectées qui contiennent des personnages s’affairant à élever des cochons, à les manger à la cafétéria, ou bien encore à se reposer dans leurs lits de dortoir. Le résultat est non sans nous rappeler la réalité des usines chinoises, là où souvent les travailleurs dorment à même leur lieu de travail. « Je voulais traiter du thème de l’alimentation, qui est un enjeu très important pour l’environnement », nous raconte Giboulo au sujet de la présence des cochons ailés nourris au « Miracle-Gros ».

Questionnée sur ce qui l’avait le plus frappé de la Chine, elle nous dit d’emblée que c’est la vie à l’extérieur: « Il y a toujours plein de vie dehors. Les gens vont sortir avec une table et jouer dehors comme ça. »

Finalement, Giboulo nous confie qu’elle préparait l’exposition avec une certaine appréhension, ne sachant pas comment la communauté chinoise la percevrait. D’autres pièces sur les mêmes thèmes que All you can eat seront exposées à la Galerie SAS du 12 novembre au 13 décembre, 2008. All you can eat sera de passage au NAC à St-Catharines en Ontario, du 16 mars jusqu’au 15 avril prochains. Elle dit pour terminer que cette exposition se veut un hommage aux travailleurs dont le travail sert à faire émerger ces pays comme la Chine, et à nous donner un confort matériel ici en Occident.

Karine Giboulo

An English version of this article was published on Spacing Montreal.

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