Vol Beijing-Montréal sur Air China (CA879)

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Air China B777

Le vol 879 de la compagnie aérienne chinoise Air China est le premier vol direct qui relie une ville est-Asiatique et Montréal (il y a des vols directs vers le Moyen-Orient). Les différents paliers gouvernementaux y ont travaillé très fort durant les dernières années et il faillait que je l’essaie.

En général pour rentrer à Montreal de Hong Kong, où je vis depuis près de sept ans, je passe par Toronto, Vancouver, des villes américaines (via le Japon ou direct) ou même l’Europe, avant d’arriver à Montréal. Je n’ai jamais pris la route par la Chine, la raison principale étant que ça voudrait dire deux connections (à moins que ce soit le Japon, suis pas vraiment intéressé) et qu’en genénal, les lignes aériennes chinoises sont perçues comme inférieures sur plusieurs plans, dont celui du divertissement à bord, des repas.

J’assiste à un mariage en mi-septembre et lorsque je magasinais durant l’été pour les billets aller-retour en partance de Hong Kong vers Montreal, ceux-ci coûtaient tous plus de 1350 $US (par Air Canada, United) ou avaient des connections ridicules (le fameux Seattle-Minneapolis de Delta ou via Dallas-Fort Worth avec American — à des prix aussi élevés). Après vérification, il était possible à la dernière minute d’obtenir des vols via Narita et une autre connection pour moins de 900 $US.

On the Beijing airport express
Escale à Beijing

J’ai eu de la veine et suis tombé sur un billet à 800 $US (et même à 550 $US quelques jours plus tard) avec le vol Air China direct CA879 entre Beijing et Montréal (qui poursuit ensuite sa route vers La Havane, qui pour l’automne sera une journée sur les trois vols initialement prévus), surtout que je voulais m’arrêter dans la capitale chinoise pour voir la ville. La dernière fois c’était au printemps 2008, épisode bien documenté sur ce blogue.

C’était donc un vol en soirée de Hong Kong (CA116 — avec option pour un des vols plus de bonne heure au même prix) et une escale d’une nuit à Beijing, avant le départ du CA879 vers 13h15 heure locale, arrivée à 14h à l’aéroport PET.

Les vols vers Beijing (et Shanghai) sont notoires pour leurs retards en raison du traffic sur les routes aériennes entre la région du delta de la rivière aux perles (et ses cinq aéroports majeurs). Donc j’étais agréablement surpris de n’avoir que 40 minutes de retard sur le CA116.

J’ai eu un peu de difficulté avec mon étampe pour un transfert de moins de 24 heures, ayant pris la mauvaise voie, celle des transferts internationaux. Un forum sur Trip Advisor avait parlé d’une « voie spéciale », que je n’ai pas vu, par fatigue ou mégarde. En fin de compte, j’ai pris le transfert et les gens de la sécurité m’ont refait passer tout le tralala et je suis finalement ressorti par le comptoir ordinaire devant la file d’une bonne quinzaine de minutes.

Également eu de la difficulté à expliquer en Mandarin approximatif où mon hôtel était, mais on a trouvé et j’ai pas été surchargé (course de 19 RMB pour l’hôtel Ibis adjacent à l’aéroport). Prochaine fois, je prends mon hôtel sur la ligne d’airport express.

Parlant d’airport express, le lendemain, vendredi, j’ai réussi à sortir pour une balade de 4 heures entre mon hôtel, le parc de Chaoyang, et de retour au terminal 3 de PEK. Choses à laquelle on est pas habitué ? Une ligne express de train qui fait un détour dans un terminal de vols domestiques, et des trains vers l’aéroport qui te passent sous le nez à une station intermédiaire (Sanyuanqiao) car trop pleins. Mieux vaut éviter de faire la file plusieurs fois pour un billet en se procurant une carte du métro de Beijing (20 ¥ de dépôt, 25 ¥ par voyage d’airport express, environ 4 ¥ par voyage en métro habituel).

Ensuite, l’aventure du passage de la frontiere et de la sécurité. C’était une heure exactement entre l’entrée de la zone sécurisée pour voyageurs seulement et la sortie de la sécurité vers ma porte, terminal 3E. Pas fameux, mais pas loin de l’expérience de tout autre grand aéroport international qui n’est HKG.

Air China seat screen world map

Alors, ce vol CA879 ?

Bon, le vol lui-même ? CA 879 était super à l’heure. Les passagers avait l’air d’être à 95% en provenance de Chine (pas vu beaucoup d’Occidentaux), quoiqu’une bonne proportion des gens sont probablement citoyens canadiens. Boissons standard. Pas de menu papier distribué en début de vol, comme les vols de compagnies japonaises, européennes, m’ont habitué. Mais le choix c’était canard ou bœuf. J’ai pris canard, qui fut un bloc de riz et un ragoût style chinois de viande type volaille (je mettrais ma main au feu qu’il n’y a pas de canard dedans), au céleri, champignons et carottes. Il y a eu un petit pain pas très bon au beurre Président. Et une surprenante salade aux algues noires (je pense) et un morceau de vrai crabe (impressioné, sans ironie).

Pas de photos, car malheureusement mon téléphone était à off à ce moment-là. C’était une des rares fois dont je me souviens avoir été sur un vol où on interdit d’allumer même son téléphone (mode avion non accepté) et que l’équipage semblait devoir faire appliquer la règle (« c’est comme ça en Chine, monsieur »).

J’ai pris une melatonine et dormi après le dîner jusqu’à mi-vol (6e heure d’un vol de 12-13 heures).

Mon constat ? À prix égal, et si on a pas d’intérêt particulier pour s’arrêter à Beijing, vous êtes bien mieux de prendre un vol via Toronto ou Vancouver si votre destination est Hong Kong. Au rhytme où vont les choses, une connection entre Montreal et une autre destination est-asiatique ne semble justifiable que par le traffic en provenance d’Asie, et non vice-versa. Tout simplement pas assez de gens au Québec.

Écran de siège Air China

Il y a du français sur l’écran de siège devant vous, mais aucune annonce ne sera faite dans la langue de Molière.

Mais je peux voir certains avantages, au-delà des inconvénients de passer par PEK, et de l’escale de nuit dans les deux bords (car les vols entre PEK et HKG ne sont pas encore assez prévisibles, je pense). À prime abord, on arrive plutôt frais à Montréal, ce qui est franchement bien. J’ai pu aller me balader en ville à Montréal le soir de l’arrivée (sans sieste) et prendre un souper et des verres de pré-mariage, avec quelques espressos dans le corps, sans trop être pêté.

Sans l’attente estivale de deux heures aux frontières à Pierre-Elliott-Trudeau (ce ne fut finalement que cinq minutes aux frontières et quinze minutes en inspection secondaire pour me faire saisir mes deux gâteaux-lunes), on est content que notre journée dans un avion ou en attente n’est que de 14-16 heures, au lieu de facilement 20-24. Sur un vol via EWR ou ORD, c’est départ de la maison à 7h le matin à HK, fermeture de la cabine à 10h30, arrivée à notre destination américaine 14-15 heures plus tard, attente de 3-4 heures à l’aéroport, avant le vol d’une heure et demie pour YUL. Ici, on parle plutôt de se lever entre 8h et 10h le matin, être aux douanes vers 11h30, prendre son vol à 13h, puis atterrir à YUL direct 12-13 heures plus tard.

On aime moins qu’on interdise formellement d’allumer appareils électroniques à bord, surtout que le choix audio-visuel soit surtout en chinois ou de type plutôt « B » si en anglais (genre Démolition de Jean-Marc Vallée avec Jake Gyllenhaal ou la comédie Keanu). On peut encore y échapper si on écoute juste de la musique. Ah ouais, les prises de courant sous les sièges ne fonctionnaient pas (celles à côté des toilettes en arrière, oui).

Le taux de voyageur de première fois semble plus élevé qu’ailleurs mais on s’en fait pas trop (mélatonine + masque + bouchons pour les oreilles + coussin Muji avec capuchon).

Pour le prix, le plus important des facteurs, ça varie. Je me souviens l’avoir vu à 1400 $US auparavant (ne me rappelle plus de l’époque de l’année), mais il était bien en deça de ce prix en septembre 2016. À la dernière minute, le prix était d’environ 850 $US selon Google Flights.

Vol CA879 PEK-YUL

Air China plane at BCIA

The Election

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HKTV's Election

C’est en grande pompe qu’a été lancée cette semaine la chaîne HKTV ici à Hong Kong. Dans une jurisdiction où seulement deux compagnies peuvent diffuser par la voie des airs, HKTV vient tout chambouler avec une programmation de haute qualité. N’ayant pu obtenir une licence, HKTV est une télévision gratuite sur le Web. La curiosité suscitée par HKTV est telle que le site a planté lors du lancement mercredi soir, en plus de battre des records pour le volume de transfert de données sur l’Internet hongkongais selon HKIX.

Une des offres les plus attendues de HKTV était « The Election » (選戰), une série dramatique sur fond d’élection directe du chef de l’exécutif de Hong Kong en 2022. De ce que je sais, les drames politiques au petit écran, malgré le succès de leurs équivalents occidentaux, n’existent pas (ou passent sous le radar) à Hong Kong. Election raconte le récit de la veuve d’un politicien apparemment décédé le soir de l’élection précédente de 2017 et qui décide cinq ans plus tard de se présenter elle-même. Son opposant présumé (on en est qu’au deuxième épisode, diffusé aujourd’hui samedi le 22 novembre) est un politicien à la Frank Underwood — mais les mauvaises langues diront que le personnage a été basé sur Jasper Tsang. Les deux rôles sont tenus par des vétérans du cinéma chinois et hongkongais, Angelica Lee Sin-je (The Eye) et Liu Kai-chi (Infernal Affairs).

Pour ce qui est de l’intrigue, elle nous laisse parfois sur notre faim lorsqu’on est habitué aux séries occidentales. Un punch à la fin du premier épisode et on se demande si c’était pas déjà un peu too much. Par contre, si on ne se nourrit que de séries TVB, la qualité de production de The Election nous rappelle que Hong Kong n’est pas une capitale cinématographique pour rien. On échappe cependant pas à la musique hyper-dramatique, comme si c’était devenu nécessaire pour guider le public hongkongais.

Le sujet de la série arrive également à point, avec Occupy Central (le mouvement des ombrelles) qui entrera demain dans sa neuvième semaine et dont l’enjeu principal est justement la formule de la prochaine élection du chef de l’exécutif en 2017. C’est véritablement un vent d’air frais dans le système quasi-monopolistique de la production télévisuelle à Hong Kong et du peu d’audace dans les séries produites à Hong Kong.

La crisse de pub de St-Hubert avec des Chinois

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Je n’ai pas souvent l’habitude de me défiler quand vient de dénoncer les trucs racistes qui propagent les traits stéréotypes qui passent sur les médias québécois.

Récemment, les restos St-Hubert ont créé une publicité pour leur dernière promotion, en mettant en scène deux propriétaires de restaurant chinois (un couple) qui se plaint de la concurrence que leur fait St-Hubert.

D’abord, je ne crois pas que la pub soit raciste, ou même qu’elle propage quoi que ce soit de stéréotypique. Moi, cette fois-ci, je trouve ça drôle et bon enfant. Le cantonais parlé par les acteurs sonne même authentique (avec un accent du sud-est asiatique, peut⁻être même ?).

Peut-être c’est que je vis maintenant à l’étranger, de surcroît un endroit où je fais maintenant partie de la majorité visible, mais je ne la trouve pas si pire que ça. C’est drôle, peut-on en rire ?

Ce qui n’est toujours pas très drôle par contre, c’est le manque flagrant de représentativité, que ce soit des Chinois d’origine, ou même juste Asiatique en général, dans la sphère publique au Québec. C’est ce qui depuis tant d’années me choque, et c’est pour ça que même de l’autre bout du monde j’étais très content de voir qu’un film comme Être Chinois au Québec ait été fait et ait reçu une diffusion en salle (mais pourquoi pas en ligne, bon sang?).

Y’a des luttes, mais celle du St-Hubert n’en est pas une à mon humble avis. Pour moi, l’affirmation de tous les jours, comme celle qu’on fait lorsqu’on choisit une carrière avec un rôle principal dans les médias ou en politique, c’est ce que je souhaite voir. Pis quand même, tant mieux si l’histoire du St-Hubert peut mobiliser.

Du caca pigeon avec ça ?

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En général, Toronto est synonyme de bouffe chinoise. Du chinois de Hong Kong, du chinois de Shanghai, du chinois de Chaozhou. Du chinois.

Pour faire changement, je suis allé bouffer ce midi chez Samosa King Embassy Restaurant, qui est également un comptoir à emporter. Scarborough, sur Finch, c’est près d’où mes grandparents maternels vivent, et c’est aussi à la confluence des communautés chinoises et indiennes (ou sud-asiatique).

» C’est du caca pigeon «, dit le paternel. Le caca pigeon, ce n’est pas exactement ce qu’on voit sur la photo avoue mon père, mais c’est comment ils appelaient le mélange de machins frits et d’herbes et de légumineuses séchées, un genre de party mix qu’ils vendaient au magasin de mes grandparents paternels à Madagascar. Mon père aidait ma grand-mère à préparer ce mélange, que je présume était d’origine sud-asiatique.

Mada, c’est aussi un haut lieu de mélange culturel. Une grande île sur la côte sud-est de l’Afrique, elle est au carrefour des cultures africaine, arabe, indienne, chinoise, et française.

Un des plats de prédilection qu’on a adopté dans la famille avait sans doute des saveurs de cette région : un ragoût de boeuf au gai choy (feuilles de moutarde), avec des tomates et une pincée de mini crevettes séchées. Lorsque j’étais enfant, je dormais l’été dans des draps venus de Madagascar aux couleurs indiennes.

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Prendre sa place

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Hier soir a eu lieu la 3e édition annuelle du Bal de l’orchidée, organisé par l’AJPC (Association des jeunes professionnels chinois) dans l’atrium de la gare Windsor.

Mes amis Parker Mah et Bethany Or, ainsi que le réalisateur du film Être chinois au Québec, Malcolm Guy, étaient sur place pour recevoir le prix «Coup d’éclat» 2013 de la part de l’AJCP. Il y a sans doute plusieurs communautés chinoises, mais je pense qu’en bout de ligne, on a tous vécu des expériences similaires d’être une minorité visible au Québec. Il y a le pouvoir de l’argent, le pouvoir des relations et le pouvoir des mots, et c’est d’une certaine manière coordonnée ou non que ces communautés chinoises au Québec avanceront et prendront leur place au Québec.

J’appuie avec fermeté ce que Parker a dit, vers les 4:12 de la vidéo, au nom des gens impliqués de proche ou de loin dans le film : prenez votre place dans la sphère publique. «Pourquoi n’y a-t-il pas plus de Chinois impliqués au niveau social et engagés au niveau politique ?», demande Parker aux convives, qui comptaient parmi eux le candidat à la mairie Denis Coderre et la Ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Diane de Courcy.

Prix «Coup d'éclat» et discours pour «Être Chinois au Québec» au Bal de l'orchidée 2013
Parker Mah, Bethany Or et Malcolm Guy reçoivent le prix «Coup d’éclat» 2013 de l’AJPC sous les yeux de Winston Chan, un leader de la communauté chinoise au Québec.

C’était particulier de voir autant de faces asiatiques, plusieurs vieux amis d’époques passées, des gens qu’on a peut-être déjà vu à la tévé.

Les invités au bal sont évidemment ceux et celles qui font partie d’une certaine élite professionnelle de Chinois et d’Asiatiques au Québec. Je ne crois pas en les révolutions, mais le film «Être Chinois au Québec» est un moment marquant, où même les critiques négatives dans un média mainstream, sont des opportunités au dialogue. Je pense que c’est par des petits gestes quotidiens qu’on peut arriver à prendre sa place dans cette société. La prochaine fois que vous pourrez vous impliquer, faites-le.

Le film sera à l’affiche jusqu’au 30 mai au Cinéma du Parc. D’ailleurs, après toutes les séances, des leaders francophones de la communauté chinoise tels que Pascal Robidas, Cathy Wong, May Chiu, Xi Sophie Zhang et Rosalind Wong seront au Cinéma du Parc pour répondre aux questions après le film.

« Être chinois au Québec », ou être entre plusieurs mondes

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C’est avec beaucoup de bruit que sera lancé Être chinois au Québec demain soir. J’ai hâte que ça sorte (même si je n’y serai pas physiquement), parce que ça marque une étape très importante pour la communauté chinois (ou les communautés, au pluriel) dans la sphère publique au Québec.

Je crois que William Dere, celui qui a lutté pour la génération des « Chinois du chemin de fer » sera le plus heureux du lancement de ce film co-réalisé avec Malcolm Guy, collaborateur de longue date et réalisateur et producteur de films à connotation sociale au Québec. Il y a beaucoup de gens qui ont travaillé sur ce film, ou qui apparaissent devant la caméra, qui ont des opinions passionnées sur le fait chinois au Québec.

J’apparais une fois dans le film, lors de la table ronde, et je dis essentiellement ce que je répète sur ce blogue depuis plus de cinq ans : si vous voulez intégrer les sino-québécois, il faut embaucher des sino-québécois dans nos institutions et il faut leur donner de la visibilité dans les médias et la sphère publique. À la télé et dans la culture populaire, on ne veut pas des rôles stéréotypes conçus pour la majorité, style la petite fille chinoise adoptée ou le tenancier de dépanneur. On veut des rôles personnes normales et entières.

Comme je suis dans le domaine des médias (comme journaliste de données / créateur d’applications interactives), je peux vous dire immédiatement que ça ne parait pas que Montréal est une ville multiculturelle si je restais entre quatre murs de mon lieu de travail. Parce que j’ai travaillé à Radio-Canada et à La Presse, et les salles de nouvelles sont blanches, canadiennes-françaises (c’est déjà un peu mieux derrière la caméra ou le panneau d’admin des sites Web). Les collègues sont gentils (et que j’adore réciproquement), accueillants et ne vous traitent pas différemment, mais c’est juste aberrant quand tu portes attention aux bylines ou que lis le générique du TJ. Ceux avec qui j’ai travaillé qui me connaissent en ont probablement déjà discuté avec moi de ça.

Je partage les références culturelles québécoises (je pourrais rire des jokes d’un Bye Bye), et je ne pense pas être le seul qui soit qualifié, par ma connaissance implicite de la culture locale, pour pouvoir travailler dans un média francophone sans avoir à bénéficier de politique de discrimination positive. Pourquoi ne faites-vous pas un effort pour mettre des gens de couleur devant la caméra, le micro ou le clavier à des postes de pointe ? Avez-vous regardé ou écouté CBC dernièrement ?

***

Celà dit, je vis à Hong Kong depuis trois ans et demie, et la réalité québécoise, je la vis maintenant à distance, à travers ce que je lis sur LaPresse.ca ou ce que j’écoute sur Bandeapart.fm. Je continue de suivre les choses, mais ma vie de tous les jours c’est Hong Kong, dans la rue et au travail.

C’est une expérience bizarre que d’être dans la majorité visible. Je ne parle pas assez cantonnais pour fonctionner comme un adulte, mais je suis de la « bonne couleur ». On ne me regarde pas croche, comme on regarde croche les Mainlanders ou les gens plus foncés… Ça te met dans la peau de ceux, dans ton pays d’origine (le Québec, dans cet usage), qui sont la majorité. T’as des attitudes différentes, pour ne pas dire ethnocentriques, et tu perçois l’autre différemment. Les questions que j’avais sur mon identité culturelle (comme « C’est où chez toi ? ») ont maintenant plusieurs notes de bas de page supplémentaires (sans qu’il n’y ait réponse).

L’autre bizzareté, que j’avais vécu à plus petite échelle lors de voyages en Chine, c’est la valorisation que je mets sur mon identité purement québécoise, dans le sens « canadienne-française » du terme. Avec une autre Sino-montréalaise rencontrée récemment, on s’identifiait « Canadiens-français », avec un LOL à la fin de la phrase. Mais en fait, je regarde tout ce que je consomme comme culture, et y’a vraiment quelque chose de « canadien-français » : le dernier film vu au cinéma fût le Dolan crû 2012, et pis mon band favori ces jours-ci c’est Avec pas d’casque. C’est vrai qu’il y a quelque chose comme de la fierté nationale et identitaire lorsque je porte mon chandail bleu-blanc-rouge au milieu d’un bar rempli de fan des Canucks.

C’est vrai que des amis m’ont déjà traité de nationaliste pur et dur (je paraphrase) lorsque je me pointe la bine sur Facebook avec un drapeau du Québec bien déplié. C’est peut-être un peu beaucoup. Comme la fois que mon prof d’histoire de secondaire souverainiste ne croyait à ce que je disais lors d’un débat sur les élections référendaires. Je crois que je peux comprendre le fait francophone en Amérique du Nord et que je peux l’expliquer à des Canadiens-anglais d’origine chinoise qui parsèment Hong Kong comme la neige sur une pelouse québécoise en février. Ça me touche, et je ne peux pas l’ignorer même si je suis à l’autre bout du monde.

Cédric avec son petit drapeau fleurdelisé

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Celà dit, même mes parents ne sont pas nés en Chine. C’est mes grands-parents qui le sont. Et eux aussi, ils apprécient leur pays de transition, soit le Madagascar (pour le côté à mon père) et le Viet-Nam (pour le côté à ma mère). Mais le point commun de leur rencontre, c’est la Chine, ou bedon le Québec, ou encore Hong Kong (selon ce qu’ils regardent ces jours-ci, je dirais Hong Kong, mais selon le genre de pain que ma mère achète, je te dirais le Québec et la bonne chère à la française).

Ça ne finira pas et je pourrais en parler longtemps. J’en parle à des amis de partout ici à Hong Kong, et parfois ils comprennent, et parfois non. Tu peux pas non plus le coller sur la chemise tout le temps, parce que ça hurle nationalisme, et Hong Kong a assez de problèmes identitaires comme ça.

Ce problème identitaire à Hong Kong se réglera par inter-mariage. En 2005, une publication du bureau du recensement et de la statistique de Hong Kong indiquait que 16 800 futures mariées de Chine continentale traversaient la frontière pour marier un homme Hongkongais. C’est sans compter ceux qui immigrent déjà par d’autres voies que le mariage et qui finissent par se marier localement (Hong Kong a connu des vagues plus ou moins grandes d’immigration continentale lors de son histoire). Mon père le disait, pis mon petit doigt aussi, que les liens du sang font et défont l’identité.

Je n’ai pas de réponse, mais Être Chinois au Québec, c’est ce que t’en fais finalement. La sagesse commune dit que c’est une richesse. Pour moi, c’est comme de la salade au buffet.

Lancement du documentaire « Être chinois au Québec » le 15 février 2013

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Être chinois au Québec

« Être chinois au Québec », ce road movie mettant en vedette mes amis Parker Mah et Bethany Or sortira finalement au tournant du nouvel an chinois ! Après une longue et parfois difficile gestation, le documentaire sera projeté vendredi le 15 février au Centre communautaire et culturel chinois du Quartier chinois de Montréal. Le film les envoie aux quatre coins du Québec afin de découvrir ce qu’est l’identité chinoise sur cette terre francophone.

Les Chinois ont une présence marquée au Québec depuis le temps du chemin de fer à la fin du siècle. Les vagues d’immigration toutes aussi particulières les unes des autres seront évoquées dans le documentaire.

Voici ce que le co-réalisateur Malcolm Guy a envoyé hier par voie de courriel.

Chers amis et amies,

Le film auquel vous avez si aimablement participé, « Être chinois au Québec » réalisé par Malcolm Guy et William Ging Wee Dere et produit par Productions Multi-Monde est enfin prêt à être présenté au public!

Le lancement du film aura lieu le vendredi 15 février 2013, de 19h à 22h, au Centre communautaire et culturel chinois de Montréal. Les portes ouvriront à 19h et la présentation du film (version bilingue) débutera à 19h30.

La projection sera suivie d’une séance de questions-réponses avec les réalisateurs et les participants au film.

La présentation du film se fera au coût de 5$, contribution volontaire à la porte suggérée, ce qui nous aidera à défrayer les frais de la salle. Des amuses-gueules et des rafraîchissements seront servis avant et après la projection du film et une exposition de photos réalisées par Parker Mah sera présentée durant la soirée.

Plus d’infos sur le blogue officiel du film: http://etrechinoisauquebec.net/

Voici la bande-annonce qui date déjà d’un peu plus d’un an:

Malcolm Guy et William Dere sont des collaborateurs de longue date, ayant ensemble travaillé ensemble dans les années 90 sur les films Gens du pays: Chinese in Quebec et La montagne d’or, avant de renouer pour realiser Être chinois au Québec.

Ce film, par son niveau de production, marque une étape importante pour la communauté chinoise au Québec. J’ai très hâte de voir comment il sera reçu par le grand public.

Également faisant partie de l’équipe du film, la Hongkongaise d’origine, Wai-yin Kwok, collabore présentement avec l’équipe de Radio-Canada.ca Rive-Sud pour produire une expérience Web qui sera diffusé d’ici le nouvel an chinois dans deux semaines.

Fête des neiges : retour des yeux bridés !

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Fête des neiges

Ah bin ! C’est le retour des yeux bridés dans le matériel publicitaire de la Fête des neiges 2013 (de surcroît, le 30e anniversaire), affiché à la grandeur de Montréal.

Au cas où vous ne le sauriez pas, les yeux bridés (sans compter les deux dents en avant), c’est une représentation raciste des Asiatiques en 2013, comme ça l’était en 2009 (au moins, ils ont lâché le teint maladif). Tant qu’à faire, mettez-y dont un chapeau pointu en-dessous de sa tuque au ti-gars !

Dites-donc, y’a pas un Asiatique qui travaille dans votre organisation pour vous le dire ? Et les gens responsables de vos pubs, le savent-ils même ?

Étonnantes photos du Chinatown de Montréal en 1966

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Vie quotidienne dans le quartier chinois de Montréal, 1966
Photo : Archives de la Ville de Montréal

Jean-Mathieu Nichols, qui travaille aux Archives de la Ville de Montréal, m’a fait parvenir cette impressionnante collection de photos du Chinatown des années 60. On y reconnaît les enseignes des vieilles associations du Quartier chinois, qu’on peut encore apercevoir aujourd’hui sur de la Gauchetière en levant les yeux un peu, ou encore des coins de rue disparus, remplacés aujourd’hui par d’horribles commerces.

Les junkies de photos historiques se réjouiront que mon père ait lui-même passé avec sa caméra presque 20 ans après ces photos, en 1984.

Après presque trois années d’absence (et de retours sporadiques à Montréal), et maintenant que je travaille juste à côté, je dois dire que l’impression du changement dramatique opère. Il y a le Swatow, mais surtout une trâlée de nouveaux restaurants et de commerces. Ça sera intéressant d’essayer tout ça dans les prochaines semaines pour lesquelles je serai là.