Vol Beijing-Montréal sur Air China (CA879)

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Air China B777

Le vol 879 de la compagnie aérienne chinoise Air China est le premier vol direct qui relie une ville est-Asiatique et Montréal (il y a des vols directs vers le Moyen-Orient). Les différents paliers gouvernementaux y ont travaillé très fort durant les dernières années et il faillait que je l’essaie.

En général pour rentrer à Montreal de Hong Kong, où je vis depuis près de sept ans, je passe par Toronto, Vancouver, des villes américaines (via le Japon ou direct) ou même l’Europe, avant d’arriver à Montréal. Je n’ai jamais pris la route par la Chine, la raison principale étant que ça voudrait dire deux connections (à moins que ce soit le Japon, suis pas vraiment intéressé) et qu’en genénal, les lignes aériennes chinoises sont perçues comme inférieures sur plusieurs plans, dont celui du divertissement à bord, des repas.

J’assiste à un mariage en mi-septembre et lorsque je magasinais durant l’été pour les billets aller-retour en partance de Hong Kong vers Montreal, ceux-ci coûtaient tous plus de 1350 $US (par Air Canada, United) ou avaient des connections ridicules (le fameux Seattle-Minneapolis de Delta ou via Dallas-Fort Worth avec American — à des prix aussi élevés). Après vérification, il était possible à la dernière minute d’obtenir des vols via Narita et une autre connection pour moins de 900 $US.

On the Beijing airport express
Escale à Beijing

J’ai eu de la veine et suis tombé sur un billet à 800 $US (et même à 550 $US quelques jours plus tard) avec le vol Air China direct CA879 entre Beijing et Montréal (qui poursuit ensuite sa route vers La Havane, qui pour l’automne sera une journée sur les trois vols initialement prévus), surtout que je voulais m’arrêter dans la capitale chinoise pour voir la ville. La dernière fois c’était au printemps 2008, épisode bien documenté sur ce blogue.

C’était donc un vol en soirée de Hong Kong (CA116 — avec option pour un des vols plus de bonne heure au même prix) et une escale d’une nuit à Beijing, avant le départ du CA879 vers 13h15 heure locale, arrivée à 14h à l’aéroport PET.

Les vols vers Beijing (et Shanghai) sont notoires pour leurs retards en raison du traffic sur les routes aériennes entre la région du delta de la rivière aux perles (et ses cinq aéroports majeurs). Donc j’étais agréablement surpris de n’avoir que 40 minutes de retard sur le CA116.

J’ai eu un peu de difficulté avec mon étampe pour un transfert de moins de 24 heures, ayant pris la mauvaise voie, celle des transferts internationaux. Un forum sur Trip Advisor avait parlé d’une « voie spéciale », que je n’ai pas vu, par fatigue ou mégarde. En fin de compte, j’ai pris le transfert et les gens de la sécurité m’ont refait passer tout le tralala et je suis finalement ressorti par le comptoir ordinaire devant la file d’une bonne quinzaine de minutes.

Également eu de la difficulté à expliquer en Mandarin approximatif où mon hôtel était, mais on a trouvé et j’ai pas été surchargé (course de 19 RMB pour l’hôtel Ibis adjacent à l’aéroport). Prochaine fois, je prends mon hôtel sur la ligne d’airport express.

Parlant d’airport express, le lendemain, vendredi, j’ai réussi à sortir pour une balade de 4 heures entre mon hôtel, le parc de Chaoyang, et de retour au terminal 3 de PEK. Choses à laquelle on est pas habitué ? Une ligne express de train qui fait un détour dans un terminal de vols domestiques, et des trains vers l’aéroport qui te passent sous le nez à une station intermédiaire (Sanyuanqiao) car trop pleins. Mieux vaut éviter de faire la file plusieurs fois pour un billet en se procurant une carte du métro de Beijing (20 ¥ de dépôt, 25 ¥ par voyage d’airport express, environ 4 ¥ par voyage en métro habituel).

Ensuite, l’aventure du passage de la frontiere et de la sécurité. C’était une heure exactement entre l’entrée de la zone sécurisée pour voyageurs seulement et la sortie de la sécurité vers ma porte, terminal 3E. Pas fameux, mais pas loin de l’expérience de tout autre grand aéroport international qui n’est HKG.

Air China seat screen world map

Alors, ce vol CA879 ?

Bon, le vol lui-même ? CA 879 était super à l’heure. Les passagers avait l’air d’être à 95% en provenance de Chine (pas vu beaucoup d’Occidentaux), quoiqu’une bonne proportion des gens sont probablement citoyens canadiens. Boissons standard. Pas de menu papier distribué en début de vol, comme les vols de compagnies japonaises, européennes, m’ont habitué. Mais le choix c’était canard ou bœuf. J’ai pris canard, qui fut un bloc de riz et un ragoût style chinois de viande type volaille (je mettrais ma main au feu qu’il n’y a pas de canard dedans), au céleri, champignons et carottes. Il y a eu un petit pain pas très bon au beurre Président. Et une surprenante salade aux algues noires (je pense) et un morceau de vrai crabe (impressioné, sans ironie).

Pas de photos, car malheureusement mon téléphone était à off à ce moment-là. C’était une des rares fois dont je me souviens avoir été sur un vol où on interdit d’allumer même son téléphone (mode avion non accepté) et que l’équipage semblait devoir faire appliquer la règle (« c’est comme ça en Chine, monsieur »).

J’ai pris une melatonine et dormi après le dîner jusqu’à mi-vol (6e heure d’un vol de 12-13 heures).

Mon constat ? À prix égal, et si on a pas d’intérêt particulier pour s’arrêter à Beijing, vous êtes bien mieux de prendre un vol via Toronto ou Vancouver si votre destination est Hong Kong. Au rhytme où vont les choses, une connection entre Montreal et une autre destination est-asiatique ne semble justifiable que par le traffic en provenance d’Asie, et non vice-versa. Tout simplement pas assez de gens au Québec.

Écran de siège Air China

Il y a du français sur l’écran de siège devant vous, mais aucune annonce ne sera faite dans la langue de Molière.

Mais je peux voir certains avantages, au-delà des inconvénients de passer par PEK, et de l’escale de nuit dans les deux bords (car les vols entre PEK et HKG ne sont pas encore assez prévisibles, je pense). À prime abord, on arrive plutôt frais à Montréal, ce qui est franchement bien. J’ai pu aller me balader en ville à Montréal le soir de l’arrivée (sans sieste) et prendre un souper et des verres de pré-mariage, avec quelques espressos dans le corps, sans trop être pêté.

Sans l’attente estivale de deux heures aux frontières à Pierre-Elliott-Trudeau (ce ne fut finalement que cinq minutes aux frontières et quinze minutes en inspection secondaire pour me faire saisir mes deux gâteaux-lunes), on est content que notre journée dans un avion ou en attente n’est que de 14-16 heures, au lieu de facilement 20-24. Sur un vol via EWR ou ORD, c’est départ de la maison à 7h le matin à HK, fermeture de la cabine à 10h30, arrivée à notre destination américaine 14-15 heures plus tard, attente de 3-4 heures à l’aéroport, avant le vol d’une heure et demie pour YUL. Ici, on parle plutôt de se lever entre 8h et 10h le matin, être aux douanes vers 11h30, prendre son vol à 13h, puis atterrir à YUL direct 12-13 heures plus tard.

On aime moins qu’on interdise formellement d’allumer appareils électroniques à bord, surtout que le choix audio-visuel soit surtout en chinois ou de type plutôt « B » si en anglais (genre Démolition de Jean-Marc Vallée avec Jake Gyllenhaal ou la comédie Keanu). On peut encore y échapper si on écoute juste de la musique. Ah ouais, les prises de courant sous les sièges ne fonctionnaient pas (celles à côté des toilettes en arrière, oui).

Le taux de voyageur de première fois semble plus élevé qu’ailleurs mais on s’en fait pas trop (mélatonine + masque + bouchons pour les oreilles + coussin Muji avec capuchon).

Pour le prix, le plus important des facteurs, ça varie. Je me souviens l’avoir vu à 1400 $US auparavant (ne me rappelle plus de l’époque de l’année), mais il était bien en deça de ce prix en septembre 2016. À la dernière minute, le prix était d’environ 850 $US selon Google Flights.

Vol CA879 PEK-YUL

Air China plane at BCIA

La crisse de pub de St-Hubert avec des Chinois

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Je n’ai pas souvent l’habitude de me défiler quand vient de dénoncer les trucs racistes qui propagent les traits stéréotypes qui passent sur les médias québécois.

Récemment, les restos St-Hubert ont créé une publicité pour leur dernière promotion, en mettant en scène deux propriétaires de restaurant chinois (un couple) qui se plaint de la concurrence que leur fait St-Hubert.

D’abord, je ne crois pas que la pub soit raciste, ou même qu’elle propage quoi que ce soit de stéréotypique. Moi, cette fois-ci, je trouve ça drôle et bon enfant. Le cantonais parlé par les acteurs sonne même authentique (avec un accent du sud-est asiatique, peut⁻être même ?).

Peut-être c’est que je vis maintenant à l’étranger, de surcroît un endroit où je fais maintenant partie de la majorité visible, mais je ne la trouve pas si pire que ça. C’est drôle, peut-on en rire ?

Ce qui n’est toujours pas très drôle par contre, c’est le manque flagrant de représentativité, que ce soit des Chinois d’origine, ou même juste Asiatique en général, dans la sphère publique au Québec. C’est ce qui depuis tant d’années me choque, et c’est pour ça que même de l’autre bout du monde j’étais très content de voir qu’un film comme Être Chinois au Québec ait été fait et ait reçu une diffusion en salle (mais pourquoi pas en ligne, bon sang?).

Y’a des luttes, mais celle du St-Hubert n’en est pas une à mon humble avis. Pour moi, l’affirmation de tous les jours, comme celle qu’on fait lorsqu’on choisit une carrière avec un rôle principal dans les médias ou en politique, c’est ce que je souhaite voir. Pis quand même, tant mieux si l’histoire du St-Hubert peut mobiliser.

Prendre sa place

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Hier soir a eu lieu la 3e édition annuelle du Bal de l’orchidée, organisé par l’AJPC (Association des jeunes professionnels chinois) dans l’atrium de la gare Windsor.

Mes amis Parker Mah et Bethany Or, ainsi que le réalisateur du film Être chinois au Québec, Malcolm Guy, étaient sur place pour recevoir le prix «Coup d’éclat» 2013 de la part de l’AJCP. Il y a sans doute plusieurs communautés chinoises, mais je pense qu’en bout de ligne, on a tous vécu des expériences similaires d’être une minorité visible au Québec. Il y a le pouvoir de l’argent, le pouvoir des relations et le pouvoir des mots, et c’est d’une certaine manière coordonnée ou non que ces communautés chinoises au Québec avanceront et prendront leur place au Québec.

J’appuie avec fermeté ce que Parker a dit, vers les 4:12 de la vidéo, au nom des gens impliqués de proche ou de loin dans le film : prenez votre place dans la sphère publique. «Pourquoi n’y a-t-il pas plus de Chinois impliqués au niveau social et engagés au niveau politique ?», demande Parker aux convives, qui comptaient parmi eux le candidat à la mairie Denis Coderre et la Ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Diane de Courcy.

Prix «Coup d'éclat» et discours pour «Être Chinois au Québec» au Bal de l'orchidée 2013
Parker Mah, Bethany Or et Malcolm Guy reçoivent le prix «Coup d’éclat» 2013 de l’AJPC sous les yeux de Winston Chan, un leader de la communauté chinoise au Québec.

C’était particulier de voir autant de faces asiatiques, plusieurs vieux amis d’époques passées, des gens qu’on a peut-être déjà vu à la tévé.

Les invités au bal sont évidemment ceux et celles qui font partie d’une certaine élite professionnelle de Chinois et d’Asiatiques au Québec. Je ne crois pas en les révolutions, mais le film «Être Chinois au Québec» est un moment marquant, où même les critiques négatives dans un média mainstream, sont des opportunités au dialogue. Je pense que c’est par des petits gestes quotidiens qu’on peut arriver à prendre sa place dans cette société. La prochaine fois que vous pourrez vous impliquer, faites-le.

Le film sera à l’affiche jusqu’au 30 mai au Cinéma du Parc. D’ailleurs, après toutes les séances, des leaders francophones de la communauté chinoise tels que Pascal Robidas, Cathy Wong, May Chiu, Xi Sophie Zhang et Rosalind Wong seront au Cinéma du Parc pour répondre aux questions après le film.

« Être chinois au Québec », ou être entre plusieurs mondes

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C’est avec beaucoup de bruit que sera lancé Être chinois au Québec demain soir. J’ai hâte que ça sorte (même si je n’y serai pas physiquement), parce que ça marque une étape très importante pour la communauté chinois (ou les communautés, au pluriel) dans la sphère publique au Québec.

Je crois que William Dere, celui qui a lutté pour la génération des « Chinois du chemin de fer » sera le plus heureux du lancement de ce film co-réalisé avec Malcolm Guy, collaborateur de longue date et réalisateur et producteur de films à connotation sociale au Québec. Il y a beaucoup de gens qui ont travaillé sur ce film, ou qui apparaissent devant la caméra, qui ont des opinions passionnées sur le fait chinois au Québec.

J’apparais une fois dans le film, lors de la table ronde, et je dis essentiellement ce que je répète sur ce blogue depuis plus de cinq ans : si vous voulez intégrer les sino-québécois, il faut embaucher des sino-québécois dans nos institutions et il faut leur donner de la visibilité dans les médias et la sphère publique. À la télé et dans la culture populaire, on ne veut pas des rôles stéréotypes conçus pour la majorité, style la petite fille chinoise adoptée ou le tenancier de dépanneur. On veut des rôles personnes normales et entières.

Comme je suis dans le domaine des médias (comme journaliste de données / créateur d’applications interactives), je peux vous dire immédiatement que ça ne parait pas que Montréal est une ville multiculturelle si je restais entre quatre murs de mon lieu de travail. Parce que j’ai travaillé à Radio-Canada et à La Presse, et les salles de nouvelles sont blanches, canadiennes-françaises (c’est déjà un peu mieux derrière la caméra ou le panneau d’admin des sites Web). Les collègues sont gentils (et que j’adore réciproquement), accueillants et ne vous traitent pas différemment, mais c’est juste aberrant quand tu portes attention aux bylines ou que lis le générique du TJ. Ceux avec qui j’ai travaillé qui me connaissent en ont probablement déjà discuté avec moi de ça.

Je partage les références culturelles québécoises (je pourrais rire des jokes d’un Bye Bye), et je ne pense pas être le seul qui soit qualifié, par ma connaissance implicite de la culture locale, pour pouvoir travailler dans un média francophone sans avoir à bénéficier de politique de discrimination positive. Pourquoi ne faites-vous pas un effort pour mettre des gens de couleur devant la caméra, le micro ou le clavier à des postes de pointe ? Avez-vous regardé ou écouté CBC dernièrement ?

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Celà dit, je vis à Hong Kong depuis trois ans et demie, et la réalité québécoise, je la vis maintenant à distance, à travers ce que je lis sur LaPresse.ca ou ce que j’écoute sur Bandeapart.fm. Je continue de suivre les choses, mais ma vie de tous les jours c’est Hong Kong, dans la rue et au travail.

C’est une expérience bizarre que d’être dans la majorité visible. Je ne parle pas assez cantonnais pour fonctionner comme un adulte, mais je suis de la « bonne couleur ». On ne me regarde pas croche, comme on regarde croche les Mainlanders ou les gens plus foncés… Ça te met dans la peau de ceux, dans ton pays d’origine (le Québec, dans cet usage), qui sont la majorité. T’as des attitudes différentes, pour ne pas dire ethnocentriques, et tu perçois l’autre différemment. Les questions que j’avais sur mon identité culturelle (comme « C’est où chez toi ? ») ont maintenant plusieurs notes de bas de page supplémentaires (sans qu’il n’y ait réponse).

L’autre bizzareté, que j’avais vécu à plus petite échelle lors de voyages en Chine, c’est la valorisation que je mets sur mon identité purement québécoise, dans le sens « canadienne-française » du terme. Avec une autre Sino-montréalaise rencontrée récemment, on s’identifiait « Canadiens-français », avec un LOL à la fin de la phrase. Mais en fait, je regarde tout ce que je consomme comme culture, et y’a vraiment quelque chose de « canadien-français » : le dernier film vu au cinéma fût le Dolan crû 2012, et pis mon band favori ces jours-ci c’est Avec pas d’casque. C’est vrai qu’il y a quelque chose comme de la fierté nationale et identitaire lorsque je porte mon chandail bleu-blanc-rouge au milieu d’un bar rempli de fan des Canucks.

C’est vrai que des amis m’ont déjà traité de nationaliste pur et dur (je paraphrase) lorsque je me pointe la bine sur Facebook avec un drapeau du Québec bien déplié. C’est peut-être un peu beaucoup. Comme la fois que mon prof d’histoire de secondaire souverainiste ne croyait à ce que je disais lors d’un débat sur les élections référendaires. Je crois que je peux comprendre le fait francophone en Amérique du Nord et que je peux l’expliquer à des Canadiens-anglais d’origine chinoise qui parsèment Hong Kong comme la neige sur une pelouse québécoise en février. Ça me touche, et je ne peux pas l’ignorer même si je suis à l’autre bout du monde.

Cédric avec son petit drapeau fleurdelisé

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Celà dit, même mes parents ne sont pas nés en Chine. C’est mes grands-parents qui le sont. Et eux aussi, ils apprécient leur pays de transition, soit le Madagascar (pour le côté à mon père) et le Viet-Nam (pour le côté à ma mère). Mais le point commun de leur rencontre, c’est la Chine, ou bedon le Québec, ou encore Hong Kong (selon ce qu’ils regardent ces jours-ci, je dirais Hong Kong, mais selon le genre de pain que ma mère achète, je te dirais le Québec et la bonne chère à la française).

Ça ne finira pas et je pourrais en parler longtemps. J’en parle à des amis de partout ici à Hong Kong, et parfois ils comprennent, et parfois non. Tu peux pas non plus le coller sur la chemise tout le temps, parce que ça hurle nationalisme, et Hong Kong a assez de problèmes identitaires comme ça.

Ce problème identitaire à Hong Kong se réglera par inter-mariage. En 2005, une publication du bureau du recensement et de la statistique de Hong Kong indiquait que 16 800 futures mariées de Chine continentale traversaient la frontière pour marier un homme Hongkongais. C’est sans compter ceux qui immigrent déjà par d’autres voies que le mariage et qui finissent par se marier localement (Hong Kong a connu des vagues plus ou moins grandes d’immigration continentale lors de son histoire). Mon père le disait, pis mon petit doigt aussi, que les liens du sang font et défont l’identité.

Je n’ai pas de réponse, mais Être Chinois au Québec, c’est ce que t’en fais finalement. La sagesse commune dit que c’est une richesse. Pour moi, c’est comme de la salade au buffet.

Fête des neiges : retour des yeux bridés !

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Fête des neiges

Ah bin ! C’est le retour des yeux bridés dans le matériel publicitaire de la Fête des neiges 2013 (de surcroît, le 30e anniversaire), affiché à la grandeur de Montréal.

Au cas où vous ne le sauriez pas, les yeux bridés (sans compter les deux dents en avant), c’est une représentation raciste des Asiatiques en 2013, comme ça l’était en 2009 (au moins, ils ont lâché le teint maladif). Tant qu’à faire, mettez-y dont un chapeau pointu en-dessous de sa tuque au ti-gars !

Dites-donc, y’a pas un Asiatique qui travaille dans votre organisation pour vous le dire ? Et les gens responsables de vos pubs, le savent-ils même ?

L’importance du scandale Guo Meimei + Croix-Rouge chinoise

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Au départ, l’histoire de Guo Meimei (郭美美) peut paraître anodine. Une belle fille, d’à peine vingt ans, prend des photos d’elle bien accôtée sur de belles voitures. Elle parle sans retenue de son style de vie flamboyant.

La shit a pogné la fan lorsqu’elle a weiboyé il y a déjà plus de deux semaines qu’elle est une des dirigeantes de la portion commerciale de la Croix-Rouge de Chine (qui n’a rien à voir avec la Croix-Rouge internationale, contrairement à celles de la plupart des pays). Quoi? Qu’est-ce qu’une jeune femme qui devrait encore être à l’université fait-elle à se vanter d’être en haut dans la hiérarchie d’une des plus grandes sociétés charitables de la République populaire de Chine? Était-ce la maîtresse d’un (vrai) dirigeant de la Croix-Rouge?

Elle a depuis effacé tous les messages compromettants de son compte Weibo et nié tout lien avec l’organisme. Pourtant, la tempête médiatique continue de faire rage et sa vie d’adolescente passée la vingtaine reste bien étalée au vu et sû de ses 460 000 suiveux.

Cette histoire est importante parce qu’elle constitue l’exemple parfait de la crise de crédibilité que vivent les organisations en Chine, qu’elles soient commerciales ou caritatives. Si les gens de plus en plus riches en Chine veulent donner de l’argent pour une bonne cause, à qui le donneront-ils, si même la Croix-Rouge peut être corrompue? Celle-ci gère des sommes astronomiques, elle qui a donné 2,8 milliards $US en 2011 à la province du Sichuan.

Les gens ordinaires, la classe moyenne, veulent connaître la vérité. Peut-être qu’à l’étranger, on s’inquiète pour les droits de l’homme ceci, et la démocratie cela. Mais ce qui est encore plus important à mes yeux, c’est la confiance. La confiance qu’on a pour ses institutions, la confiance qu’on a pour ses voisins. Dans la vie ordinaire des gens, de pouvoir truster que ce qu’on achète au supermarché est vraiment ce qui est indiqué sur la boîte, c’est ce qui importe vraiment. Faut commencer au niveau micro.

Alors ils se branchent sur leur Weibo via leur téléphone mobile et consultent les médias en ligne pour savoir s’ils ont été crossés par la Croix-Rouge (qui devrait peut-être apprendre de son synonyme international). Le portail QQ a même consacré une page spéciale pour la jolie demoiselle.

(Voici un bon récapitulatif de toute l’histoire, via ChinaSmack.)

Merci Jacob Tierney, et permets-moi d’ajouter mon grain de sel

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Bon, ça n’arrive pas très souvent que des sujets d’actualité au Québec viennent (encore) me chercher, mais la récente controverse soulevée par Jacob Tierney, réalisateur de The Trotsky et Montréalais anglophone, en tout cas m’a fait réagir tous mes réseaux sociaux (en lisant le dernier Urbania).

Le bal a débuté dimanche, lorsqu’en entrevue à La Presse à Los Angeles, Jacob Tierney lance « Les anglos et les immigrants sont ignorés » (voir lien). Plus tard, il en rajoute, et Marc Cassivi (titrant Aveuglement volontaire) y met son grain de sel, qui contient beaucoup de bon sens.

Pendant ce temps-là, j’essaie de partir la conversation sur mon Facebook, et on me répond longuement, mais sporadiquement.

Ouais, alors mon grain de sel… Je pense qu’on le voit au cinéma, mais on le voit aussi dans toute la sphère publique de la société québécoise, que ce soit en politique, dans les médias ou ailleurs.

Si on se limite qu’au cas des Asiatiques (et même pas celui des Québécois d’origine chinoise, le cas qui m’intéresse), vous ne les voyez jamais dans une série télé, représentant un parti politique de façon sérieuse. Le Canada anglais a toujours eu quelques ministres ou secrétaire d’état d’origine asiatique dans le gouvernement (Bev Oda, par exemple, ou Raymond Chan avant chez les Libéraux).

Dans les médias radio-canadiens, oui Céline Galipeau est à moitié vietnamienne, mais on n’en a aucune idée de ça et de pourquoi elle n’en parle pas, et idem pour Natalie Chung, moitié d’origine coréenne ? Mais à quand un Andrew Chang, le anchor à CBC Montreal ? Ou bien un John Lu qui couvre les Canadiens pour TSN ?

J’ai passé deux ans à Radio-Canada(.ca) et je sais que mes anciens patrons ont essayé. Sylvain Lafrance le présentait année après année dans sa présentation annuelle, qu’il fallait être plus représentatif du Canada, en termes d’embauche de personnes de couleur (je paraphrase, mais c’est ce que j’ai compris). Il y a des gens payés par la CBC/Radio-Canada pour des projets de diversité. Du côté français, je connais pas la personne. Mais en anglais, il s’appelle Alden Habacon et est basé à Vancouver. En plus de travailler pour la CBC à temps très plein (son bureau a été coupé presque en entier au printemps 2009), il est le fondateur du magazine en ligne SchemaMag.ca.

Je félicite aussi la société d’état pour son initiative des 32 blogueurs (dont je fais partie), qui donne un peu de couleur à Radio-Canada.ca.

Mais comme à Radio-Canada.ca ou à Cyberpresse, certaines insensibilités ou erreurs pourraient être évitées si les salles de presse étaient plus représentatives du pluralisme et multiculturalisme de notre société.

Je pense donc qu’on essaie. Mais le manque de main d’oeuvre qualifiée, est-ce que c’est aussi à cause de notre société ? Comment est-ce que ça se fait qu’il n’y a pas plus de journalistes, politiciens, activistes d’origine chinoise dans notre société ? Peut-être, je me suis dit, que c’est à cause du manque de modèles de rôle ? C’est une des raisons qui m’ont poussé à créer la section entrevues Regarde les Chinois de ce blogue, pour desservir cette jeunesse d’origine chinoise/asiatique de ma génération culturellement très québécoise.

En fin de compte, c’est peut-être une question de confiance en soi. Confiance qu’on peut accepter ceux qui arrivent avec leurs différences. Oui, je connais mon répertoire de Beau Dommage et j’aime ça quand La Rue principale est au menu de mon karaoke à Montréal, mais je préfère aussi voir mon quota de mauvais films de Hong Kong et écouter ma musique indépendante chinoise.

Depuis que je vis à Hong Kong, je trouve aussi que je cultive mon côté montréalais francophone beaucoup plus qu’avant, et que j’ai besoin de lire mes médias en ligne produits au Québec et de rencontrer mes amis Québécois exilés ici.

Je pense qu’on doit faire de la place pour des voix différentes, et pas juste dans le cinéma, mais dans toutes nos institutions publiques. Les Chinois, c’est pas juste bon pour tenir des dépanneurs, et les Viets, c’est pas juste des dentistes et médecins (LOL). S’il manque de main-d’oeuvre qualifiée en journalisme, en arts, en politique (ce que j’entends souvent en parlant au monde), c’est peut-être que les conditions ne sont pas là pour encourager les minorités au Québec à s’engager dans ce type de carrières moins concrètes. Ça prend des modèles, et ça prend des opportunités d’emploi réelles je pense.

La fête des Neiges fait les yeux bridés

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La fête des Neiges

La fête des Neiges de Montréal : le petit Asiatique aux yeux bridés

Un peu pour rendre hommage à Angry Asian Man, je voulais me révolter du fait que la fête des Neiges de Montréal ait dessiné le petit Asiatique de son dépliant que j’ai vu tomber de ma Presse avec des yeux bridés et les deux dents d’en-avant qui ressortaient (la seule communaiuté culturelle dans le dépliant d’ailleurs). C’est une représentation stéréotypique, mais aussi, c’est raciste!, comme dirait l’autre.

Je ne peux pas croire qu’à notre époque, qu’on puisse passer des dessins de ce genre. Dans d’autres endroits à une population asiatique plus nombreuse, plus revendicatrice, on se lèverait pour se plaindre. Je trouve ça dommage, quoique ça m’empêchera pas d’aller me les geler à la fête des Neiges…

CBC’s Don Murray on the 19th anniversary of the 6/4 events

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Tian'anmen Square + Gate

Don Murray, former correspondent in Beijing, the first permanent one in the Chinese capital for CBC/Radio-Canada, in 1980, just wrote an essay on the 19th anniversary (already, eh) of the Tian’anmen Square events in 1989. He commented on the Sichuan Earthquake, and made remarks on the government’s role in its coverage by the media.

In places like Hong Kong, tens of thousands of people still participate in the annual “6/4” (which is how it’s called by Chinese, for the date it happened on, June 4th) candlelight vigil.

[I did not realize it when I wrote this piece, but the previous link was actually a translation of a news article by the CCTV, China’s official TV station! Of course, they labeled the event as a commemoration for the Sichuan Earthquake, but made no mention that it was the annual 6/4 vigil too… Again, one of these things about China: if you know about it, good for you; otherwise, it’s none of your business!]

I am quick to highlight the comments left at the bottom of Mr. Murray’s article. They are apparently from Chinese people emigrated to Canada, and point out that what the normal folk wanted from the protests in 1989 was merely a denunciation of corruption, and a better livelihood for the ordinary guy. This has been my reading of the events, also, since watching Gate of the Heavenly Peace (Wikipedia), a documentary made in 1995 by PBS.

Continue reading “CBC’s Don Murray on the 19th anniversary of the 6/4 events”

Très naïve, très stupide: une révolution par le bas

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Gillian Chung

Depuis seize jours que le scandale de photos explicites impliquant Edison Chen, chanteur, acteur, idole, et des artistes féminines très connues de Hong Kong fait rage dans le monde sinophone. Vancouverois d’origine, Chen, 27 ans, se serait fait subtiliser des photos et vidéos de son Macbook rose lors d’une opération d’entretien. D’une certaine manière, il a confirmé que c’était bel et bien ses photos en postant une vidéo la semaine dernière sur son blogue personnel (en anglais bien West Coast).

Mon site favori de nouvelles traduites en anglais, ESWN, couvre admirablement bien ce que les médias sinophones racontent sur le scandale. Dans ses mots, l’auteur du blogue, Roland Soong, un résident de Hong Kong qui a vécu 32 ans auparavant aux États-Unis, décrit comment même la crise du SRAS en 2003 n’avait pas réussi à monopoliser une si grande attention médiatique. Depuis seize jours consécutifs, le scandale fait la une des grands journaux de Hong Kong.

Dans les médias locaux, on est loin de faire dans la critique vide. Un éditorial publié dans le Apple Daily, genre de Journal de Montréal avec une certaine crédibilité journalistique, et s’accaparant le deuxième rang au niveau des copies vendues à Hong Kong, fustigeait la starlette Gillian Chung du duo pop Twins (à gauche sur la photo) pour ses prises de position pour la chasteté, pendant qu’elle se retrouvait les quatre fers en l’air avec Chen. L’auteur tente de démontrer que la vie privée des personalités publiques devenait l’affaire de tout le monde au moment où ils utilisent leur célébrité pour faire avancer des idées sur la place publique, comme c’était le cas de Chung.

Cette sorte de réaction n’est sans trop se rappeler l’affaire du « Très jaune, très violent », alors qu’une étudiante du secondaire déclara cela sur les ondes de CCTV à propos de choses qu’elle aurait trouvé sur le web. Une foule netcitoyenne hostile s’était soulevée, écorchant à la fois la jeune fille de façon sauvage, mais également la culture de l’aseptisé qui domine la société chinoise. Chung déclairait être « Très naïve, très stupide » lors de sa première apparition en public depuis que l’affaire n’éclata. À la différence que ce qu’on discute surtout en ligne, dans les médias non officiels en Chine, à Hong Kong, on se permet de le faire au grand jour.

Ce n’est pas tellement que les Chinois sont plus prudes ou quoi que ce soit, mais bien que tout le monde est aussi sensible à l’hypocrisie, qu’on soit en Amérique ou en Chine. Britney Spears vs. Paris Hilton : l’une de ces carrières vole plus haut que l’autre.

Si cette histoire intéresse tellement de gens, c’est bien sûr d’abord et avant tout parce que le sexe, ça vend, surtout quand c’est des célébrités. Mais si on découvre qu’Edison Chen était de connivence avec la publication des photos, alors on pensera que c’est un autre Chinois d’outre-mer (comme Daniel Wu, avec Heavenly Kings) complètement tanné de vivre dans le monde super-photoshoppé du divertissement populaire de Hong Kong.