Archive for the ‘Société / Society’ Category

Prendre sa place

Monday, May 27th, 2013

Hier soir a eu lieu la 3e édition annuelle du Bal de l’orchidée, organisé par l’AJPC (Association des jeunes professionnels chinois) dans l’atrium de la gare Windsor.

Mes amis Parker Mah et Bethany Or, ainsi que le réalisateur du film Être chinois au Québec, Malcolm Guy, étaient sur place pour recevoir le prix «Coup d’éclat» 2013 de la part de l’AJCP. Il y a sans doute plusieurs communautés chinoises, mais je pense qu’en bout de ligne, on a tous vécu des expériences similaires d’être une minorité visible au Québec. Il y a le pouvoir de l’argent, le pouvoir des relations et le pouvoir des mots, et c’est d’une certaine manière coordonnée ou non que ces communautés chinoises au Québec avanceront et prendront leur place au Québec.

J’appuie avec fermeté ce que Parker a dit, vers les 4:12 de la vidéo, au nom des gens impliqués de proche ou de loin dans le film : prenez votre place dans la sphère publique. «Pourquoi n’y a-t-il pas plus de Chinois impliqués au niveau social et engagés au niveau politique ?», demande Parker aux convives, qui comptaient parmi eux le candidat à la mairie Denis Coderre et la Ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Diane de Courcy.

Prix «Coup d'éclat» et discours pour «Être Chinois au Québec» au Bal de l'orchidée 2013

Parker Mah, Bethany Or et Malcolm Guy reçoivent le prix «Coup d’éclat» 2013 de l’AJPC sous les yeux de Winston Chan, un leader de la communauté chinoise au Québec.

C’était particulier de voir autant de faces asiatiques, plusieurs vieux amis d’époques passées, des gens qu’on a peut-être déjà vu à la tévé.

Les invités au bal sont évidemment ceux et celles qui font partie d’une certaine élite professionnelle de Chinois et d’Asiatiques au Québec. Je ne crois pas en les révolutions, mais le film «Être Chinois au Québec» est un moment marquant, où même les critiques négatives dans un média mainstream, sont des opportunités au dialogue. Je pense que c’est par des petits gestes quotidiens qu’on peut arriver à prendre sa place dans cette société. La prochaine fois que vous pourrez vous impliquer, faites-le.

Le film sera à l’affiche jusqu’au 30 mai au Cinéma du Parc. D’ailleurs, après toutes les séances, des leaders francophones de la communauté chinoise tels que Pascal Robidas, Cathy Wong, May Chiu, Xi Sophie Zhang et Rosalind Wong seront au Cinéma du Parc pour répondre aux questions après le film.

Journeys

Saturday, March 23rd, 2013

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When I traveled home for a visit during the Christmas holiday of 2010-11, I took a free afternoon to visit the Canadian Centre for Architecture‘s temporary exhibit at the time, Journeys: How travelling fruit, ideas and buildings rearrange our environment. Journeys was about the idea of travelling ideas and the people and things that circulate around the world to create the hybridized spaces we live in.

The curators organized the exhibition around examples of places that demonstrated how natural things (cucumbers, coconuts) and ideas (Old South residences in Liberia, Italian granite expertise in Vermont) traveled to enrich their environments. For instance, Japanese settlers in the post-war era of the 1950s went to Bolivia to experiment with agriculture, opening sections of jungle, starting with rice, but eventually going with other crops.

Hong Kong, the place I call home for the past three years, is the epitome of migrating cultures, ideas and fruits. Established as a British colony, the now Special Administrative Region has always been a place of transit for people and knowledge (and money), where things never quite stay the same (see 2046 and Culture and the Politics of Disappearance).

Hong Kong is one of those places where the land was established fairly recently (it ain’t Rome), and at the same time sees different cultures, ideas attach themselves, merge, mix and remix. People often stay in Hong Kong on transit, leave and come back.

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What’s a “cucumber”? The European Economic Community has a definition for that.

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Some Newfoundlanders move their homes to follow the source of their livelihood: fish.

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Freed slaves “colonized” Liberia, reestablishing the power structures they experienced in America.

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The bungalow: symbol of colonial power and occupation.

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Skilled labour from Piedmont and Lombardy transformed the granite industry in New England during the late 19th century.

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Building the Saint Lawrence Seaway in the 1950s was an opportunity for planning the new town of Iroquois.

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The Bijlmermeer was a modernist city built in the 1960s, only fully settled in the 1970s by Surinamese immigrants.

My family has been out of China since my grandparents. Probably because my parents were born in different places, we didn’t fully embrace the proxy culture (Madagascar and Vietnam) as much as some of my cousin’s families did, and took Hong Kong as a default ancestral home. And like a lot of Hongkongers (which we’re not even), our actual ancestral home is somewhere else. Right now, I would say that after three years, Montreal and everything that goes with it is my home. There’s nonetheless something familiar about Hong Kong, in such ways that I wouldn’t feel as comfortable living in Beijing or Taipei, say.

« Être chinois au Québec », ou être entre plusieurs mondes

Friday, February 15th, 2013

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C’est avec beaucoup de bruit que sera lancé Être chinois au Québec demain soir. J’ai hâte que ça sorte (même si je n’y serai pas physiquement), parce que ça marque une étape très importante pour la communauté chinois (ou les communautés, au pluriel) dans la sphère publique au Québec.

Je crois que William Dere, celui qui a lutté pour la génération des « Chinois du chemin de fer » sera le plus heureux du lancement de ce film co-réalisé avec Malcolm Guy, collaborateur de longue date et réalisateur et producteur de films à connotation sociale au Québec. Il y a beaucoup de gens qui ont travaillé sur ce film, ou qui apparaissent devant la caméra, qui ont des opinions passionnées sur le fait chinois au Québec.

J’apparais une fois dans le film, lors de la table ronde, et je dis essentiellement ce que je répète sur ce blogue depuis plus de cinq ans : si vous voulez intégrer les sino-québécois, il faut embaucher des sino-québécois dans nos institutions et il faut leur donner de la visibilité dans les médias et la sphère publique. À la télé et dans la culture populaire, on ne veut pas des rôles stéréotypes conçus pour la majorité, style la petite fille chinoise adoptée ou le tenancier de dépanneur. On veut des rôles personnes normales et entières.

Comme je suis dans le domaine des médias (comme journaliste de données / créateur d’applications interactives), je peux vous dire immédiatement que ça ne parait pas que Montréal est une ville multiculturelle si je restais entre quatre murs de mon lieu de travail. Parce que j’ai travaillé à Radio-Canada et à La Presse, et les salles de nouvelles sont blanches, canadiennes-françaises (c’est déjà un peu mieux derrière la caméra ou le panneau d’admin des sites Web). Les collègues sont gentils (et que j’adore réciproquement), accueillants et ne vous traitent pas différemment, mais c’est juste aberrant quand tu portes attention aux bylines ou que lis le générique du TJ. Ceux avec qui j’ai travaillé qui me connaissent en ont probablement déjà discuté avec moi de ça.

Je partage les références culturelles québécoises (je pourrais rire des jokes d’un Bye Bye), et je ne pense pas être le seul qui soit qualifié, par ma connaissance implicite de la culture locale, pour pouvoir travailler dans un média francophone sans avoir à bénéficier de politique de discrimination positive. Pourquoi ne faites-vous pas un effort pour mettre des gens de couleur devant la caméra, le micro ou le clavier à des postes de pointe ? Avez-vous regardé ou écouté CBC dernièrement ?

***

Celà dit, je vis à Hong Kong depuis trois ans et demie, et la réalité québécoise, je la vis maintenant à distance, à travers ce que je lis sur LaPresse.ca ou ce que j’écoute sur Bandeapart.fm. Je continue de suivre les choses, mais ma vie de tous les jours c’est Hong Kong, dans la rue et au travail.

C’est une expérience bizarre que d’être dans la majorité visible. Je ne parle pas assez cantonnais pour fonctionner comme un adulte, mais je suis de la « bonne couleur ». On ne me regarde pas croche, comme on regarde croche les Mainlanders ou les gens plus foncés… Ça te met dans la peau de ceux, dans ton pays d’origine (le Québec, dans cet usage), qui sont la majorité. T’as des attitudes différentes, pour ne pas dire ethnocentriques, et tu perçois l’autre différemment. Les questions que j’avais sur mon identité culturelle (comme « C’est où chez toi ? ») ont maintenant plusieurs notes de bas de page supplémentaires (sans qu’il n’y ait réponse).

L’autre bizzareté, que j’avais vécu à plus petite échelle lors de voyages en Chine, c’est la valorisation que je mets sur mon identité purement québécoise, dans le sens « canadienne-française » du terme. Avec une autre Sino-montréalaise rencontrée récemment, on s’identifiait « Canadiens-français », avec un LOL à la fin de la phrase. Mais en fait, je regarde tout ce que je consomme comme culture, et y’a vraiment quelque chose de « canadien-français » : le dernier film vu au cinéma fût le Dolan crû 2012, et pis mon band favori ces jours-ci c’est Avec pas d’casque. C’est vrai qu’il y a quelque chose comme de la fierté nationale et identitaire lorsque je porte mon chandail bleu-blanc-rouge au milieu d’un bar rempli de fan des Canucks.

C’est vrai que des amis m’ont déjà traité de nationaliste pur et dur (je paraphrase) lorsque je me pointe la bine sur Facebook avec un drapeau du Québec bien déplié. C’est peut-être un peu beaucoup. Comme la fois que mon prof d’histoire de secondaire souverainiste ne croyait à ce que je disais lors d’un débat sur les élections référendaires. Je crois que je peux comprendre le fait francophone en Amérique du Nord et que je peux l’expliquer à des Canadiens-anglais d’origine chinoise qui parsèment Hong Kong comme la neige sur une pelouse québécoise en février. Ça me touche, et je ne peux pas l’ignorer même si je suis à l’autre bout du monde.

Cédric avec son petit drapeau fleurdelisé

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Celà dit, même mes parents ne sont pas nés en Chine. C’est mes grands-parents qui le sont. Et eux aussi, ils apprécient leur pays de transition, soit le Madagascar (pour le côté à mon père) et le Viet-Nam (pour le côté à ma mère). Mais le point commun de leur rencontre, c’est la Chine, ou bedon le Québec, ou encore Hong Kong (selon ce qu’ils regardent ces jours-ci, je dirais Hong Kong, mais selon le genre de pain que ma mère achète, je te dirais le Québec et la bonne chère à la française).

Ça ne finira pas et je pourrais en parler longtemps. J’en parle à des amis de partout ici à Hong Kong, et parfois ils comprennent, et parfois non. Tu peux pas non plus le coller sur la chemise tout le temps, parce que ça hurle nationalisme, et Hong Kong a assez de problèmes identitaires comme ça.

Ce problème identitaire à Hong Kong se réglera par inter-mariage. En 2005, une publication du bureau du recensement et de la statistique de Hong Kong indiquait que 16 800 futures mariées de Chine continentale traversaient la frontière pour marier un homme Hongkongais. C’est sans compter ceux qui immigrent déjà par d’autres voies que le mariage et qui finissent par se marier localement (Hong Kong a connu des vagues plus ou moins grandes d’immigration continentale lors de son histoire). Mon père le disait, pis mon petit doigt aussi, que les liens du sang font et défont l’identité.

Je n’ai pas de réponse, mais Être Chinois au Québec, c’est ce que t’en fais finalement. La sagesse commune dit que c’est une richesse. Pour moi, c’est comme de la salade au buffet.

Lancement du documentaire « Être chinois au Québec » le 15 février 2013

Tuesday, January 29th, 2013

Être chinois au Québec

« Être chinois au Québec », ce road movie mettant en vedette mes amis Parker Mah et Bethany Or sortira finalement au tournant du nouvel an chinois ! Après une longue et parfois difficile gestation, le documentaire sera projeté vendredi le 15 février au Centre communautaire et culturel chinois du Quartier chinois de Montréal. Le film les envoie aux quatre coins du Québec afin de découvrir ce qu’est l’identité chinoise sur cette terre francophone.

Les Chinois ont une présence marquée au Québec depuis le temps du chemin de fer à la fin du siècle. Les vagues d’immigration toutes aussi particulières les unes des autres seront évoquées dans le documentaire.

Voici ce que le co-réalisateur Malcolm Guy a envoyé hier par voie de courriel.

Chers amis et amies,

Le film auquel vous avez si aimablement participé, « Être chinois au Québec » réalisé par Malcolm Guy et William Ging Wee Dere et produit par Productions Multi-Monde est enfin prêt à être présenté au public!

Le lancement du film aura lieu le vendredi 15 février 2013, de 19h à 22h, au Centre communautaire et culturel chinois de Montréal. Les portes ouvriront à 19h et la présentation du film (version bilingue) débutera à 19h30.

La projection sera suivie d’une séance de questions-réponses avec les réalisateurs et les participants au film.

La présentation du film se fera au coût de 5$, contribution volontaire à la porte suggérée, ce qui nous aidera à défrayer les frais de la salle. Des amuses-gueules et des rafraîchissements seront servis avant et après la projection du film et une exposition de photos réalisées par Parker Mah sera présentée durant la soirée.

Plus d’infos sur le blogue officiel du film: http://etrechinoisauquebec.net/

Voici la bande-annonce qui date déjà d’un peu plus d’un an:

Malcolm Guy et William Dere sont des collaborateurs de longue date, ayant ensemble travaillé ensemble dans les années 90 sur les films Gens du pays: Chinese in Quebec et La montagne d’or, avant de renouer pour realiser Être chinois au Québec.

Ce film, par son niveau de production, marque une étape importante pour la communauté chinoise au Québec. J’ai très hâte de voir comment il sera reçu par le grand public.

Également faisant partie de l’équipe du film, la Hongkongaise d’origine, Wai-yin Kwok, collabore présentement avec l’équipe de Radio-Canada.ca Rive-Sud pour produire une expérience Web qui sera diffusé d’ici le nouvel an chinois dans deux semaines.

Être Chinois au Québec

Sunday, August 7th, 2011

Avec @bethany_or @thought_cast @malguy @multimonde pour un doc sur les Chinois du Québec #chinoisqc)

Some of my old friends in Montreal have been working on a documentary about Chinese people in Quebec. They interviewed people ranging from new immigrants to people with up to four generations in Quebec/Canada. (Read their blog Être Chinois au Québec)

Depuis plusieurs semaines, quelques-uns de mes vieux amis à Montréal s’affairaient sur un projet de film documentaire sur les Chinois au Québec. (Voir leur blogue Être Chinois au Québec)

Dans le temps, Parker et Bethany (premier et troisième à partir de la droite sur la photo) et moi faisions partie d’une sorte de club social chinois, qui se réunissait parfois pour des soirées mah jong (plus Settlers of Catan, et des quantités variables d’alcool et de bouffe) ou des aventures culinaires dans le second Chinatown de Montréal.

Je suis vraiment content de les avoir retrouvés sur ce projet (une amie de l’époque a aussi fait la recherche). L’idée de faire un tel film vient de William Dere et Malcolm Guy, connus pour avoir travaillé ensemble sur La Montagne d’Or (Moving the Mountain) il y a presque vingt ans, un docu qui parlait entre autres de la taxe d’entrée qui toucha les immigrants d’origine chinoise au Canada jusqu’en 1947.


Le film précédent de William Dere et Malcolm Guy, La Montagne d’Or

Samedi, l’équipe de William et Malcolm nous a filmés et interviewé ensemble, notre ancien “club social chinois”, avec quelques additions. Nous étions au Mon Nan, un restaurant chinois, style cantonais (dont la spécialité est un canard de pékin, trois cuissons). Dimanche, ça a été un peu plus intime, lorsque l’équipe et moi sommes rencontrés à Côte-des-Neiges, un quartier où j’ai grandi — non pas comme résident, mais comme étudiant du Cégep.

Tout au long des entrevues, j’ai mis de l’avant cette idée que la télévision et le cinéma québécois francophone n’était pas représentatif de la minorité chinoise et/ou asiatique. C’est une constatation que j’ai eu pour plusieurs années déjà, et c’est qu’en général, les visages asiatiques à la télé faisaient abstraction des gens comme moi, nés et grandis au Québec, quelque peu fier du (précieux) bagage accumulé au fil des années. Je constate par exemple que les seuls asiatiques des grandes séries télévisées récentes au Québec sont largement des petites Chinoises adoptées par des familles québécoises (Annie et ses hommes, Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Les Bougon, 30 vies) ou des gangsters (Casino). Bon, je n’ai pas tout ratissé, mais je suis quand même persuadé que pas tous les Asiatiques ou Chinois au Québec sont adoptés, quand même!

L’autre, c’était dans les médias d’information. En particulier, dans ceux que je regarde (ou regardais, lorsque je vivais à Montréal), manquent énormément d’Asiatiques à des postes névralgiques. Pendant que les Anglais ont des Asiats comme anchor (Andrew Chang à CBC Montréal) ou comme journaliste couvrant les Canadiens (John Lu à TSN), je ne peux imaginer du tout la même chose se produire dans le Canada français. (La presse écrite n’y échappe pas, si on fait le tour dans les grands quotidiens montréalais, par exemple.)

Je pensais aussi qu’en général, je n’ai pas vécu de racisme, étant donné que je parlais français aussi bien que tout le monde, et que je prends les choses généralement relax. Je pense que le vrai problème est plus dans l’inclusion de nos minorités dans la sphère publique, ce qui veut dire en politique, dans les médias, et dans nos institutions publiques. Bon, c’est dit. Et j’espère qu’on en verra un peu de ça bien découpé dans le film.

L’importance du scandale Guo Meimei + Croix-Rouge chinoise

Friday, July 8th, 2011

Au départ, l’histoire de Guo Meimei (郭美美) peut paraître anodine. Une belle fille, d’à peine vingt ans, prend des photos d’elle bien accôtée sur de belles voitures. Elle parle sans retenue de son style de vie flamboyant.

La shit a pogné la fan lorsqu’elle a weiboyé il y a déjà plus de deux semaines qu’elle est une des dirigeantes de la portion commerciale de la Croix-Rouge de Chine (qui n’a rien à voir avec la Croix-Rouge internationale, contrairement à celles de la plupart des pays). Quoi? Qu’est-ce qu’une jeune femme qui devrait encore être à l’université fait-elle à se vanter d’être en haut dans la hiérarchie d’une des plus grandes sociétés charitables de la République populaire de Chine? Était-ce la maîtresse d’un (vrai) dirigeant de la Croix-Rouge?

Elle a depuis effacé tous les messages compromettants de son compte Weibo et nié tout lien avec l’organisme. Pourtant, la tempête médiatique continue de faire rage et sa vie d’adolescente passée la vingtaine reste bien étalée au vu et sû de ses 460 000 suiveux.

Cette histoire est importante parce qu’elle constitue l’exemple parfait de la crise de crédibilité que vivent les organisations en Chine, qu’elles soient commerciales ou caritatives. Si les gens de plus en plus riches en Chine veulent donner de l’argent pour une bonne cause, à qui le donneront-ils, si même la Croix-Rouge peut être corrompue? Celle-ci gère des sommes astronomiques, elle qui a donné 2,8 milliards $US en 2011 à la province du Sichuan.

Les gens ordinaires, la classe moyenne, veulent connaître la vérité. Peut-être qu’à l’étranger, on s’inquiète pour les droits de l’homme ceci, et la démocratie cela. Mais ce qui est encore plus important à mes yeux, c’est la confiance. La confiance qu’on a pour ses institutions, la confiance qu’on a pour ses voisins. Dans la vie ordinaire des gens, de pouvoir truster que ce qu’on achète au supermarché est vraiment ce qui est indiqué sur la boîte, c’est ce qui importe vraiment. Faut commencer au niveau micro.

Alors ils se branchent sur leur Weibo via leur téléphone mobile et consultent les médias en ligne pour savoir s’ils ont été crossés par la Croix-Rouge (qui devrait peut-être apprendre de son synonyme international). Le portail QQ a même consacré une page spéciale pour la jolie demoiselle.

(Voici un bon récapitulatif de toute l’histoire, via ChinaSmack.)

Emoi: Lifestyle design made in China

Monday, March 7th, 2011

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If you are familiar with Muji, you will understand what aesthetics Emoi is referring to. I was travelling to Shenzhen this weekend and stayed a night at the city’s YHA Youth Hostel located in an art and culture district called OCT-LOFT (if you know 798, it’s kinda Shenzhen’s equivalent of it).

In short, I was walking down one of alleys during the evening and saw this brightly lit shop with large windows and very minimalistic counters reminiscent of a Apple and Ikea. It was called emoi, which translates in French as “ruckus”. As many of my friends know, I’ve been looking for a new bag for months, and it seems like emoi had the answer to my quest. I liked the style and I liked the design. I particularly stuck on the wool felt bags, because I never saw bags made with such a material and that were not necessarily a women’s bags/handbag.

It was the first time I encountered this brand, but at least two of my (designer) classmates had bought products from emoi. One of them had a wool felt wallet, which ages very nicely, like a fleece sweater would. I guess that even if not unique, one of the nice thing to see is that it is a domestic store, from mainland China. We will perhaps see more and more of these original stores made in China, and before long, Chinese companies will help drive design and innovation internationally.

Sina Weibo, juste un clone chinois de Twitter ? Pas si vite…

Monday, December 6th, 2010

Screenshot-李开复的微博 新浪微博-隨時隨地分享身邊的新鮮事 - Google Chrome

Sina Weibo, en avez-vous déjà entendu parler ? Ce réseau de micro-blogues du style Twitter compte déjà 40 million d’utilisateurs en à peu près 18 mois d’existence, surtout répartis en Chine continentale. Jeudi dernier, j’ai publié un billet sur mon blogue The Rice Cooker qui comparait Twitter et son émule chinois.

En termes de contenu, la langue chinoise écrite est beaucoup plus compacte que les langues basées sur l’alphabet romain : un ou deux caractères chinois représentent à peu près un mot dans une langue européenne. C’est évident qu’à cause de ça, Weibo ressemble étrangement à un service de blogue sur le speed.

L’interface de Weibo est elle-même beaucoup mieux pensée que celle de Twitter, reprenant justement des idées du blogue en format long (avec des commentaires attachés aux articles) et puis un système de « retweet » qui permet beaucoup facilement de remonter la discussion sur un sujet en particulier.

Le fait de faire elle-même le hosting des photos fait également une grosse différence dans la circulation d’information. Le contenu de Weibo est très peu politique et très très orientée sur les personnes riches et célèbres (évidemment), mais a tout de même vu émerger des histoires intéressantes comme l’incident de Yihuang. Qian Gang, directeur du China Media Project à HKU, a près de 1.8 million de lecteurs abonnés à son micro-blog sur QQ.com.

Sina, la compagnie derrière Weibo (qui signifie « micro-blog » en chinois), est un géant de l’Internet en Chine (et dans la sinosphère), offrant aussi des services de blogues et de portail. Plutôt méconnues en Occident, ces compagnies (comme Tencent, avec son produit de messagerie instantanée QQ) copient au départ ce qui sort de Silicon Valley, mais finissent inévitablement par innover et améliorer. Leur incroyable volume d’utilisateurs font également de leurs produits des véhicules publicitaires hors-pair. Sina Weibo embauche d’ailleurs des célébrités pour que ceux-ci aient leurs micro-blogues sur leur réseau, plutôt que celui de QQ.

La montée de Sina et Tencent dans le domaine des micro-blogues n’est pas une coïncidence : ils ont tous deux été lancées l’année dernière, dans les mois qui ont suivi le bloquage de Twitter et de son clone chinois le plus populaire, Fanfou.com. Ce dernier est justement revenu du royaumme des sites perdus la semaine dernière.

It’s Chinese to Me

Tuesday, November 16th, 2010

Screenshot-It's Chinese To Me - Mozilla Firefox-1

While I’m here in Hong Kong working on online social networks in China, I thought it was a very interesting case of cosmic coincidence to come across an art project made out of Montreal using the Chinese online sphere and language parsing.

It’s Chinese to Me is an online installation by Montreal-based artist Ellen Tang, along with programmers Alexandre Quessy, Yan Chen, Louis-Philippe Huberdeau. The application chooses writings from female bloggers in China, splits up the characters into tokens (words of one or two characters), and does a search on Flickr. It then presents the pictures superimposed with the words, offering an interesting way of translating and seeing what these women are talking about, without necessarily having to know Chinese.

Coincidentally, I found out this week that women represented 55-57% of all users on Sina Weibo (the “Chinese Twitter”) using a sample of the most popular users from all regions of China. Might not seem a lot, but we’re talking about a 10-14% difference versus men…

東宮西宮 East Wing West Wing & Les parlementeries

Saturday, August 28th, 2010

Quebec: Les parlementeries

Les parlementeries is a mid-late-90s comedy show that marked my youth growing up in Quebec. Two dozens of stand-up comedians would play the roles of fictional politicians in a parliament context, often based on their own trademark character.

The “Parlementeries” title is itself a play on word, being a portmanteau of “parliament” and “lying” in French.

One of the YouTube videos I found featured an insult match between both “black” and “white” parties and their representatives, all pretty much household fictional characters impersonated by the best comedians of the time, many of which are still active today.

After a ten-year hiatus since 1997-98, Les parlementeries came back to the theatre in 2008, although received a bit of lukewarm welcome from reviewers. You can find many clips over on YouTube.

Hong Kong: 東宮西宮 East Wing West Wing

東宮西宮九/十大九官inception:looks like a comedy show poking fun at the govt (guy at far right is chi ef exec Donald Tsang)

A little by chance, I saw this bus stop advertisement at Central Piers on 東宮西宮. After figuring out the characters and googling, I realized that this was in fact their ninth edition already!

This is a trailer made for their next show coming in late September. The advert is a spoof of Inception, but I don’t know what the show will contain. The title for this edition is 十大九官. Literally it means the ten big nine officials. But apparently the two last characters 九官 (nine officials) is the name for mockingbird in Chinese!

The big difference between 東宮西宮 East Wing West Wing and Les parlementeries is that the former involves real-life politicians from the executive council. Hong Kong might not have universal suffrage, but it can poke fun at its top politicians! Perhaps because of that, the focus is perhaps a little more political and focused on real-issues (rather than being of death matches between comedians on general-interest topics).

You will find lots of videos of this comedy show on the Internet. The ubiquitous figure with the bow-tie is Donald Tsang.

In previous years, real-life progressive legislative council member Tanya Chan even participated in the play. You can think of her as the darling of social liberals. She played a leading role in the play in September 2009.

東宮西宮 East Wing West Wing also has a Facebook page.

Le défi Octopus: un mois sans utiliser d’argent sonnant

Sunday, August 1st, 2010

Octopus

La carte Octopus (lien Wikipédia) est la carte à puce rechargeable sans contact à Hong Kong depuis son lancement en 1997. D’abord utilisée comme mode de paiement dans le MTR, le métro et réseau de trains de Hong Kong, l’Octopus est devenue presque de la monnaie électronique. Dans les points de service du MTR, mais aussi dans n’importe quel 7-Eleven ou Circle K (des dépanneurs) de la ville, on peut recharger sa carte avec de l’argent comptant.

Et on peut aussi l’utiliser presque partout, que ce soit dans les restaurants, au supermarché ou même chez le coiffeur, tant qu’ils sont munis d’un terminal Octopus. La firme qui a créé l’Octopus est une joint venture entre les cinq plus importantes compagnies de transport de Hong Kong. Octopus Cards Limited s’est d’ailleurs retrouvée dans l’eau chaude cette semaine, lorsqu’elle a reconnu avoir vendu des données à caractère personnel à des compagnies, qui les auraient ensuite repassé à d’autres.

(Avec les Octopus personnalisées, on s’en sert aussi dans les écoles pour prendre les présences à l’entrée, et dans certains complexes résidentiels pour la vérification à l’entrée.)

Comme résident de Hong Kong, je peux « personnaliser » ma carte et l’associer à ma carte de crédit. C’est l’Automatic Add Value Machine System (AAVS). Lorsqu’une transaction amène ma balance sous zéro, le système le détecte et charge automatiquement 250$HK (33$CAD) sur ma VISA.

Donc, je me lance le défi de ne pas utiliser d’argent sonnant durant tout le mois d’août. Je vous dirai au courant du mois ce que ça donne…

***

(I’m going to try living without ringing cash in August, and just use my Octopus or bank cards. I dedicate this to our collective hatred towards having those cupronickel $5 and $10 in our wallets…)

Hua Qiang Bei (华强北) – Electronics market in Shenzhen

Monday, July 5th, 2010

Hua Qiang Bei - Electronics city in Shenzhen

Hua Qiang Bei - Electronics city in Shenzhen

We went to Shenzhen last weekend, to watch the game, eat some barbecue, and in my case, visit the electronics market, Hua Qiang Bei (华强北). Located in Central Shenzhen, right by the Metro station of the same name, Hua Qiang Bei is a commercial boulevard with almost a kilometre lined with two or three layers of multi-storied malls, mainly selling electronics, but also children goods and jewellery (like, each entire mall was themed). I was one day impressed with Sham Shui Po and Akihabara, but this is completely out of this world.

Laptops, cellphones, cell phone accessories, fake iPads (running Android, for about RMB600 or US$85), gadgets and all of the rest that has electric/electronic components in it could be found there. If you know that the Pearl River Delta region is currently the world’s factory, it is not at all surprising to find such a place in Shenzhen.

Because I was so overwhelmed, I didn’t buy anything, except a bunch of replacement batteries for my energy-leeching phone. You won’t find crazy deals, but you will find about anything to be found in electronics.

Will be back there with my renminbi later this year…

La télé bouddhiste 24/7 à Taïwan : vous aussi vous seriez tannés des moines en tunique orange

Monday, April 12th, 2010

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La trash-télé, c’est pas une exclusivité de l’Amérique du Nord! Sur les 110 chaînes de télé câblée à Taiwan, on en trouve pas mal, de la marde. Chaînes continues de débats, de filles en bikini qui jouent à des jeux, de conseils économiques à l’aide de graphiques sur des planches en carton, en veux-tu, en v’là. Mais une catégorie se démarque particulièrement, et j’ai nommé, la télévision religieuse.

Après une soirée à zapper à Taiwan, finie l’image du moine sympathique à la Dalaï-Lama. Les moines accoutrés de leur tunique couleur orangée sont des têtes parlantes qui déblatèrent 24 heures sur 24, sept jours sur sept. La plus « connue », ou bien celle que je reconnais, c’est la première ci-dessus. Le type diffuse également à Hong Kong, alors que j’ai aperçu ses posters affichées près du quai à Lamma.

Puis pour votre info, il s’agit de Life TV. Le nom du maître m’échappe.

(Étrangement, je n’ai pas vu de chaînes chrétiennes, même si Taiwan a une minorité d’environ 5% de toutes sortes de religions judéo-chrétiennes. Faut dire que les bouddhistes constituent 35% de la population taiwanaise.)

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Ensuite, vous avez BLTV, ou Beautiful Life Television, ni plus ni moins. Le maître parlait super lentement, et avait la face en grimace pendant tout le long.

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Un autre, dont je ne peux lire les caractères en haut à droite de l’écran.

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Non satisfaits de parler toute la journée à la télé, le reste du temps, leurs chaînes jouent ces animations qui donnent de la crédibilité à leur personnage.

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Finalement, c’est pas juste les hommes qui font de la télé bouddhistes. Y’avait cette bonne femme avec une grosse monture, qui était entourée de statuettes de Bouddha…

Bakery renewal or when urban renovation goes through the stomach

Sunday, January 3rd, 2010

Pâtisserie chinoise La Légende - Quartier Chinois / Chinatown Montréal
Pâtisserie La Légende 麗晶餅屋 undergoing renovations

Pâtisserie Callia - Quartier Chinois / Chinatown Montréal
Pâtisserie-restaurant Callia (嘉莉/麵包茶餐聽)

Quartier Chinois / Chinatown Montréal
Side of Pâtisserie Harmonie 麵包蜜語

Whereas the Chinese “food scene” (you can hardly call it a food scene when a city lacks quality Beijing and Shanghai cuisine) in 2009 has been dominated with the arrival of numerous restaurants and eateries opened by Mainland Chinese immigrants in Montreal’s new Chinatown, that of the traditional Chinatown on De la Gauchetière (between St-Urbain and Clark) was mostly revamped in the past two years with new Cantonese-owned shops, three of which happen to be bakeries.

Already in the winter of 2008, Harmonie (麵包蜜語) shook Montreal’s Chinese bakery standards by opening at the corner of St-Urbain and De la Gauchetière. Buns left to die on a colourless counter were a thing of the past. Now, Chinese pastries and other bite-size delicacies or cakes would be served in a decor on par with at least what you would see in Hong Kong or other larger Chinatowns of North America: lit-up counters, uniformed staff, floral decorations.

A year later in April 2009, a first competitor Restaurant Callia (嘉莉) was opened (by the family owning Chinese restaurant Keung Kee) across the street. It added the dining space and kitchen that Harmonie did not have, serving Hong Kong’s famed Cha chaan teng-style food of milk tea, beef brisket noodles and Italian noodles in Cantonese sauce, under big TV screens spouting soaps from TVB.

Now on my last visit of Chinatown during the Holidays, I noticed that my grandparents’ favourite (and personal longtime favourite, for lack of anything else) M.M. Légende took over the trendy “Asian-style” clothing store next door and hid behind wooden planks as it is undergoing renovations. For the past two years, I believe that it was to become the first casualty of the Callia/Harmonie combination. So instead, it renamed itself as Pâtisserie La Légende (麗晶餅屋) and decided to expand. Follow-ups would be greatly appreciated!

Maybe now this first casualty would be Dobe & Andy (right under of Kam Fung) if they don’t change. I’m now curious to see what is going to happen with this new huge space for a cha chaan teng, in spite of more restaurant space made available with the imminent inauguration of Plaza Swatow (長盛廣場).

Saturation, or serious signs of Chinese Montrealers moving back to Chinatown? My opinion is that this will largely depend on affordable parking space made available in the area from the Swatow building. Right now, paid parking is prohibitively expensive (no incentive as in downtown Montreal) and free spots can only be found four or five blocks away. A pleasure for nearby residents and public transit users, but a chore for a certain class of car-going suburbanites that I grew up with…

De la Gauchetière - Quartier Chinois / Chinatown Montréal

Not quite there yet

Sunday, December 6th, 2009

Outside Exchange Square

Outside Exchange Square

Outside Exchange Square on a (early) Sunday morning

This is an unfamiliar sight on a Sunday morning in Exchange Square, in Central, Hong Kong. Normally, these are prime spots for Filipina maids to take on the only day off of the week for many of them.

In Hong Kong, Central (and Victoria Park too) is known as the hang-out places for domestic helpers, who otherwise live with their employers. You can picture it as Hong Kong’s financial heart being transformed into a sort of outdoor bazaar.

The note to make is that it was barely 8AM when I took this picture this morning, which explains everything. However, you could already see a few people preparing their spots, or at least reserving theirs.