Il y a trois ans, je me faisais couper à Radio-Canada…

2012-03-23 | Cedric Sam

Quel sujet. J’y pense encore, surtout depuis quelques semaines, alors que des anciens collègues, des amis de la CBC/Radio-Canada parlent des prochaines coupes à la société d’état.

Je vis maintenant à Hong Kong, où j’ai trouvé mon “job de rêve”, à travailler avec ceux que je lisais, que je suivais, lorsque j’étais encore à Montréal en train de rêver de la Chine. Lors d’un grand 5 à 7 à l’hiver 2009, je disais à voix haute que partir en Chine serait quelque chose que je voudrais faire avant d’être trop vieux.

De retour en mars 2009. Tout le monde était nerveux et inquiet de la situation. En fait, travailler à Radio-Canada c’est pas super pour les nerfs. J’étais sur des contrats de six mois, neufs mois, qui se renouvellaient quelques semaines à l’avance. En fin mars, autour du 25 je crois, les dirigeants de CBC/Radio-Canada (c’était soit Sylvain Lafrance ou Hubert Lacroix lui-même) avait une allocution sur la télé interne. Tous les employés dans la Grande Tour Brune étaient rivés sur leur écran cathodique. Le nôtre était tout petit, sur une étagère. Ça a peut-être duré une trentaine de minutes. Pour faire cliché, c’était comme la description à un derby de démolition.

Le directeur de notre section, Martin Delisle, est apparu près de mon bureau, m’a prié de venir discuter avec lui au sien. C’est là que j’ai su. À la fin des années 80, il avait lui-même été victime de coupes, pour être rappelé quelques mois (ou années?) plus tard. Je pouvais donc comprendre comment des cadres radio-canadiens de longue date comme lui peuvent se sentir lorsqu’ils doivent eux-mêmes porter la hache.

Comment rationaliser? Que l’ont ait alloué des fonds pour m’embaucher en 2007 et que soudainement on devait en trouver d’autres ailleurs?

Je suis resté à bord beaucoup plus longtemps que je croyais. Mon espérance de vie était limitée, mais en fin de compte je suis resté jusqu’en début septembre 2009, avec seulement la fin août sans paie, après vacances, 4%, etc. Des collègues sont venus me repêcher deux fois. Une fois, ça avait duré une semaine, lorsque l’équipe de support eut besoin de mes services en fin août. L’autre fois a été avec Bande à part, qui occupe (ou occupait?) la moitié gauche du 15e étage de la tour. L’année dernière, j’ai constaté via médias sociaux et la programmation de mi-2011 que l’équipe de BAP a été complètement charcutée. LRT, le patron à l’époque qui était venu me chercher, et que j’ai revu lors de ma visite à R-C à l’été 2011, avait lui aussi été reassigné à un autre projet. Sans savoir ce qui se passe vraiment, je m’identifie à l’équipe de BAP, ou de son fantôme, en ces temps d’apocalypse imminente. Des gens qui ont à peu près de mon âge, qui ont été balancés aux quatre coins de la programmation, qui continuent de faire le métier qu’ils aiment.

Cela dit, fin 2009 a été la fin pour moi. J’ai pris une chance et me suis acheté un billet d’avion pour Hong Kong à 10 jours d’avance en fin septembre. J’ai eu une grande fête d’anniversaire / de semi-adieux à mon appartement, et le 30 septembre au matin je m’envolais pour Hong Kong. Je suis arrivé le 1er octobre, journée de fête nationale chinoise. Mon bus de l’aéroport entrait dans le port de Hong Kong pendant qu’on célébrait à grands coups de feux d’artifice. Pour une ouverture dramatique, on ne pouvait pas choisir mieux.

Je suis resté chez ma tante dix jours, puis chez un ami torontois un autre dix jours, avant de m’installer dans un appartement qui devait être temporaire, sur l’île de Lamma. En fin novembre, j’ai trouvé un emploi à l’école de journalisme de l’Université de Hong Kong, et j’y suis depuis deux ans et quelques mois.

Il y a une semaine, ma première patrone à l’université, une vétéran journaliste d’origine anglaise qui a entre autres dirigé le bureau hongkongais de Reuters, est décédée d’une longue et brave lutte contre le cancer. Mercredi soir, nous avons eu une veillée au Foreign Correspondents Club en sa mémoire. J’ai pensé que si je n’avais pas été coupé à Radio-Canada, je ne serais sans doute pas là, parmi la classe journalistique de la ville où j’ai rêvé de vivre pendant toute la vingtaine.

Une des conséquences intéressantes de ma délocalisation à Hong Kong: je n’écoute presque que des nouvelles de Montréal, soit via Radio-Canada (radio, Web) ou LaPresse.ca. J’ai aussi arrêté d’écouter de la musique chinoise, mais je connais tous les nouveaux groupes qui tournent à Bande à part. De la même façon que j’ai été branché à la culture et aux nouvelles en provenance de Hong Kong, de Chine, je suis maintenant presque toujours connecté aux médias canadiens et québécois. Comme je me faisais ami avec des Chinois d’origine à Montréal, je me fais maintenant un devoir d’inviter à une bière tout Québécois de passage ou vivant à Hong Kong.

Je remarque aussi autour de moi tous ces gens de mon âge, d’origine chinoise, asiatique, qui retournent dans le pays de leurs ancêtres, avec des rêves, idées préconçues, et qui découvrent comme moi, jour après jour, comment c’est de faire le chemin inverse. Ce n’est pas comme Monsieur Lazhar, car nous l’avons facile: on peut parler anglais (et français) parfaitement, et on n’est pas déraciné ou perdus sans point de référence. Hong Kong, c’est familier, et c’est facile, dans le sens que les institutions sont fortes et l’anglais est encore une langue officielle.

Quand je suis allé voir Monsieur Lazhar, avec ma voisine française de sang moitié-maghrebine, qui ira d’ailleurs travailler à Montréal bientôt, j’ai eu des relans de nostalgie de la vie “back home”. La neige, les écoles bâties dans les années 60-70, les toilettes d’école avec le grand lavabo collectif avec la pédale pour actionner, les grandes machines à laver.

***

La plupart des anciens collègues à Radio-Can en 2007-2009 sont passés à LaPresse.ca, encore pour parler de l’entente secrète Gesca-RC. Mais pour ceux qui sont resté, je comprends ce qui se passe chez vous. Quel est le rôle de l’état avec ses médias publics, etc.?

Avant Greg Smith, il y a eu Kai Nagata, qui a claqué la porte de CTV l’été dernier (2011). Il était un ancien de la radio anglaise à Montréal. Il y a quelques mois, Kai a posté une merveilleuse vidéo sur l’avenir du média d’état.

C’était quand même assez génial. On m’a dit à l’époque, en 2009, que vu que le Web ne faisait pas d’argent, la télé générait les revenus pour faire rouler R-C.ca, et tout ça. Je ne sais pas si c’est vrai. Je n’ai pas les chiffres en main, mais le principe de transformer le diffuseur public pour miser sur l’Internet, ça fait du bon sens.

Bonne veillée!

Re-visiting Ge’an, my ancestral village

2012-01-15 | Cedric Sam

My French cousin Olivier was in Hong Kong, so we decided to go up together to our ancestral village of Ge’an (葛岸村/Got’ngon in Cantonese), up in the Pearl River Delta, just kilometers south of Guangzhou (Canton). Ge’an is now completely gobbled up by the city of Foshan (佛山市/Fotsan), a satellite of the provincial capital. It is in Lecong Town (樂從鎮) of Shunde District (順德區/Shundak) in Foshan City.

I visited our village for the first time in 2005, and more recently talked about it on this blog back in 2008. The town changed a lot in 6 years, and so did I. I didn’t live in South China and my Cantonese was not up to today’s level. I couldn’t properly communicate with Uncle Chi Tong (my dad’s cousin). For instance, I only fully understood this time around that this uncle, who was slightly younger than my dad was actually born here. He immigrated to Madagascar before turning 2, and grew up in Hong Kong afterwards.

My grandpa was apparently the more adventurous one, of the two brothers who lived under this house. Uncle Chi Tong’s father stayed in China until the mid-1950s, before joining his brother in Tananarive (now Antananarivo), Madagascar, to operate in the grocery store business.

Our family later left Madagascar entirely. The younger brother (my paternal grandfather) joined my dad in Canada. The older brother went to Hong Kong. Unwittingly, my mom’s family also comes from the agglomeration of Foshan, but after passing through Vietnam…

My cousin initiated the trip, because he had never travelled to China before, let alone visit his ancestral village. My impressions was that the house will one day crumble, but that it was very well preserved despite not having anyone live there for about half a century (maybe squatters?). The home even had some wiring for electricity, so it may have been less than half a century.

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So, we went inside the house, and unlike last time, even ventured on the top floor. We must say that the house is in pretty bad shape, and that the walls are cracking all over the place. Non-renovated wood floors in subtropical climate equals accelerated decay. There were pots stored, chairs and other simple furniture like stools and some chairs and drawers. I thought we should’ve taken something, because we wouldn’t have a chance to go back soon. But we didn’t, perhaps too busy taking photos.

The house could’ve been anymore, since there were no indication that it was ours, except that we knew the address. But we picked up some pieces of paper from my uncle’s parents’ drawers clearly identifying our family. There were letters to Tananarive that were never sent (the address on the envelope was in French! Which is probably pretty neat for South Chinese peasants of the time), my grand-aunt’s talc powder and some of my uncle’s official papers (he was surprised to find them too) with passport-size photos of his family members.

Also, we found dog shit all over the place, and there were some small paper cups left near a bottle of moonshine. There were also construction materials left near the house’s entrance, perhaps by workers who thought the house abandoned (as it was so).

Surely now with the improved state of public transportation in the region, we could find our way back there pretty easily. A metro line was just built between Guangzhou and Foshan, and the travel time between Central in Hong Kong to Foshan a tiny two hours, if you don’t count the time at the border and waiting between trains. Yep.

Être chinois au Québec…un trailer

2011-11-20 | Cedric Sam

Eh oui, une bande-annonce (préliminaire, on imagine) est sortie pour le film Être chinois au Québec (titre temporaire), road-trip de Bethany Or et Parker Mah.

67e édition du tournoi de volleyball invitation chinois d’Amérique du Nord à Montréal

2011-08-25 | Cedric Sam

Mon frère participera avec son équipe à un grand tournoi de volleyball qui réunira à Montréal plus de 1500 joueurs d’origine chinoise de partout en Amérique du Nord, lors de la fin de semaine de la fête du travail.

L’histoire de cet événement est très intéressante. Le tournoi avait d’abord été fondé par des travailleurs d’origine chinoise de Boston et de Providence en 1935. Des équipes de partout aux États-Unis et au Canada ont joint la compétition au fil des années. En 1986, Montréal a accueilli son premier tournoi, marquant le début d’une rotation entre six villes.

Le fait qui frappe le plus? Pour être admise au tournoi, deux-tiers des joueurs d’une équipe doivent être “100% chinois”.

J’étais déjà assez fasciné lorsque mon frère m’a dit que le tournoi avait réquisitionné le Palais des congrès de Montréal. Ce n’est pas quelque chose qui m’attire d’emblée (étant tellement un grand sportif), mais je ressens une certaine fierté de savoir que Montréal a une communauté chinoise jeune (que je ne connais pas vraiment), et qui a les reins assez solides pour organiser un événement d’une telle ampleur.

Être Chinois au Québec

2011-08-07 | Cedric Sam

Avec @bethany_or @thought_cast @malguy @multimonde pour un doc sur les Chinois du Québec #chinoisqc)

Some of my old friends in Montreal have been working on a documentary about Chinese people in Quebec. They interviewed people ranging from new immigrants to people with up to four generations in Quebec/Canada. (Read their blog Être Chinois au Québec)

Depuis plusieurs semaines, quelques-uns de mes vieux amis à Montréal s’affairaient sur un projet de film documentaire sur les Chinois au Québec. (Voir leur blogue Être Chinois au Québec)

Dans le temps, Parker et Bethany (premier et troisième à partir de la droite sur la photo) et moi faisions partie d’une sorte de club social chinois, qui se réunissait parfois pour des soirées mah jong (plus Settlers of Catan, et des quantités variables d’alcool et de bouffe) ou des aventures culinaires dans le second Chinatown de Montréal.

Je suis vraiment content de les avoir retrouvés sur ce projet (une amie de l’époque a aussi fait la recherche). L’idée de faire un tel film vient de William Dere et Malcolm Guy, connus pour avoir travaillé ensemble sur La Montagne d’Or (Moving the Mountain) il y a presque vingt ans, un docu qui parlait entre autres de la taxe d’entrée qui toucha les immigrants d’origine chinoise au Canada jusqu’en 1947.


Le film précédent de William Dere et Malcolm Guy, La Montagne d’Or

Samedi, l’équipe de William et Malcolm nous a filmés et interviewé ensemble, notre ancien “club social chinois”, avec quelques additions. Nous étions au Mon Nan, un restaurant chinois, style cantonais (dont la spécialité est un canard de pékin, trois cuissons). Dimanche, ça a été un peu plus intime, lorsque l’équipe et moi sommes rencontrés à Côte-des-Neiges, un quartier où j’ai grandi — non pas comme résident, mais comme étudiant du Cégep.

Tout au long des entrevues, j’ai mis de l’avant cette idée que la télévision et le cinéma québécois francophone n’était pas représentatif de la minorité chinoise et/ou asiatique. C’est une constatation que j’ai eu pour plusieurs années déjà, et c’est qu’en général, les visages asiatiques à la télé faisaient abstraction des gens comme moi, nés et grandis au Québec, quelque peu fier du (précieux) bagage accumulé au fil des années. Je constate par exemple que les seuls asiatiques des grandes séries télévisées récentes au Québec sont largement des petites Chinoises adoptées par des familles québécoises (Annie et ses hommes, Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Les Bougon, 30 vies) ou des gangsters (Casino). Bon, je n’ai pas tout ratissé, mais je suis quand même persuadé que pas tous les Asiatiques ou Chinois au Québec sont adoptés, quand même!

L’autre, c’était dans les médias d’information. En particulier, dans ceux que je regarde (ou regardais, lorsque je vivais à Montréal), manquent énormément d’Asiatiques à des postes névralgiques. Pendant que les Anglais ont des Asiats comme anchor (Andrew Chang à CBC Montréal) ou comme journaliste couvrant les Canadiens (John Lu à TSN), je ne peux imaginer du tout la même chose se produire dans le Canada français. (La presse écrite n’y échappe pas, si on fait le tour dans les grands quotidiens montréalais, par exemple.)

Je pensais aussi qu’en général, je n’ai pas vécu de racisme, étant donné que je parlais français aussi bien que tout le monde, et que je prends les choses généralement relax. Je pense que le vrai problème est plus dans l’inclusion de nos minorités dans la sphère publique, ce qui veut dire en politique, dans les médias, et dans nos institutions publiques. Bon, c’est dit. Et j’espère qu’on en verra un peu de ça bien découpé dans le film.

L’importance du scandale Guo Meimei + Croix-Rouge chinoise

2011-07-08 | Cedric Sam

Au départ, l’histoire de Guo Meimei (郭美美) peut paraître anodine. Une belle fille, d’à peine vingt ans, prend des photos d’elle bien accôtée sur de belles voitures. Elle parle sans retenue de son style de vie flamboyant.

La shit a pogné la fan lorsqu’elle a weiboyé il y a déjà plus de deux semaines qu’elle est une des dirigeantes de la portion commerciale de la Croix-Rouge de Chine (qui n’a rien à voir avec la Croix-Rouge internationale, contrairement à celles de la plupart des pays). Quoi? Qu’est-ce qu’une jeune femme qui devrait encore être à l’université fait-elle à se vanter d’être en haut dans la hiérarchie d’une des plus grandes sociétés charitables de la République populaire de Chine? Était-ce la maîtresse d’un (vrai) dirigeant de la Croix-Rouge?

Elle a depuis effacé tous les messages compromettants de son compte Weibo et nié tout lien avec l’organisme. Pourtant, la tempête médiatique continue de faire rage et sa vie d’adolescente passée la vingtaine reste bien étalée au vu et sû de ses 460 000 suiveux.

Cette histoire est importante parce qu’elle constitue l’exemple parfait de la crise de crédibilité que vivent les organisations en Chine, qu’elles soient commerciales ou caritatives. Si les gens de plus en plus riches en Chine veulent donner de l’argent pour une bonne cause, à qui le donneront-ils, si même la Croix-Rouge peut être corrompue? Celle-ci gère des sommes astronomiques, elle qui a donné 2,8 milliards $US en 2011 à la province du Sichuan.

Les gens ordinaires, la classe moyenne, veulent connaître la vérité. Peut-être qu’à l’étranger, on s’inquiète pour les droits de l’homme ceci, et la démocratie cela. Mais ce qui est encore plus important à mes yeux, c’est la confiance. La confiance qu’on a pour ses institutions, la confiance qu’on a pour ses voisins. Dans la vie ordinaire des gens, de pouvoir truster que ce qu’on achète au supermarché est vraiment ce qui est indiqué sur la boîte, c’est ce qui importe vraiment. Faut commencer au niveau micro.

Alors ils se branchent sur leur Weibo via leur téléphone mobile et consultent les médias en ligne pour savoir s’ils ont été crossés par la Croix-Rouge (qui devrait peut-être apprendre de son synonyme international). Le portail QQ a même consacré une page spéciale pour la jolie demoiselle.

(Voici un bon récapitulatif de toute l’histoire, via ChinaSmack.)

Comment est-ce que j’écoute la série Canadiens-Bruins à Hong Kong ?

2011-04-17 | Cedric Sam

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Je me lève à 7h du mat, j’allume NHL Gamecenter Live sur mon téléphone, et je regarde le Twitter en même temps.

Comme NHL.com n’offre que des feeds américains, j’y vais all-in avec l’offre de NESN. :) C’est beau de les entendre rager.

Je me fais des toasts et me prends un thé.

The Chinese Canadian vote, poll by poll

2011-04-14 | Cedric Sam

Aside from being the proud owner of CommeLesChinois.ca, I am also a computer/media/data specialist. Recently, I launched an updated version of my election maps with Cyberpresse. The map was designed using results by polling division from previous elections, the smallest available division for electoral results. Each of these polls has about 200-500 people living in them, and you can basically know what your block (if you live in the city) tends to vote for.

The consequence is voyeurism for political junkies. And I also like to go play with the maps, and decided to assemble a bunch of interesting ridings with relatively a strong proportion of Canadians of Chinese origin living in them. For that, I used Pundits’ Guide‘s fantastic tool for finding census data divided by riding.

I found that the Richmond riding, south of Vancouver was in fact the most “Chinese” (based on the 2006 census), with 50.2% of the population declared to be Chinese. The 2008 map is not in fact interesting, but juxtaposed with the 2006, shows the dramatic shift from Liberals (rep. by former cabinet minister Raymond Chan) to the Conservatives (Alice Wong). 2006 was when the Liberals lost power to Stephen Harper’s Conservatives.

Richmond 2006
Richmond in 2006…

Richmond 2008
…and in 2008

Some ridings were won or lost by a hair. In the Vancouver area, the closest race happened in Vancouver South, the third most Chinese riding of the country (43.7%), where the MP is a Liberal, former health minister Ujjal Dosanjh. He won the last election by 20 votes.

The map by polls succeeds in showing that the vote was in fact hugely clustered among neighbourhoods. I don’t know the geography of Vancouver very well, but I’m almost certain that the strong groupings of red and blue (deeper the color, larger the margin of victory in a polling division) represent opposed socio-economical groups.

Vancouver South
Vancouver South in 2008

Brossard--La Prairie
Brossard–La Prairie in 2008

The Montreal region’s most Chinese riding comes at a lowly 32nd position, with Westmount–Ville-Marie, a largely downtown riding. Brossard–La Prairie on the South Shore is in fact what people in Montreal recognize as the “Asian suburb”. With 7.5% Chinese, it is still a far cry from Toronto or Vancouver’s suburbs.

The contrast in the map is striking, but expected. The northern portion of the riding is Brossard, where a large Asian population lives and where the Liberal vote is concentrated. La Prairie to the south tends to be typical “450″, middle-class French Canadian, seems to be voting Bloc. The race for this suburban riding was won by as little as 69 votes.

Oak Ridges--Markham
Oak Ridges–Markham in 2008

Markham--Unionville
Markham–Unionville in 2008

In some other cases, the municipalities are split over different ridings. Markham, with one of the largest Chinese populations in the Toronto area, is comprised within the ridings of Oak Ridges–Markham (Conservative) and Markham–Unionville (Liberal).

(Fellow Montrealer living in Hong Kong Christopher DeWolf also wrote a post on his website Urbanphoto.net about the use of this map for street by street vote analysis.)

More on Cyberpresse…

Emoi: Lifestyle design made in China

2011-03-07 | Cedric Sam

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If you are familiar with Muji, you will understand what aesthetics Emoi is referring to. I was travelling to Shenzhen this weekend and stayed a night at the city’s YHA Youth Hostel located in an art and culture district called OCT-LOFT (if you know 798, it’s kinda Shenzhen’s equivalent of it).

In short, I was walking down one of alleys during the evening and saw this brightly lit shop with large windows and very minimalistic counters reminiscent of a Apple and Ikea. It was called emoi, which translates in French as “ruckus”. As many of my friends know, I’ve been looking for a new bag for months, and it seems like emoi had the answer to my quest. I liked the style and I liked the design. I particularly stuck on the wool felt bags, because I never saw bags made with such a material and that were not necessarily a women’s bags/handbag.

It was the first time I encountered this brand, but at least two of my (designer) classmates had bought products from emoi. One of them had a wool felt wallet, which ages very nicely, like a fleece sweater would. I guess that even if not unique, one of the nice thing to see is that it is a domestic store, from mainland China. We will perhaps see more and more of these original stores made in China, and before long, Chinese companies will help drive design and innovation internationally.

Kam Kuen Food 金卷: Lamma condiment shop opened by Montrealers

2011-01-17 | Cedric Sam

Kam Kuen Food (November 2009)

I always thought I was the only Lamma resident of Chinese origin from Montreal. Well, that’s no longer the case.

You might think that in an overcrowded city of seven million people like Hong Kong, you would not know your neighbours. This is not true on Lamma Island, a sparsely populated locality of about 6,000 people, where it was in fact my cross-balcony neighbour who tipped me on other Montrealers living on Lamma.

I wanted to make a fresh dish of tofu tonight, and needed to buy a good chili oil. I remembered about the Chinese condiments shop on the main street that my neighbour was telling me about, stopped there on my way home, found the chili oil I wanted, and started chatting with the two owners, who confirmed their Montreal origin. In fact, they were as surprised as I was originally, saying how small the world is.

The lady said she grew up in Montreal, and finished her university there. I was told they were even of one of Lamma’s old families. Montreal has a tiny Chinese community compared with Toronto (or even Calgary, a much smaller city) and it’s always remarkable to find other Montrealers settling back here in Hong Kong. Some like actress Christy Chung (鍾麗緹) and Cantopop singer Denise Ho (何韻詩) even achieved household-name level of success here.

I’ll have to chat longer with these newly found Lamma-Montrealers next time. This island is definitely a place where you can’t possibly be anonymous in your immediate physical environment.

They are called Kam Kuen (金卷), Golden Roll in English, and are situated on the main street, next door to Green Cottage cafe, and diagonally across from Emily’s ice cream parlour. The small pot of chili oil with garlic was HK$20 (CA$2.54), and they said that they had a new variety of chili oil that also contains dried shrimp (蝦米) and smelled just like it — grandma would probably like it. Now that I know that the owners have a Montreal connection, I can probably feel good about buying tourist stuff from Lamma to bring back to my folks back home (it’s all made by hand in their shop)… G/F 32A, Yung Shue Wan Main Street, Lamma Island. Phone: +852 29820812

…now, how exactly can you use chili oil? With wonton noodles is a good idea, and stir-frys too. But tonight, it was, like I said, for cold tofu:

Bloc de tofu

Sauce pimentée faite sur l'île de Lamma... par des Hongkongais d'origine montréalaise !

Tofu chinois frais et huile pimentée

Dim sum à deux mondes opposés

2010-01-02 | Cedric Sam


新興食家 San Hing Sek Ka, Kennedy Town, Hong Kong


Tong Por, Ville Saint-Laurent, Montréal

Inside Swatow Plaza

2010-01-01 | Cedric Sam

Swatow Plaza opened about five months ago on Boulevard St-Laurent in Montreal’s Chinatown. It took three years to build, but its biggest would-be tenants have yet to move in, such as the Japanese restaurant on the ground floor, and a Chinese restaurant at its very top.

In the meanwhile, small boutiques are occupying the first floor. The alleys are wide and shops are arranged in alcoves. My impression upon visiting on a Thursday night before Christmas was that the boutique area on the first floor had too many people behind the counter than people shopping. Being on a first floor when the second and ground floor didn’t have shops open added to the awkwardness.

Foggy morning on the ferry

2010-12-19 | Cedric Sam

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The day before the very cold two days in Hong Kong (13℃ during the day and 7℃ at night in urban areas), there was an episode of fog for most of the day of Tuesday…

Sina Weibo, juste un clone chinois de Twitter ? Pas si vite…

2010-12-06 | Cedric Sam

Screenshot-李开复的微博 新浪微博-隨時隨地分享身邊的新鮮事 - Google Chrome

Sina Weibo, en avez-vous déjà entendu parler ? Ce réseau de micro-blogues du style Twitter compte déjà 40 million d’utilisateurs en à peu près 18 mois d’existence, surtout répartis en Chine continentale. Jeudi dernier, j’ai publié un billet sur mon blogue The Rice Cooker qui comparait Twitter et son émule chinois.

En termes de contenu, la langue chinoise écrite est beaucoup plus compacte que les langues basées sur l’alphabet romain : un ou deux caractères chinois représentent à peu près un mot dans une langue européenne. C’est évident qu’à cause de ça, Weibo ressemble étrangement à un service de blogue sur le speed.

L’interface de Weibo est elle-même beaucoup mieux pensée que celle de Twitter, reprenant justement des idées du blogue en format long (avec des commentaires attachés aux articles) et puis un système de « retweet » qui permet beaucoup facilement de remonter la discussion sur un sujet en particulier.

Le fait de faire elle-même le hosting des photos fait également une grosse différence dans la circulation d’information. Le contenu de Weibo est très peu politique et très très orientée sur les personnes riches et célèbres (évidemment), mais a tout de même vu émerger des histoires intéressantes comme l’incident de Yihuang. Qian Gang, directeur du China Media Project à HKU, a près de 1.8 million de lecteurs abonnés à son micro-blog sur QQ.com.

Sina, la compagnie derrière Weibo (qui signifie « micro-blog » en chinois), est un géant de l’Internet en Chine (et dans la sinosphère), offrant aussi des services de blogues et de portail. Plutôt méconnues en Occident, ces compagnies (comme Tencent, avec son produit de messagerie instantanée QQ) copient au départ ce qui sort de Silicon Valley, mais finissent inévitablement par innover et améliorer. Leur incroyable volume d’utilisateurs font également de leurs produits des véhicules publicitaires hors-pair. Sina Weibo embauche d’ailleurs des célébrités pour que ceux-ci aient leurs micro-blogues sur leur réseau, plutôt que celui de QQ.

La montée de Sina et Tencent dans le domaine des micro-blogues n’est pas une coïncidence : ils ont tous deux été lancées l’année dernière, dans les mois qui ont suivi le bloquage de Twitter et de son clone chinois le plus populaire, Fanfou.com. Ce dernier est justement revenu du royaumme des sites perdus la semaine dernière.

Found: 1970s Hong Kong Tourist Association Official Guidebook

2010-12-05 | Cedric Sam

1978 HK Tourism Association Official Guidebook
Hong Kong Tourism Association Official Guidebook (circa 1977)

Before leaving for Hong Kong, I brought with me this copy of an “official guidebook” distributed by the Hong Kong Tourist Association (香港旅遊協會), the precursor of the Hong Kong Tourism Board (香港旅遊發展局). My dad had given it to me some time ago when he was digging up his junk, and presumably picked it up when he and my mom got married in 1977, at the Lee Gardens Hotel, where the Manulife Plaza now stands (see map).

Flipping through it, I saw that the exchange rate was HK$4.70 for each US$1, compared with the HK$7.77 pegged rate today. It was during a short period of nine years when the Hong Kong dollar floated.

1978 HK Tourism Association Official Guidebook
Lee Gardens Hotel, Causeway Bay, Hong Kong (circa 1973)

Hong Kong Island in the 1970s
View of the Harbour in late 1973

1977 HK Tourism Association Official Guidebook
“Because only Pan Am fly the new Boeing 747SP”

Hong Kong Tourist Association Official Guidebook (1976-77)
Visit places like Tiger Balm Gardens in Tai Hang

And now the racier parts

Hong Kong Night Life
Hong Kong Night Life

Escort / call-girl ads in a 1970s HK Tourism Association Official Guidebook
54 D’Aguilar Street, that’s at the middle of today’s Lan Kwai Fong

Do I need to say that this is an official guidebook produced for and endorsed by a government-funded organisation?

Advertisement

1970s camera advertisement
The Nikkormat EL was Nikon’s first electronic camera…

1970s camera advertisement
…but my dad was actually a fan of Minolta and had one similar to the one in this advert. On the right, Braun also made video cameras with sound…

1974-78 HK Tourism Association Official Guidebook
Wearing real fur in the 1970s was still very politically correct. I mean, look at this, it’s imported from Scandinavia!

The Dark Side

Kowloon in the 1970s
View of Kowloon in the 1970s

1974-77 HK Tourism Association Official Guidebook
“Public transport in the 80s.” The Cross-Harbour tunnel and the MTR were still just a project… Wikipedia has a clearer map of the first MTR line that would open in 1979 between Central (Chater) and Kwun Tong. Other retro station names: Waterloo (Yau Ma Tei) and Argyle (Mong Kok).

1974-77 HK Tourism Association Official Guidebook
Finally, we found that the publishers of the booklet, Kwun Tong based A-O-A Offset Press Limited is in business!