The Election

2014-11-22 | Cedric Sam

HKTV's Election

C’est en grande pompe qu’a été lancée cette semaine la chaîne HKTV ici à Hong Kong. Dans une jurisdiction où seulement deux compagnies peuvent diffuser par la voie des airs, HKTV vient tout chambouler avec une programmation de haute qualité. N’ayant pu obtenir une licence, HKTV est une télévision gratuite sur le Web. La curiosité suscitée par HKTV est telle que le site a planté lors du lancement mercredi soir, en plus de battre des records pour le volume de transfert de données sur l’Internet hongkongais selon HKIX.

Une des offres les plus attendues de HKTV était « The Election » (選戰), une série dramatique sur fond d’élection directe du chef de l’exécutif de Hong Kong en 2022. De ce que je sais, les drames politiques au petit écran, malgré le succès de leurs équivalents occidentaux, n’existent pas (ou passent sous le radar) à Hong Kong. Election raconte le récit de la veuve d’un politicien apparemment décédé le soir de l’élection précédente de 2017 et qui décide cinq ans plus tard de se présenter elle-même. Son opposant présumé (on en est qu’au deuxième épisode, diffusé aujourd’hui samedi le 22 novembre) est un politicien à la Frank Underwood — mais les mauvaises langues diront que le personnage a été basé sur Jasper Tsang. Les deux rôles sont tenus par des vétérans du cinéma chinois et hongkongais, Angelica Lee Sin-je (The Eye) et Liu Kai-chi (Infernal Affairs).

Pour ce qui est de l’intrigue, elle nous laisse parfois sur notre faim lorsqu’on est habitué aux séries occidentales. Un punch à la fin du premier épisode et on se demande si c’était pas déjà un peu too much. Par contre, si on ne se nourrit que de séries TVB, la qualité de production de The Election nous rappelle que Hong Kong n’est pas une capitale cinématographique pour rien. On échappe cependant pas à la musique hyper-dramatique, comme si c’était devenu nécessaire pour guider le public hongkongais.

Le sujet de la série arrive également à point, avec Occupy Central (le mouvement des ombrelles) qui entrera demain dans sa neuvième semaine et dont l’enjeu principal est justement la formule de la prochaine élection du chef de l’exécutif en 2017. C’est véritablement un vent d’air frais dans le système quasi-monopolistique de la production télévisuelle à Hong Kong et du peu d’audace dans les séries produites à Hong Kong.

La crisse de pub de St-Hubert avec des Chinois

2014-06-07 | Cedric Sam

Je n’ai pas souvent l’habitude de me défiler quand vient de dénoncer les trucs racistes qui propagent les traits stéréotypes qui passent sur les médias québécois.

Récemment, les restos St-Hubert ont créé une publicité pour leur dernière promotion, en mettant en scène deux propriétaires de restaurant chinois (un couple) qui se plaint de la concurrence que leur fait St-Hubert.

D’abord, je ne crois pas que la pub soit raciste, ou même qu’elle propage quoi que ce soit de stéréotypique. Moi, cette fois-ci, je trouve ça drôle et bon enfant. Le cantonais parlé par les acteurs sonne même authentique (avec un accent du sud-est asiatique, peut⁻être même ?).

Peut-être c’est que je vis maintenant à l’étranger, de surcroît un endroit où je fais maintenant partie de la majorité visible, mais je ne la trouve pas si pire que ça. C’est drôle, peut-on en rire ?

Ce qui n’est toujours pas très drôle par contre, c’est le manque flagrant de représentativité, que ce soit des Chinois d’origine, ou même juste Asiatique en général, dans la sphère publique au Québec. C’est ce qui depuis tant d’années me choque, et c’est pour ça que même de l’autre bout du monde j’étais très content de voir qu’un film comme Être Chinois au Québec ait été fait et ait reçu une diffusion en salle (mais pourquoi pas en ligne, bon sang?).

Y’a des luttes, mais celle du St-Hubert n’en est pas une à mon humble avis. Pour moi, l’affirmation de tous les jours, comme celle qu’on fait lorsqu’on choisit une carrière avec un rôle principal dans les médias ou en politique, c’est ce que je souhaite voir. Pis quand même, tant mieux si l’histoire du St-Hubert peut mobiliser.

Le cristal chinois (BBQ) 水天一色/燒臘

2013-10-20 | Cedric Sam

Le cristal chinois 燒臘/水天一色

A new shop for siu mei, or siu lap, opened in the past couple of weeks. It’s called Le cristal chinois (水天一色 or literally “water sky one color”, aka the horizon), which is also the same name as the restaurant in the same building (presumably the same management).

This sort of Cantonese-style BBQ (the only sort, really) is popular in Chinatowns across the world, with its BBQ pork (char siu/叉燒), roasted duck (siu aap/燒鴨), white cut chicken (bak chit gaai/白切雞) and, my favourite, roasted pork (siu yok/燒肉, literally roasted meat, as if it were pig equaled default meat).

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The counter at cristal chinois

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Full on pork. Ask for the ribs part, if you can!

Despite raving regularly about Chinese food in Montreal and elsewhere over the years, Comme les Chinois has never written about siu mei. Siu mei is probably something just so default, so easy to pass over: my family has always ordered it for takeout when we were young and I would buy it on my way home when I didn’t have time to cook.

When I moved to Hong Kong four years ago, I would be constantly enthused to find it anywhere I go, including at the university cafeteria (at ridiculously low prices too — CA$3 for a rice and meat lunch). It’s simple, cheap and nourishing. And tasty. What more can you ask?

In Montreal, there aren’t so many takeout places anymore. In Chinatown, you got the one up on St-Laurent on the east side of the street, north of de la Gauchetière, and in the mall with the Kam Fung, across Dobe & Andy. Restaurant Hong Kong used to be the classic place for siu mei, but their counter shrank to the point that I wonder whether they still make their own. There may be some other places on de la Gauchetière on the pedestrian stretch, and I think Le rubis rouge restaurant has a stand attached.

However, the most prized item, the rice and meat (and double kinds/雙拼) lunch box, is a rarity and not frequently offered for takeout.

It’s hearty chunks of meat for $6 a box, with a side of Chinese cabbage, and $7 if you take a double kinds of meat of your choice. Too bad there isn’t enough volume to do suckling pig “on-demand” (as far as I know, in Montreal it’s only available as pre-order for takeout or in restaurants).

You can get the rice and meat combo at Restaurant Hong Kong for about the same price across the street, but it just isn’t the same in terms of your experience (no counter to check them meats out). Probably also at other siu mei places across town if they have warm rice on hand.

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The menu and market prices

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My double kinds of meat: roasted duck and roasted pork

Ai Weiwei’s Forever Bicycles in Toronto

2013-10-16 | Cedric Sam

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It was a bit after I saw a photo posted by Kristen Fung on her Instagram that I decided to make a detour to check out Ai Weiwei’s art installation before hopping on my bus back to Montreal.

The thing was smaller than I imagined it from pictures seen online (really). A nearby stand labelled Forever Bicycles (aka Yong Jiu 永久) as conceptual art. It was re-exposed, grander than the one in Taipei, for the Toronto Nuit Blanche last week. It seems a lot more dramatic too without the dark rubber tires, with only the pure, cold metal in the Toronto version.

You can peek in and even walk under the metal structure composed of several dozens (probably hundreds) of superimposed bicycle frames, or parts of bicycle frames.

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There was something really invigorating to watch the succession and repetition ad nauseam of regular forms (triangles, circles, arcs that make up circles), like you would often see in a data visualisation with lots and lots of data.

The message, if there is one, probably lies instead in the composition of the sculpture: bicycles, symbol of the pre-economic boom China, dismembered and reassembled into what looks like nothing, but that is grandiose to look at. Wat?

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See the entire set on Flickr

Du caca pigeon avec ça ?

2013-10-14 | Cedric Sam

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En général, Toronto est synonyme de bouffe chinoise. Du chinois de Hong Kong, du chinois de Shanghai, du chinois de Chaozhou. Du chinois.

Pour faire changement, je suis allé bouffer ce midi chez Samosa King Embassy Restaurant, qui est également un comptoir à emporter. Scarborough, sur Finch, c’est près d’où mes grandparents maternels vivent, et c’est aussi à la confluence des communautés chinoises et indiennes (ou sud-asiatique).

» C’est du caca pigeon «, dit le paternel. Le caca pigeon, ce n’est pas exactement ce qu’on voit sur la photo avoue mon père, mais c’est comment ils appelaient le mélange de machins frits et d’herbes et de légumineuses séchées, un genre de party mix qu’ils vendaient au magasin de mes grandparents paternels à Madagascar. Mon père aidait ma grand-mère à préparer ce mélange, que je présume était d’origine sud-asiatique.

Mada, c’est aussi un haut lieu de mélange culturel. Une grande île sur la côte sud-est de l’Afrique, elle est au carrefour des cultures africaine, arabe, indienne, chinoise, et française.

Un des plats de prédilection qu’on a adopté dans la famille avait sans doute des saveurs de cette région : un ragoût de boeuf au gai choy (feuilles de moutarde), avec des tomates et une pincée de mini crevettes séchées. Lorsque j’étais enfant, je dormais l’été dans des draps venus de Madagascar aux couleurs indiennes.

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Yung Kee, a Chinese BBQ and cured meat shop in Marham

2013-10-14 | Cedric Sam

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When I come to Toronto with my parents, we will inevitably do a trunkload full of Chinese food that you can’t find in Montreal. It’s less and less the case nowadays, with places like Kim Phat and others like C & T in Ville Saint-Laurent, that opened while this blog was busy living in Hong Kong. There are however still some items that you wouldn’t be able to find at the same level of freshness or quantity of production or year round availability.

One of those things is the Hong Kong-style cured meats. We went to Yung Kee BBQ (Market Village, Unit A10) to grab some of those. The shop sells the regular siu mei, but also had the regular kinds of cured meats that are typical in Hong Kong. In Montreal, as far as I know, you can only purchase them vacuum-sealed in Chinese grocery stores. Not that having them exposed in ambient air is a sign that it is fresher, more “home-made”.

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My mom, browsing the meats

When we were growing up, we typically had Chinese sausage (dried, uncooked, Chinese spirit-flavoured) in the refrigerator drawer alongside dry Italian cheese, western-style cold cuts and Chinese dried fish. The other items that we bought yesterday, namely the cured duck, was a bit more of a rare sight. The preserved pork belly (I think they use a mixture of soy sauce as a base) was even rarer.

How do you prepare them? We did them in the rice cooker, while cooking rice. It seems like the typical way of preparing Chinese cured meats for the eating. You can either put them directly on the rice in the mid-stages of rice cooking, for extra flavouring (and fat all over the place), or just on a plate over the rice. It could probably work on a plate in a steamer too.

The sausages are cured, so could you eat them raw? I’m too used to eating them steamed to try, but some people do argue that they are cooked and edible, thus as good as eating those pepperoni sticks. :S

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Preserved duck pieces

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Preserved pork belly

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Chinese sausage (“lap cheung”)

A new siu mei shop in Chinatown!

2013-10-12 | Cedric Sam

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Was lunching in Chinatown today and stumbled upon a new siu mei shop on St-Laurent at the ground floor of the Swatow. Le Cristal chinois probably opened a few days or weeks ago.

Siu mei (BBQ pork, roasted pork / duck chicken) used to be my default lunch when I lived in HK. I’m always excited when something new opens in Chinatown.

I peeked inside and saw that they had rice boxes with a roast for 6$, only written in Chinese. Will try it out in the couple of weeks.

Prendre sa place

2013-05-27 | Cedric Sam

Hier soir a eu lieu la 3e édition annuelle du Bal de l’orchidée, organisé par l’AJPC (Association des jeunes professionnels chinois) dans l’atrium de la gare Windsor.

Mes amis Parker Mah et Bethany Or, ainsi que le réalisateur du film Être chinois au Québec, Malcolm Guy, étaient sur place pour recevoir le prix «Coup d’éclat» 2013 de la part de l’AJCP. Il y a sans doute plusieurs communautés chinoises, mais je pense qu’en bout de ligne, on a tous vécu des expériences similaires d’être une minorité visible au Québec. Il y a le pouvoir de l’argent, le pouvoir des relations et le pouvoir des mots, et c’est d’une certaine manière coordonnée ou non que ces communautés chinoises au Québec avanceront et prendront leur place au Québec.

J’appuie avec fermeté ce que Parker a dit, vers les 4:12 de la vidéo, au nom des gens impliqués de proche ou de loin dans le film : prenez votre place dans la sphère publique. «Pourquoi n’y a-t-il pas plus de Chinois impliqués au niveau social et engagés au niveau politique ?», demande Parker aux convives, qui comptaient parmi eux le candidat à la mairie Denis Coderre et la Ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Diane de Courcy.

Prix «Coup d'éclat» et discours pour «Être Chinois au Québec» au Bal de l'orchidée 2013

Parker Mah, Bethany Or et Malcolm Guy reçoivent le prix «Coup d’éclat» 2013 de l’AJPC sous les yeux de Winston Chan, un leader de la communauté chinoise au Québec.

C’était particulier de voir autant de faces asiatiques, plusieurs vieux amis d’époques passées, des gens qu’on a peut-être déjà vu à la tévé.

Les invités au bal sont évidemment ceux et celles qui font partie d’une certaine élite professionnelle de Chinois et d’Asiatiques au Québec. Je ne crois pas en les révolutions, mais le film «Être Chinois au Québec» est un moment marquant, où même les critiques négatives dans un média mainstream, sont des opportunités au dialogue. Je pense que c’est par des petits gestes quotidiens qu’on peut arriver à prendre sa place dans cette société. La prochaine fois que vous pourrez vous impliquer, faites-le.

Le film sera à l’affiche jusqu’au 30 mai au Cinéma du Parc. D’ailleurs, après toutes les séances, des leaders francophones de la communauté chinoise tels que Pascal Robidas, Cathy Wong, May Chiu, Xi Sophie Zhang et Rosalind Wong seront au Cinéma du Parc pour répondre aux questions après le film.

Journeys

2013-03-23 | Cedric Sam

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When I traveled home for a visit during the Christmas holiday of 2010-11, I took a free afternoon to visit the Canadian Centre for Architecture‘s temporary exhibit at the time, Journeys: How travelling fruit, ideas and buildings rearrange our environment. Journeys was about the idea of travelling ideas and the people and things that circulate around the world to create the hybridized spaces we live in.

The curators organized the exhibition around examples of places that demonstrated how natural things (cucumbers, coconuts) and ideas (Old South residences in Liberia, Italian granite expertise in Vermont) traveled to enrich their environments. For instance, Japanese settlers in the post-war era of the 1950s went to Bolivia to experiment with agriculture, opening sections of jungle, starting with rice, but eventually going with other crops.

Hong Kong, the place I call home for the past three years, is the epitome of migrating cultures, ideas and fruits. Established as a British colony, the now Special Administrative Region has always been a place of transit for people and knowledge (and money), where things never quite stay the same (see 2046 and Culture and the Politics of Disappearance).

Hong Kong is one of those places where the land was established fairly recently (it ain’t Rome), and at the same time sees different cultures, ideas attach themselves, merge, mix and remix. People often stay in Hong Kong on transit, leave and come back.

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What’s a “cucumber”? The European Economic Community has a definition for that.

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Some Newfoundlanders move their homes to follow the source of their livelihood: fish.

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Freed slaves “colonized” Liberia, reestablishing the power structures they experienced in America.

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The bungalow: symbol of colonial power and occupation.

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Skilled labour from Piedmont and Lombardy transformed the granite industry in New England during the late 19th century.

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Building the Saint Lawrence Seaway in the 1950s was an opportunity for planning the new town of Iroquois.

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The Bijlmermeer was a modernist city built in the 1960s, only fully settled in the 1970s by Surinamese immigrants.

My family has been out of China since my grandparents. Probably because my parents were born in different places, we didn’t fully embrace the proxy culture (Madagascar and Vietnam) as much as some of my cousin’s families did, and took Hong Kong as a default ancestral home. And like a lot of Hongkongers (which we’re not even), our actual ancestral home is somewhere else. Right now, I would say that after three years, Montreal and everything that goes with it is my home. There’s nonetheless something familiar about Hong Kong, in such ways that I wouldn’t feel as comfortable living in Beijing or Taipei, say.

« Être chinois au Québec », ou être entre plusieurs mondes

2013-02-15 | Cedric Sam

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C’est avec beaucoup de bruit que sera lancé Être chinois au Québec demain soir. J’ai hâte que ça sorte (même si je n’y serai pas physiquement), parce que ça marque une étape très importante pour la communauté chinois (ou les communautés, au pluriel) dans la sphère publique au Québec.

Je crois que William Dere, celui qui a lutté pour la génération des « Chinois du chemin de fer » sera le plus heureux du lancement de ce film co-réalisé avec Malcolm Guy, collaborateur de longue date et réalisateur et producteur de films à connotation sociale au Québec. Il y a beaucoup de gens qui ont travaillé sur ce film, ou qui apparaissent devant la caméra, qui ont des opinions passionnées sur le fait chinois au Québec.

J’apparais une fois dans le film, lors de la table ronde, et je dis essentiellement ce que je répète sur ce blogue depuis plus de cinq ans : si vous voulez intégrer les sino-québécois, il faut embaucher des sino-québécois dans nos institutions et il faut leur donner de la visibilité dans les médias et la sphère publique. À la télé et dans la culture populaire, on ne veut pas des rôles stéréotypes conçus pour la majorité, style la petite fille chinoise adoptée ou le tenancier de dépanneur. On veut des rôles personnes normales et entières.

Comme je suis dans le domaine des médias (comme journaliste de données / créateur d’applications interactives), je peux vous dire immédiatement que ça ne parait pas que Montréal est une ville multiculturelle si je restais entre quatre murs de mon lieu de travail. Parce que j’ai travaillé à Radio-Canada et à La Presse, et les salles de nouvelles sont blanches, canadiennes-françaises (c’est déjà un peu mieux derrière la caméra ou le panneau d’admin des sites Web). Les collègues sont gentils (et que j’adore réciproquement), accueillants et ne vous traitent pas différemment, mais c’est juste aberrant quand tu portes attention aux bylines ou que lis le générique du TJ. Ceux avec qui j’ai travaillé qui me connaissent en ont probablement déjà discuté avec moi de ça.

Je partage les références culturelles québécoises (je pourrais rire des jokes d’un Bye Bye), et je ne pense pas être le seul qui soit qualifié, par ma connaissance implicite de la culture locale, pour pouvoir travailler dans un média francophone sans avoir à bénéficier de politique de discrimination positive. Pourquoi ne faites-vous pas un effort pour mettre des gens de couleur devant la caméra, le micro ou le clavier à des postes de pointe ? Avez-vous regardé ou écouté CBC dernièrement ?

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Celà dit, je vis à Hong Kong depuis trois ans et demie, et la réalité québécoise, je la vis maintenant à distance, à travers ce que je lis sur LaPresse.ca ou ce que j’écoute sur Bandeapart.fm. Je continue de suivre les choses, mais ma vie de tous les jours c’est Hong Kong, dans la rue et au travail.

C’est une expérience bizarre que d’être dans la majorité visible. Je ne parle pas assez cantonnais pour fonctionner comme un adulte, mais je suis de la « bonne couleur ». On ne me regarde pas croche, comme on regarde croche les Mainlanders ou les gens plus foncés… Ça te met dans la peau de ceux, dans ton pays d’origine (le Québec, dans cet usage), qui sont la majorité. T’as des attitudes différentes, pour ne pas dire ethnocentriques, et tu perçois l’autre différemment. Les questions que j’avais sur mon identité culturelle (comme « C’est où chez toi ? ») ont maintenant plusieurs notes de bas de page supplémentaires (sans qu’il n’y ait réponse).

L’autre bizzareté, que j’avais vécu à plus petite échelle lors de voyages en Chine, c’est la valorisation que je mets sur mon identité purement québécoise, dans le sens « canadienne-française » du terme. Avec une autre Sino-montréalaise rencontrée récemment, on s’identifiait « Canadiens-français », avec un LOL à la fin de la phrase. Mais en fait, je regarde tout ce que je consomme comme culture, et y’a vraiment quelque chose de « canadien-français » : le dernier film vu au cinéma fût le Dolan crû 2012, et pis mon band favori ces jours-ci c’est Avec pas d’casque. C’est vrai qu’il y a quelque chose comme de la fierté nationale et identitaire lorsque je porte mon chandail bleu-blanc-rouge au milieu d’un bar rempli de fan des Canucks.

C’est vrai que des amis m’ont déjà traité de nationaliste pur et dur (je paraphrase) lorsque je me pointe la bine sur Facebook avec un drapeau du Québec bien déplié. C’est peut-être un peu beaucoup. Comme la fois que mon prof d’histoire de secondaire souverainiste ne croyait à ce que je disais lors d’un débat sur les élections référendaires. Je crois que je peux comprendre le fait francophone en Amérique du Nord et que je peux l’expliquer à des Canadiens-anglais d’origine chinoise qui parsèment Hong Kong comme la neige sur une pelouse québécoise en février. Ça me touche, et je ne peux pas l’ignorer même si je suis à l’autre bout du monde.

Cédric avec son petit drapeau fleurdelisé

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Celà dit, même mes parents ne sont pas nés en Chine. C’est mes grands-parents qui le sont. Et eux aussi, ils apprécient leur pays de transition, soit le Madagascar (pour le côté à mon père) et le Viet-Nam (pour le côté à ma mère). Mais le point commun de leur rencontre, c’est la Chine, ou bedon le Québec, ou encore Hong Kong (selon ce qu’ils regardent ces jours-ci, je dirais Hong Kong, mais selon le genre de pain que ma mère achète, je te dirais le Québec et la bonne chère à la française).

Ça ne finira pas et je pourrais en parler longtemps. J’en parle à des amis de partout ici à Hong Kong, et parfois ils comprennent, et parfois non. Tu peux pas non plus le coller sur la chemise tout le temps, parce que ça hurle nationalisme, et Hong Kong a assez de problèmes identitaires comme ça.

Ce problème identitaire à Hong Kong se réglera par inter-mariage. En 2005, une publication du bureau du recensement et de la statistique de Hong Kong indiquait que 16 800 futures mariées de Chine continentale traversaient la frontière pour marier un homme Hongkongais. C’est sans compter ceux qui immigrent déjà par d’autres voies que le mariage et qui finissent par se marier localement (Hong Kong a connu des vagues plus ou moins grandes d’immigration continentale lors de son histoire). Mon père le disait, pis mon petit doigt aussi, que les liens du sang font et défont l’identité.

Je n’ai pas de réponse, mais Être Chinois au Québec, c’est ce que t’en fais finalement. La sagesse commune dit que c’est une richesse. Pour moi, c’est comme de la salade au buffet.

Lancement du documentaire « Être chinois au Québec » le 15 février 2013

2013-01-29 | Cedric Sam

Être chinois au Québec

« Être chinois au Québec », ce road movie mettant en vedette mes amis Parker Mah et Bethany Or sortira finalement au tournant du nouvel an chinois ! Après une longue et parfois difficile gestation, le documentaire sera projeté vendredi le 15 février au Centre communautaire et culturel chinois du Quartier chinois de Montréal. Le film les envoie aux quatre coins du Québec afin de découvrir ce qu’est l’identité chinoise sur cette terre francophone.

Les Chinois ont une présence marquée au Québec depuis le temps du chemin de fer à la fin du siècle. Les vagues d’immigration toutes aussi particulières les unes des autres seront évoquées dans le documentaire.

Voici ce que le co-réalisateur Malcolm Guy a envoyé hier par voie de courriel.

Chers amis et amies,

Le film auquel vous avez si aimablement participé, « Être chinois au Québec » réalisé par Malcolm Guy et William Ging Wee Dere et produit par Productions Multi-Monde est enfin prêt à être présenté au public!

Le lancement du film aura lieu le vendredi 15 février 2013, de 19h à 22h, au Centre communautaire et culturel chinois de Montréal. Les portes ouvriront à 19h et la présentation du film (version bilingue) débutera à 19h30.

La projection sera suivie d’une séance de questions-réponses avec les réalisateurs et les participants au film.

La présentation du film se fera au coût de 5$, contribution volontaire à la porte suggérée, ce qui nous aidera à défrayer les frais de la salle. Des amuses-gueules et des rafraîchissements seront servis avant et après la projection du film et une exposition de photos réalisées par Parker Mah sera présentée durant la soirée.

Plus d’infos sur le blogue officiel du film: http://etrechinoisauquebec.net/

Voici la bande-annonce qui date déjà d’un peu plus d’un an:

Malcolm Guy et William Dere sont des collaborateurs de longue date, ayant ensemble travaillé ensemble dans les années 90 sur les films Gens du pays: Chinese in Quebec et La montagne d’or, avant de renouer pour realiser Être chinois au Québec.

Ce film, par son niveau de production, marque une étape importante pour la communauté chinoise au Québec. J’ai très hâte de voir comment il sera reçu par le grand public.

Également faisant partie de l’équipe du film, la Hongkongaise d’origine, Wai-yin Kwok, collabore présentement avec l’équipe de Radio-Canada.ca Rive-Sud pour produire une expérience Web qui sera diffusé d’ici le nouvel an chinois dans deux semaines.

Fête des neiges : retour des yeux bridés !

2013-01-16 | Cedric Sam

Fête des neiges

Ah bin ! C’est le retour des yeux bridés dans le matériel publicitaire de la Fête des neiges 2013 (de surcroît, le 30e anniversaire), affiché à la grandeur de Montréal.

Au cas où vous ne le sauriez pas, les yeux bridés (sans compter les deux dents en avant), c’est une représentation raciste des Asiatiques en 2013, comme ça l’était en 2009 (au moins, ils ont lâché le teint maladif). Tant qu’à faire, mettez-y dont un chapeau pointu en-dessous de sa tuque au ti-gars !

Dites-donc, y’a pas un Asiatique qui travaille dans votre organisation pour vous le dire ? Et les gens responsables de vos pubs, le savent-ils même ?

Étonnantes photos du Chinatown de Montréal en 1966

2012-08-21 | Cedric Sam

Vie quotidienne dans le quartier chinois de Montréal, 1966
Photo : Archives de la Ville de Montréal

Jean-Mathieu Nichols, qui travaille aux Archives de la Ville de Montréal, m’a fait parvenir cette impressionnante collection de photos du Chinatown des années 60. On y reconnaît les enseignes des vieilles associations du Quartier chinois, qu’on peut encore apercevoir aujourd’hui sur de la Gauchetière en levant les yeux un peu, ou encore des coins de rue disparus, remplacés aujourd’hui par d’horribles commerces.

Les junkies de photos historiques se réjouiront que mon père ait lui-même passé avec sa caméra presque 20 ans après ces photos, en 1984.

Après presque trois années d’absence (et de retours sporadiques à Montréal), et maintenant que je travaille juste à côté, je dois dire que l’impression du changement dramatique opère. Il y a le Swatow, mais surtout une trâlée de nouveaux restaurants et de commerces. Ça sera intéressant d’essayer tout ça dans les prochaines semaines pour lesquelles je serai là.

Élections!

2012-08-01 | Cedric Sam

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Comme au Québec, il y aura bientôt une élection législative à Hong Kong. Plusieurs semaines après que le nouveau chef exécutif Leung Chun-ying eût entré en fonctions, les citoyens iront enfin aux urnes pour élire le nouveau “LegCo”, le 3 septembre prochain.

Re-visiting Ge’an, my ancestral village

2012-01-15 | Cedric Sam

My French cousin Olivier was in Hong Kong, so we decided to go up together to our ancestral village of Ge’an (葛岸村/Got’ngon in Cantonese), up in the Pearl River Delta, just kilometers south of Guangzhou (Canton). Ge’an is now completely gobbled up by the city of Foshan (佛山市/Fotsan), a satellite of the provincial capital. It is in Lecong Town (樂從鎮) of Shunde District (順德區/Shundak) in Foshan City.

I visited our village for the first time in 2005, and more recently talked about it on this blog back in 2008. The town changed a lot in 6 years, and so did I. I didn’t live in South China and my Cantonese was not up to today’s level. I couldn’t properly communicate with Uncle Chi Tong (my dad’s cousin). For instance, I only fully understood this time around that this uncle, who was slightly younger than my dad was actually born here. He immigrated to Madagascar before turning 2, and grew up in Hong Kong afterwards.

My grandpa was apparently the more adventurous one, of the two brothers who lived under this house. Uncle Chi Tong’s father stayed in China until the mid-1950s, before joining his brother in Tananarive (now Antananarivo), Madagascar, to operate in the grocery store business.

Our family later left Madagascar entirely. The younger brother (my paternal grandfather) joined my dad in Canada. The older brother went to Hong Kong. Unwittingly, my mom’s family also comes from the agglomeration of Foshan, but after passing through Vietnam…

My cousin initiated the trip, because he had never travelled to China before, let alone visit his ancestral village. My impressions was that the house will one day crumble, but that it was very well preserved despite not having anyone live there for about half a century (maybe squatters?). The home even had some wiring for electricity, so it may have been less than half a century.

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So, we went inside the house, and unlike last time, even ventured on the top floor. We must say that the house is in pretty bad shape, and that the walls are cracking all over the place. Non-renovated wood floors in subtropical climate equals accelerated decay. There were pots stored, chairs and other simple furniture like stools and some chairs and drawers. I thought we should’ve taken something, because we wouldn’t have a chance to go back soon. But we didn’t, perhaps too busy taking photos.

The house could’ve been anymore, since there were no indication that it was ours, except that we knew the address. But we picked up some pieces of paper from my uncle’s parents’ drawers clearly identifying our family. There were letters to Tananarive that were never sent (the address on the envelope was in French! Which is probably pretty neat for South Chinese peasants of the time), my grand-aunt’s talc powder and some of my uncle’s official papers (he was surprised to find them too) with passport-size photos of his family members.

Also, we found dog shit all over the place, and there were some small paper cups left near a bottle of moonshine. There were also construction materials left near the house’s entrance, perhaps by workers who thought the house abandoned (as it was so).

Surely now with the improved state of public transportation in the region, we could find our way back there pretty easily. A metro line was just built between Guangzhou and Foshan, and the travel time between Central in Hong Kong to Foshan a tiny two hours, if you don’t count the time at the border and waiting between trains. Yep.