« Être chinois au Québec », ou être entre plusieurs mondes

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C’est avec beaucoup de bruit que sera lancé Être chinois au Québec demain soir. J’ai hâte que ça sorte (même si je n’y serai pas physiquement), parce que ça marque une étape très importante pour la communauté chinois (ou les communautés, au pluriel) dans la sphère publique au Québec.

Je crois que William Dere, celui qui a lutté pour la génération des « Chinois du chemin de fer » sera le plus heureux du lancement de ce film co-réalisé avec Malcolm Guy, collaborateur de longue date et réalisateur et producteur de films à connotation sociale au Québec. Il y a beaucoup de gens qui ont travaillé sur ce film, ou qui apparaissent devant la caméra, qui ont des opinions passionnées sur le fait chinois au Québec.

J’apparais une fois dans le film, lors de la table ronde, et je dis essentiellement ce que je répète sur ce blogue depuis plus de cinq ans : si vous voulez intégrer les sino-québécois, il faut embaucher des sino-québécois dans nos institutions et il faut leur donner de la visibilité dans les médias et la sphère publique. À la télé et dans la culture populaire, on ne veut pas des rôles stéréotypes conçus pour la majorité, style la petite fille chinoise adoptée ou le tenancier de dépanneur. On veut des rôles personnes normales et entières.

Comme je suis dans le domaine des médias (comme journaliste de données / créateur d’applications interactives), je peux vous dire immédiatement que ça ne parait pas que Montréal est une ville multiculturelle si je restais entre quatre murs de mon lieu de travail. Parce que j’ai travaillé à Radio-Canada et à La Presse, et les salles de nouvelles sont blanches, canadiennes-françaises (c’est déjà un peu mieux derrière la caméra ou le panneau d’admin des sites Web). Les collègues sont gentils (et que j’adore réciproquement), accueillants et ne vous traitent pas différemment, mais c’est juste aberrant quand tu portes attention aux bylines ou que lis le générique du TJ. Ceux avec qui j’ai travaillé qui me connaissent en ont probablement déjà discuté avec moi de ça.

Je partage les références culturelles québécoises (je pourrais rire des jokes d’un Bye Bye), et je ne pense pas être le seul qui soit qualifié, par ma connaissance implicite de la culture locale, pour pouvoir travailler dans un média francophone sans avoir à bénéficier de politique de discrimination positive. Pourquoi ne faites-vous pas un effort pour mettre des gens de couleur devant la caméra, le micro ou le clavier à des postes de pointe ? Avez-vous regardé ou écouté CBC dernièrement ?

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Celà dit, je vis à Hong Kong depuis trois ans et demie, et la réalité québécoise, je la vis maintenant à distance, à travers ce que je lis sur LaPresse.ca ou ce que j’écoute sur Bandeapart.fm. Je continue de suivre les choses, mais ma vie de tous les jours c’est Hong Kong, dans la rue et au travail.

C’est une expérience bizarre que d’être dans la majorité visible. Je ne parle pas assez cantonnais pour fonctionner comme un adulte, mais je suis de la « bonne couleur ». On ne me regarde pas croche, comme on regarde croche les Mainlanders ou les gens plus foncés… Ça te met dans la peau de ceux, dans ton pays d’origine (le Québec, dans cet usage), qui sont la majorité. T’as des attitudes différentes, pour ne pas dire ethnocentriques, et tu perçois l’autre différemment. Les questions que j’avais sur mon identité culturelle (comme « C’est où chez toi ? ») ont maintenant plusieurs notes de bas de page supplémentaires (sans qu’il n’y ait réponse).

L’autre bizzareté, que j’avais vécu à plus petite échelle lors de voyages en Chine, c’est la valorisation que je mets sur mon identité purement québécoise, dans le sens « canadienne-française » du terme. Avec une autre Sino-montréalaise rencontrée récemment, on s’identifiait « Canadiens-français », avec un LOL à la fin de la phrase. Mais en fait, je regarde tout ce que je consomme comme culture, et y’a vraiment quelque chose de « canadien-français » : le dernier film vu au cinéma fût le Dolan crû 2012, et pis mon band favori ces jours-ci c’est Avec pas d’casque. C’est vrai qu’il y a quelque chose comme de la fierté nationale et identitaire lorsque je porte mon chandail bleu-blanc-rouge au milieu d’un bar rempli de fan des Canucks.

C’est vrai que des amis m’ont déjà traité de nationaliste pur et dur (je paraphrase) lorsque je me pointe la bine sur Facebook avec un drapeau du Québec bien déplié. C’est peut-être un peu beaucoup. Comme la fois que mon prof d’histoire de secondaire souverainiste ne croyait à ce que je disais lors d’un débat sur les élections référendaires. Je crois que je peux comprendre le fait francophone en Amérique du Nord et que je peux l’expliquer à des Canadiens-anglais d’origine chinoise qui parsèment Hong Kong comme la neige sur une pelouse québécoise en février. Ça me touche, et je ne peux pas l’ignorer même si je suis à l’autre bout du monde.

Cédric avec son petit drapeau fleurdelisé

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Celà dit, même mes parents ne sont pas nés en Chine. C’est mes grands-parents qui le sont. Et eux aussi, ils apprécient leur pays de transition, soit le Madagascar (pour le côté à mon père) et le Viet-Nam (pour le côté à ma mère). Mais le point commun de leur rencontre, c’est la Chine, ou bedon le Québec, ou encore Hong Kong (selon ce qu’ils regardent ces jours-ci, je dirais Hong Kong, mais selon le genre de pain que ma mère achète, je te dirais le Québec et la bonne chère à la française).

Ça ne finira pas et je pourrais en parler longtemps. J’en parle à des amis de partout ici à Hong Kong, et parfois ils comprennent, et parfois non. Tu peux pas non plus le coller sur la chemise tout le temps, parce que ça hurle nationalisme, et Hong Kong a assez de problèmes identitaires comme ça.

Ce problème identitaire à Hong Kong se réglera par inter-mariage. En 2005, une publication du bureau du recensement et de la statistique de Hong Kong indiquait que 16 800 futures mariées de Chine continentale traversaient la frontière pour marier un homme Hongkongais. C’est sans compter ceux qui immigrent déjà par d’autres voies que le mariage et qui finissent par se marier localement (Hong Kong a connu des vagues plus ou moins grandes d’immigration continentale lors de son histoire). Mon père le disait, pis mon petit doigt aussi, que les liens du sang font et défont l’identité.

Je n’ai pas de réponse, mais Être Chinois au Québec, c’est ce que t’en fais finalement. La sagesse commune dit que c’est une richesse. Pour moi, c’est comme de la salade au buffet.

Lancement du documentaire « Être chinois au Québec » le 15 février 2013

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Être chinois au Québec

« Être chinois au Québec », ce road movie mettant en vedette mes amis Parker Mah et Bethany Or sortira finalement au tournant du nouvel an chinois ! Après une longue et parfois difficile gestation, le documentaire sera projeté vendredi le 15 février au Centre communautaire et culturel chinois du Quartier chinois de Montréal. Le film les envoie aux quatre coins du Québec afin de découvrir ce qu’est l’identité chinoise sur cette terre francophone.

Les Chinois ont une présence marquée au Québec depuis le temps du chemin de fer à la fin du siècle. Les vagues d’immigration toutes aussi particulières les unes des autres seront évoquées dans le documentaire.

Voici ce que le co-réalisateur Malcolm Guy a envoyé hier par voie de courriel.

Chers amis et amies,

Le film auquel vous avez si aimablement participé, « Être chinois au Québec » réalisé par Malcolm Guy et William Ging Wee Dere et produit par Productions Multi-Monde est enfin prêt à être présenté au public!

Le lancement du film aura lieu le vendredi 15 février 2013, de 19h à 22h, au Centre communautaire et culturel chinois de Montréal. Les portes ouvriront à 19h et la présentation du film (version bilingue) débutera à 19h30.

La projection sera suivie d’une séance de questions-réponses avec les réalisateurs et les participants au film.

La présentation du film se fera au coût de 5$, contribution volontaire à la porte suggérée, ce qui nous aidera à défrayer les frais de la salle. Des amuses-gueules et des rafraîchissements seront servis avant et après la projection du film et une exposition de photos réalisées par Parker Mah sera présentée durant la soirée.

Plus d’infos sur le blogue officiel du film: http://etrechinoisauquebec.net/

Voici la bande-annonce qui date déjà d’un peu plus d’un an:

Malcolm Guy et William Dere sont des collaborateurs de longue date, ayant ensemble travaillé ensemble dans les années 90 sur les films Gens du pays: Chinese in Quebec et La montagne d’or, avant de renouer pour realiser Être chinois au Québec.

Ce film, par son niveau de production, marque une étape importante pour la communauté chinoise au Québec. J’ai très hâte de voir comment il sera reçu par le grand public.

Également faisant partie de l’équipe du film, la Hongkongaise d’origine, Wai-yin Kwok, collabore présentement avec l’équipe de Radio-Canada.ca Rive-Sud pour produire une expérience Web qui sera diffusé d’ici le nouvel an chinois dans deux semaines.

Fête des neiges : retour des yeux bridés !

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Fête des neiges

Ah bin ! C’est le retour des yeux bridés dans le matériel publicitaire de la Fête des neiges 2013 (de surcroît, le 30e anniversaire), affiché à la grandeur de Montréal.

Au cas où vous ne le sauriez pas, les yeux bridés (sans compter les deux dents en avant), c’est une représentation raciste des Asiatiques en 2013, comme ça l’était en 2009 (au moins, ils ont lâché le teint maladif). Tant qu’à faire, mettez-y dont un chapeau pointu en-dessous de sa tuque au ti-gars !

Dites-donc, y’a pas un Asiatique qui travaille dans votre organisation pour vous le dire ? Et les gens responsables de vos pubs, le savent-ils même ?

Étonnantes photos du Chinatown de Montréal en 1966

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Vie quotidienne dans le quartier chinois de Montréal, 1966
Photo : Archives de la Ville de Montréal

Jean-Mathieu Nichols, qui travaille aux Archives de la Ville de Montréal, m’a fait parvenir cette impressionnante collection de photos du Chinatown des années 60. On y reconnaît les enseignes des vieilles associations du Quartier chinois, qu’on peut encore apercevoir aujourd’hui sur de la Gauchetière en levant les yeux un peu, ou encore des coins de rue disparus, remplacés aujourd’hui par d’horribles commerces.

Les junkies de photos historiques se réjouiront que mon père ait lui-même passé avec sa caméra presque 20 ans après ces photos, en 1984.

Après presque trois années d’absence (et de retours sporadiques à Montréal), et maintenant que je travaille juste à côté, je dois dire que l’impression du changement dramatique opère. Il y a le Swatow, mais surtout une trâlée de nouveaux restaurants et de commerces. Ça sera intéressant d’essayer tout ça dans les prochaines semaines pour lesquelles je serai là.

Re-visiting Ge’an, my ancestral village

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My French cousin Olivier was in Hong Kong, so we decided to go up together to our ancestral village of Ge’an (葛岸村/Got’ngon in Cantonese), up in the Pearl River Delta, just kilometers south of Guangzhou (Canton). Ge’an is now completely gobbled up by the city of Foshan (佛山市/Fotsan), a satellite of the provincial capital. It is in Lecong Town (樂從鎮) of Shunde District (順德區/Shundak) in Foshan City.

I visited our village for the first time in 2005, and more recently talked about it on this blog back in 2008. The town changed a lot in 6 years, and so did I. I didn’t live in South China and my Cantonese was not up to today’s level. I couldn’t properly communicate with Uncle Chi Tong (my dad’s cousin). For instance, I only fully understood this time around that this uncle, who was slightly younger than my dad was actually born here. He immigrated to Madagascar before turning 2, and grew up in Hong Kong afterwards.

My grandpa was apparently the more adventurous one, of the two brothers who lived under this house. Uncle Chi Tong’s father stayed in China until the mid-1950s, before joining his brother in Tananarive (now Antananarivo), Madagascar, to operate in the grocery store business.

Our family later left Madagascar entirely. The younger brother (my paternal grandfather) joined my dad in Canada. The older brother went to Hong Kong. Unwittingly, my mom’s family also comes from the agglomeration of Foshan, but after passing through Vietnam…

My cousin initiated the trip, because he had never travelled to China before, let alone visit his ancestral village. My impressions was that the house will one day crumble, but that it was very well preserved despite not having anyone live there for about half a century (maybe squatters?). The home even had some wiring for electricity, so it may have been less than half a century.

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So, we went inside the house, and unlike last time, even ventured on the top floor. We must say that the house is in pretty bad shape, and that the walls are cracking all over the place. Non-renovated wood floors in subtropical climate equals accelerated decay. There were pots stored, chairs and other simple furniture like stools and some chairs and drawers. I thought we should’ve taken something, because we wouldn’t have a chance to go back soon. But we didn’t, perhaps too busy taking photos.

The house could’ve been anymore, since there were no indication that it was ours, except that we knew the address. But we picked up some pieces of paper from my uncle’s parents’ drawers clearly identifying our family. There were letters to Tananarive that were never sent (the address on the envelope was in French! Which is probably pretty neat for South Chinese peasants of the time), my grand-aunt’s talc powder and some of my uncle’s official papers (he was surprised to find them too) with passport-size photos of his family members.

Also, we found dog shit all over the place, and there were some small paper cups left near a bottle of moonshine. There were also construction materials left near the house’s entrance, perhaps by workers who thought the house abandoned (as it was so).

Surely now with the improved state of public transportation in the region, we could find our way back there pretty easily. A metro line was just built between Guangzhou and Foshan, and the travel time between Central in Hong Kong to Foshan a tiny two hours, if you don’t count the time at the border and waiting between trains. Yep.

67e édition du tournoi de volleyball invitation chinois d’Amérique du Nord à Montréal

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Mon frère participera avec son équipe à un grand tournoi de volleyball qui réunira à Montréal plus de 1500 joueurs d’origine chinoise de partout en Amérique du Nord, lors de la fin de semaine de la fête du travail.

L’histoire de cet événement est très intéressante. Le tournoi avait d’abord été fondé par des travailleurs d’origine chinoise de Boston et de Providence en 1935. Des équipes de partout aux États-Unis et au Canada ont joint la compétition au fil des années. En 1986, Montréal a accueilli son premier tournoi, marquant le début d’une rotation entre six villes.

Le fait qui frappe le plus? Pour être admise au tournoi, deux-tiers des joueurs d’une équipe doivent être “100% chinois”.

J’étais déjà assez fasciné lorsque mon frère m’a dit que le tournoi avait réquisitionné le Palais des congrès de Montréal. Ce n’est pas quelque chose qui m’attire d’emblée (étant tellement un grand sportif), mais je ressens une certaine fierté de savoir que Montréal a une communauté chinoise jeune (que je ne connais pas vraiment), et qui a les reins assez solides pour organiser un événement d’une telle ampleur.

Être Chinois au Québec

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Avec @bethany_or @thought_cast @malguy @multimonde pour un doc sur les Chinois du Québec #chinoisqc)

Some of my old friends in Montreal have been working on a documentary about Chinese people in Quebec. They interviewed people ranging from new immigrants to people with up to four generations in Quebec/Canada. (Read their blog Être Chinois au Québec)

Depuis plusieurs semaines, quelques-uns de mes vieux amis à Montréal s’affairaient sur un projet de film documentaire sur les Chinois au Québec. (Voir leur blogue Être Chinois au Québec)

Dans le temps, Parker et Bethany (premier et troisième à partir de la droite sur la photo) et moi faisions partie d’une sorte de club social chinois, qui se réunissait parfois pour des soirées mah jong (plus Settlers of Catan, et des quantités variables d’alcool et de bouffe) ou des aventures culinaires dans le second Chinatown de Montréal.

Je suis vraiment content de les avoir retrouvés sur ce projet (une amie de l’époque a aussi fait la recherche). L’idée de faire un tel film vient de William Dere et Malcolm Guy, connus pour avoir travaillé ensemble sur La Montagne d’Or (Moving the Mountain) il y a presque vingt ans, un docu qui parlait entre autres de la taxe d’entrée qui toucha les immigrants d’origine chinoise au Canada jusqu’en 1947.


Le film précédent de William Dere et Malcolm Guy, La Montagne d’Or

Samedi, l’équipe de William et Malcolm nous a filmés et interviewé ensemble, notre ancien “club social chinois”, avec quelques additions. Nous étions au Mon Nan, un restaurant chinois, style cantonais (dont la spécialité est un canard de pékin, trois cuissons). Dimanche, ça a été un peu plus intime, lorsque l’équipe et moi sommes rencontrés à Côte-des-Neiges, un quartier où j’ai grandi — non pas comme résident, mais comme étudiant du Cégep.

Tout au long des entrevues, j’ai mis de l’avant cette idée que la télévision et le cinéma québécois francophone n’était pas représentatif de la minorité chinoise et/ou asiatique. C’est une constatation que j’ai eu pour plusieurs années déjà, et c’est qu’en général, les visages asiatiques à la télé faisaient abstraction des gens comme moi, nés et grandis au Québec, quelque peu fier du (précieux) bagage accumulé au fil des années. Je constate par exemple que les seuls asiatiques des grandes séries télévisées récentes au Québec sont largement des petites Chinoises adoptées par des familles québécoises (Annie et ses hommes, Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Les Bougon, 30 vies) ou des gangsters (Casino). Bon, je n’ai pas tout ratissé, mais je suis quand même persuadé que pas tous les Asiatiques ou Chinois au Québec sont adoptés, quand même!

L’autre, c’était dans les médias d’information. En particulier, dans ceux que je regarde (ou regardais, lorsque je vivais à Montréal), manquent énormément d’Asiatiques à des postes névralgiques. Pendant que les Anglais ont des Asiats comme anchor (Andrew Chang à CBC Montréal) ou comme journaliste couvrant les Canadiens (John Lu à TSN), je ne peux imaginer du tout la même chose se produire dans le Canada français. (La presse écrite n’y échappe pas, si on fait le tour dans les grands quotidiens montréalais, par exemple.)

Je pensais aussi qu’en général, je n’ai pas vécu de racisme, étant donné que je parlais français aussi bien que tout le monde, et que je prends les choses généralement relax. Je pense que le vrai problème est plus dans l’inclusion de nos minorités dans la sphère publique, ce qui veut dire en politique, dans les médias, et dans nos institutions publiques. Bon, c’est dit. Et j’espère qu’on en verra un peu de ça bien découpé dans le film.

L’importance du scandale Guo Meimei + Croix-Rouge chinoise

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Au départ, l’histoire de Guo Meimei (郭美美) peut paraître anodine. Une belle fille, d’à peine vingt ans, prend des photos d’elle bien accôtée sur de belles voitures. Elle parle sans retenue de son style de vie flamboyant.

La shit a pogné la fan lorsqu’elle a weiboyé il y a déjà plus de deux semaines qu’elle est une des dirigeantes de la portion commerciale de la Croix-Rouge de Chine (qui n’a rien à voir avec la Croix-Rouge internationale, contrairement à celles de la plupart des pays). Quoi? Qu’est-ce qu’une jeune femme qui devrait encore être à l’université fait-elle à se vanter d’être en haut dans la hiérarchie d’une des plus grandes sociétés charitables de la République populaire de Chine? Était-ce la maîtresse d’un (vrai) dirigeant de la Croix-Rouge?

Elle a depuis effacé tous les messages compromettants de son compte Weibo et nié tout lien avec l’organisme. Pourtant, la tempête médiatique continue de faire rage et sa vie d’adolescente passée la vingtaine reste bien étalée au vu et sû de ses 460 000 suiveux.

Cette histoire est importante parce qu’elle constitue l’exemple parfait de la crise de crédibilité que vivent les organisations en Chine, qu’elles soient commerciales ou caritatives. Si les gens de plus en plus riches en Chine veulent donner de l’argent pour une bonne cause, à qui le donneront-ils, si même la Croix-Rouge peut être corrompue? Celle-ci gère des sommes astronomiques, elle qui a donné 2,8 milliards $US en 2011 à la province du Sichuan.

Les gens ordinaires, la classe moyenne, veulent connaître la vérité. Peut-être qu’à l’étranger, on s’inquiète pour les droits de l’homme ceci, et la démocratie cela. Mais ce qui est encore plus important à mes yeux, c’est la confiance. La confiance qu’on a pour ses institutions, la confiance qu’on a pour ses voisins. Dans la vie ordinaire des gens, de pouvoir truster que ce qu’on achète au supermarché est vraiment ce qui est indiqué sur la boîte, c’est ce qui importe vraiment. Faut commencer au niveau micro.

Alors ils se branchent sur leur Weibo via leur téléphone mobile et consultent les médias en ligne pour savoir s’ils ont été crossés par la Croix-Rouge (qui devrait peut-être apprendre de son synonyme international). Le portail QQ a même consacré une page spéciale pour la jolie demoiselle.

(Voici un bon récapitulatif de toute l’histoire, via ChinaSmack.)

Comment est-ce que j’écoute la série Canadiens-Bruins à Hong Kong ?

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Je me lève à 7h du mat, j’allume NHL Gamecenter Live sur mon téléphone, et je regarde le Twitter en même temps.

Comme NHL.com n’offre que des feeds américains, j’y vais all-in avec l’offre de NESN. 🙂 C’est beau de les entendre rager.

Je me fais des toasts et me prends un thé.

The Chinese Canadian vote, poll by poll

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Aside from being the proud owner of CommeLesChinois.ca, I am also a computer/media/data specialist. Recently, I launched an updated version of my election maps with Cyberpresse. The map was designed using results by polling division from previous elections, the smallest available division for electoral results. Each of these polls has about 200-500 people living in them, and you can basically know what your block (if you live in the city) tends to vote for.

The consequence is voyeurism for political junkies. And I also like to go play with the maps, and decided to assemble a bunch of interesting ridings with relatively a strong proportion of Canadians of Chinese origin living in them. For that, I used Pundits’ Guide‘s fantastic tool for finding census data divided by riding.

I found that the Richmond riding, south of Vancouver was in fact the most “Chinese” (based on the 2006 census), with 50.2% of the population declared to be Chinese. The 2008 map is not in fact interesting, but juxtaposed with the 2006, shows the dramatic shift from Liberals (rep. by former cabinet minister Raymond Chan) to the Conservatives (Alice Wong). 2006 was when the Liberals lost power to Stephen Harper’s Conservatives.

Richmond 2006
Richmond in 2006…

Richmond 2008
…and in 2008

Some ridings were won or lost by a hair. In the Vancouver area, the closest race happened in Vancouver South, the third most Chinese riding of the country (43.7%), where the MP is a Liberal, former health minister Ujjal Dosanjh. He won the last election by 20 votes.

The map by polls succeeds in showing that the vote was in fact hugely clustered among neighbourhoods. I don’t know the geography of Vancouver very well, but I’m almost certain that the strong groupings of red and blue (deeper the color, larger the margin of victory in a polling division) represent opposed socio-economical groups.

Vancouver South
Vancouver South in 2008

Brossard--La Prairie
Brossard–La Prairie in 2008

The Montreal region’s most Chinese riding comes at a lowly 32nd position, with Westmount–Ville-Marie, a largely downtown riding. Brossard–La Prairie on the South Shore is in fact what people in Montreal recognize as the “Asian suburb”. With 7.5% Chinese, it is still a far cry from Toronto or Vancouver’s suburbs.

The contrast in the map is striking, but expected. The northern portion of the riding is Brossard, where a large Asian population lives and where the Liberal vote is concentrated. La Prairie to the south tends to be typical “450”, middle-class French Canadian, seems to be voting Bloc. The race for this suburban riding was won by as little as 69 votes.

Oak Ridges--Markham
Oak Ridges–Markham in 2008

Markham--Unionville
Markham–Unionville in 2008

In some other cases, the municipalities are split over different ridings. Markham, with one of the largest Chinese populations in the Toronto area, is comprised within the ridings of Oak Ridges–Markham (Conservative) and Markham–Unionville (Liberal).

(Fellow Montrealer living in Hong Kong Christopher DeWolf also wrote a post on his website Urbanphoto.net about the use of this map for street by street vote analysis.)

More on Cyberpresse…

Emoi: Lifestyle design made in China

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If you are familiar with Muji, you will understand what aesthetics Emoi is referring to. I was travelling to Shenzhen this weekend and stayed a night at the city’s YHA Youth Hostel located in an art and culture district called OCT-LOFT (if you know 798, it’s kinda Shenzhen’s equivalent of it).

In short, I was walking down one of alleys during the evening and saw this brightly lit shop with large windows and very minimalistic counters reminiscent of a Apple and Ikea. It was called emoi, which translates in French as “ruckus”. As many of my friends know, I’ve been looking for a new bag for months, and it seems like emoi had the answer to my quest. I liked the style and I liked the design. I particularly stuck on the wool felt bags, because I never saw bags made with such a material and that were not necessarily a women’s bags/handbag.

It was the first time I encountered this brand, but at least two of my (designer) classmates had bought products from emoi. One of them had a wool felt wallet, which ages very nicely, like a fleece sweater would. I guess that even if not unique, one of the nice thing to see is that it is a domestic store, from mainland China. We will perhaps see more and more of these original stores made in China, and before long, Chinese companies will help drive design and innovation internationally.

Kam Kuen Food 金卷: Lamma condiment shop opened by Montrealers

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Kam Kuen Food (November 2009)

I always thought I was the only Lamma resident of Chinese origin from Montreal. Well, that’s no longer the case.

You might think that in an overcrowded city of seven million people like Hong Kong, you would not know your neighbours. This is not true on Lamma Island, a sparsely populated locality of about 6,000 people, where it was in fact my cross-balcony neighbour who tipped me on other Montrealers living on Lamma.

I wanted to make a fresh dish of tofu tonight, and needed to buy a good chili oil. I remembered about the Chinese condiments shop on the main street that my neighbour was telling me about, stopped there on my way home, found the chili oil I wanted, and started chatting with the two owners, who confirmed their Montreal origin. In fact, they were as surprised as I was originally, saying how small the world is.

The lady said she grew up in Montreal, and finished her university there. I was told they were even of one of Lamma’s old families. Montreal has a tiny Chinese community compared with Toronto (or even Calgary, a much smaller city) and it’s always remarkable to find other Montrealers settling back here in Hong Kong. Some like actress Christy Chung (鍾麗緹) and Cantopop singer Denise Ho (何韻詩) even achieved household-name level of success here.

I’ll have to chat longer with these newly found Lamma-Montrealers next time. This island is definitely a place where you can’t possibly be anonymous in your immediate physical environment.

They are called Kam Kuen (金卷), Golden Roll in English, and are situated on the main street, next door to Green Cottage cafe, and diagonally across from Emily’s ice cream parlour. The small pot of chili oil with garlic was HK$20 (CA$2.54), and they said that they had a new variety of chili oil that also contains dried shrimp (蝦米) and smelled just like it — grandma would probably like it. Now that I know that the owners have a Montreal connection, I can probably feel good about buying tourist stuff from Lamma to bring back to my folks back home (it’s all made by hand in their shop)… G/F 32A, Yung Shue Wan Main Street, Lamma Island. Phone: +852 29820812

…now, how exactly can you use chili oil? With wonton noodles is a good idea, and stir-frys too. But tonight, it was, like I said, for cold tofu:

Bloc de tofu

Sauce pimentée faite sur l'île de Lamma... par des Hongkongais d'origine montréalaise !

Tofu chinois frais et huile pimentée